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Carrefour : Carrefour limoge son dg france et reporte l'ipo de property

Carrefour limoge son dg france et reporte l'ipo de propertyCarrefour limoge son dg france et reporte l'ipo de property

par Pascale Denis

PARIS (Reuters) - Carrefour annoncé jeudi à la surprise générale le départ du directeur exécutif de sa filiale française, nourrissant de nouvelles inquiétudes sur son management et son redressement, et a renoncé au projet très controversé de cotation de sa filiale immobilière.

James McCann, nommé il y a à peine plus d'un an à la tête de Carrefour France, principal contributeur au chiffre d'affaires et aux résultats du groupe, a quitté le groupe pour performances jugées insuffisantes par rapport aux objectifs fixés, a expliqué le distributeur.

Il sera remplacé par Lars Olofsson, le directeur général de Carrefour, jusqu'à la nomination d'un successeur.

Ce départ, qui intervient quelques semaines après celui du directeur pour l'Europe Vicente Trius témoigne, selon les observateurs, du réel malaise qui règne au sein de la direction d'un groupe qui n'est toujours pas parvenu à digérer sa fusion avec Promodès, il y a dix ans, et qui doit répondre aux exigences financières de ses deux principaux actionnaires, Colony Capital et Groupe Arnault.

James McCann comme Vicente Trius avaient pourtant été recrutés par Lars Olofsson pour apporter du sang neuf et accompagner un vaste plan de redressement mis en route en 2009.

Selon certaines sources, James McCann aurait claqué la porte pour divergences sur la stratégie, notamment sur le projet de scission de Property et de Dia, la filiale de hard discount de Carrefour, tout comme Jean-Martin Folz a claqué celle du conseil d'administration début mars.

PAS DE TEMPS

"Ceux qui veulent travailler sur le fond voient qu'on ne veut pas leur laisser le temps. Ils sont sous la pression de leurs grands actionnaires", note un analyste sous couvert d'anonymat.

"On ne change pas de patron en plein déploiement de "Planet" (le nouveau concept d'hypermarchés). Le problème de culture et l'ampleur du chantier ont dû jouer", commente l'un autre.

Pour Michel Enguelz, délégué Force Ouvrière de Carrefour, James McCann a préféré "jeter l'éponge (...) C'était un homme de l'exploitation. C'est dommage pour le groupe", a-t-il dit à Reuters.

Face au déclin de ses hypermarchés en Europe et aux pertes régulières de ses parts de marché en France, le distributeur s'est engagé dans une vaste restructuration et dans le lancement d'un nouveau concept d'hypermarchés, dont la réussite est jugée cruciale.

Carrefour a également annoncé jeudi qu'il remettait à plus tard son projet de mise en Bourse de 25% de Carrefour Property et maintenait celui de scission de Dia.

Ces deux annonces, sanctionnées en Bourse, "mettent une fois de plus le doute sur la crédibilité du management et de la stratégie", souligne Espirito Santo Investment Bank.

Le titre reculait de 2,21% à 30,910 euros à la Bourse de Paris vers 15h40, dans un marché en repli de 1,1%. Depuis l'annonce de son projet de scission, début mars, il décroche de 13% alors que l'indice sectoriel limite son repli à 0,7%.

Perçus comme des opérations financières privant Carrefour des moyens nécessaires à l'amélioration de sa performance opérationnelle, ces projets avaient été très mal accueillis par les investisseurs.

Après deux profits warnings en 2010, la direction du numéro deux mondial de la distribution derrière l'américain Wal Mart était sous la pression grandissante de ses principaux actionnaires, le fonds Colony et le groupe Arnault, holding familiale de Bernard Arnault, P-DG de LVMH (qui détiennent plus de 20% des droits de vote), pour externaliser de la valeur.

MOINS DE DIVIDENDES EXCEPTIONNELS

Actionnaires de Carrefour depuis mars 2007, Colony et Groupe Arnault ont acquis leur participation pour un prix moyen évalué à environ 47 euros par action, un niveau encore très supérieur au cours actuel du titre, et auquel s'ajoute le coût de la dette contractée pour financer leur participation.

Les deux mises en Bourse devaient rapporter aux actionnaires plus de 4,0 milliards d'euros de dividendes exceptionnels.

Mais face à une contestation de plus de plus vive, Carrefour a préféré renoncer, pour le moment du moins.

La cotation de 25% de Carrefour Property concentrait les critiques et risquait d'être rejetée par les actionnaires lors de l'assemblée générale du groupe prévue le 21 juin et son report constitue un important revers pour Blue Capital.

"Carrefour a eu peur de voir sa résolution sur Property rejetée par l'assemblée générale. Il y avait vraiment un risque élevé", a commenté un analyste pour qui le projet de cotation de Property reste une "erreur stratégique".

Nombre d'analystes estiment en effet que Carrefour ne peut pas se permettre de coter les murs de ses hypermarchés et de perdre ainsi le contrôle de ses loyers, "une situation qu'aucun autre distributeur ne connaît".

Menée par le fonds activiste Knight Vinke, la contestation a progressivement gagné du terrain. Les actionnaires salariés, le cabinet de conseil Deminor ainsi qu'un actionnaire familial, Hervé Defforey, ont officiellement pris position contre le projet.

Dans une lettre adressée au conseil de Carrefour ce jeudi, Knight Vinke se félicite de cette décision et affirme que la "plupart" des grands actionnaires qu'il a rencontrés, représentant plus de 20% du capital, étaient opposés à la cotation de Carrefour Property.

Avec la contribution de Dominique Vidalon, édité par Jean-Michel Bélot

Copyright © 2011 Thomson Reuters


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