(BFM Bourse) - La start-up américaine a annoncé une nouvelle fonctionnalité permettant aux cabinets d'avocats d'automatiser des tâches. Ce qui a malmené l'ensemble des titres sensibles au risque de disruption par l'IA, ce mardi.
À elle seule, la start-up américaine Anthropic a provoqué de violentes corrections sur les marchés ce mardi 3 décembre.
En cause, l'annonce d'un nouvel outil d'automatisation d'IA qui a ravivé le spectre d'une disruption des modèles d'activité de nombreux groupes.
"On est dans une journée où les angoisses sur l'IA repartent", explique un intermédiaire financier qui explique que l'annonce d'Anthropic a provoqué "des effets d'annonces".
Ces fonctionnalités visent "les cabinets d'avocats, les départements légaux en les aidant à automatiser leurs processus. Du coup, RELX et Wolters Kluwer (deux groupes spécialisés dans l'édition et les technologies pour les publications, notamment juridiques), ont plongé de plus de 12% et plus de 14% respectivement. Ce même si les outils ne vont pas sur le même segment que le leur", développe-t-il.
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Les "victimes de l'IA au tapis"
L'analyste estime que l'action Publicis a souffert par "effet de contagion" avec ces sociétés. Le groupe qui évolue sur un secteur proche de celui de RELX et Wolters Kluwer (la publicité) a plongé de 9,2%.
Sur son site web dédié aux plugins, Anthropic a inclus un outil juridique qui, selon lui, peut automatiser des tâches telles que la révision de contrats et les briefings juridiques, explique pour sa part Bloomberg. "'Tous les résultats doivent être vérifiés par des avocats agréés', selon l'agence qui mentionne le site web en question.
Nombre d'autres groupes spécialisés dans l'analyse de données ont plongé ce mardi, comme LSE Group (-12,8%) ou Thomson Reuters (-20,5%).
Au-delà des groupes plus ou moins directement concernés par l'outil d'Anthropic, la tech et notamment les entreprises de services numériques (ESN) ont été malmenées.
"Tous les groupes considérés comme des 'victimes de l'IA souffrent, cela inclut Capgemini mais aussi Telepeformance", remarque un analyste.
Teleperformance, souvent plombé par l'IA ces dernières années, a perdu 5,8%. Du côté des ESN, Sopra Steria a abandonné 8,1% et Capgemini 9,2%, accusant la deuxième plus forte baisse du CAC 40 derrière Publicis.
Dans une note publiée le mois dernier, Morgan Stanley écrivait qu'il "existe un scénario crédible de 'disruption' dans le secteur des services informatiques, lié à la pression sur les prix et à la désintermédiation de certains domaines de services".
"Nous pensons que cela continuera à peser sur la trajectoire du chiffre d'affaires, l'augmentation des marges et, en fin de compte, les multiples de valorisation", ajoutait Morgan Stanley.
"Cette année sera déterminante pour savoir si les entreprises seront les gagnantes ou les victimes de l'IA, et la compétence clé sera d'éviter les perdants", explique à Bloomberg Stephen Yiu, directeur informatique du Blue Whale Growth Fund. "Tant que la situation ne se sera pas stabilisée, il sera dangereux de se retrouver dans le chemin de l'IA", prévient-il.
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