Connexion
Mot de passe oublié Pas encore de compte ?

CAPGEMINI

CAP - FR0000125338 SRD PEA PEA-PME
134.150 € -1.65 % Temps réel Euronext Paris

Capgemini : Un contrat de Capgemini avec la très décriée police américaine de l'immigration (ICE) provoque l'émoi, l'action recule de plus de 2%

Aujourd'hui à 15:15
Capgemini baisse en Bourse

(BFM Bourse) - L'entreprise de services numériques tangue en Bourse ce mardi 27 janvier alors que plusieurs médias ont repris des informations rapportant que la société avait noué un contrat en décembre dernier avec ICE. L'entreprise a, via son directeur général, reconnu que ce contrat avait "soulevé des interrogations" en son sein.

Comme cela arrive régulièrement aux groupes du CAC 40 (Totalenergies en sait quelque chose), Capgemini a mauvaise presse ces derniers jours.

Après les annonces de suppression de postes en France allant jusqu'à 2.400 départs, la semaine dernière, l'entreprise de services numériques a fait l'objet de plusieurs reportages et articles négatifs lundi et mardi pour un autre sujet.

Plusieurs médias (dont France Télévisions) ont repris les informations de L'Observatoire des multinationales, un média en ligne sur les grandes entreprises.

Ce dernier rapporte que Capgemini, via sa filiale Capgemini Government Solutions (CGS), est "un partenaire" historique de la très controversée police fédérale de l'immigration américaine ("ICE" pour "Immigrations and Customs Enforcement").

Le média en ligne ajoute que le pensionnaire du CAC 40 s'est vu attribuer un nouveau contrat de 4,8 millions de dollars pour "'des services de recherche ("skip tracing") à l'échelle nationale'" pour les opérations de l'ICE, c'est-à-dire la localisation de personnes précises.

>> Accédez à nos analyses graphiques exclusives, et entrez dans la confidence du Portefeuille Trading

Une police accusée de violences

L'Observatoire des multinationales explique que la société indiquait jusqu'à récemment (la page a été supprimée sur son site web) qu'elle travaillait avec l'ICE "pour aider à minimiser le temps requis et le coût de la déportation de tous les étrangers illégaux déportables hors des États-Unis".

Le contrat proposerait par ailleurs des versements additionnels en fonction du nombre de personnes correctement identifiées par l'ICE, selon le média.

Fondée en 2003 sous George Bush Jr, l'ICE est au cœur des très nombreuses controverses depuis le retour à la Maison Blanche de Donald Trump, qui a mis en place une politique anti-immigration très agressive.

Et allongé le budget de cette police. Selon le réseau de radios publiques américaines NPR, la loi budgétaire du président américain (le "one big beautiful bill") a fait passer le budget d'ICE d'un peu moins de 10 millions de dollars en 2024 à 85 milliards de dollars en 2025.

Les médias américains ont souvent rapporté que ces services avaient commis des actes de violence, déportant des immigrés légaux aux États-Unis voire des personnes ayant la citoyenneté américaine.

La controverse a encore enflé en ce mois de janvier à Minneapolis, après que deux personnes ont été tuées dans la ville américaine par des agents de l'ICE. Si l'agence évoque la légitime défense, des vidéos montrent que ces personnes étaient désarmées.

Le contrat est passé sous examen

Pour revenir à Capgemini, la société a répondu aux articles de presse via son directeur général, Aiman Ezzat, qui s'est exprimé sur Linkedin.

"CGS collabore avec de nombreuses entités du gouvernement fédéral américain, notamment la Defense Health Agency, le Department of Veterans Affairs et le Department of Homeland Security (DHS), avec lequel il entretient une relation de longue date depuis plus de 15 ans", a-t-il rappelé.

"Nous avons récemment pris connaissance, par des sources publiques, de la nature d’un contrat attribué à CGS par l’agence Immigration and Customs Enforcement (ICE) du DHS en décembre 2025. La nature et la portée de ce travail ont soulevé des interrogations au regard de ce que nous faisons habituellement en tant qu’entreprise de services technologiques", a reconnu le dirigeant.

"Dans le plein respect de la gouvernance spécifique de CGS et des restrictions qui lui sont applicables, j’ai été informé que le conseil d’administration indépendant de CGS a d’ores et déjà engagé un processus d’examen du contenu et de la portée de ce contrat, ainsi que des procédures de contractualisation de CGS", a ajouté Aiman Ezzat.

Le directeur général explique également que CGS est une société soumise aux États-Unis à un encadrement des influences étrangères, ce qui, par conséquent, l'amène à travailler sur des missions classifiées pour le gouvernement américain et lui impose une séparation de ses opérations par rapport à Capgemini.

"Cela implique de nombreuses restrictions, comme le fait que le conseil d’administration de CGS est contrôlé par des administrateurs indépendants américains habilités, que la société prend les décisions de manière autonome, dispose de réseaux étanches, et que le groupe Capgemini est dans l’impossibilité d’accéder à toute information classifiée, à des contrats classifiés ou à tout élément lié aux opérations techniques de CGS, conformément aux réglementations américaines", explique Aiman Ezzat.

De son côté la Confédération Générale du Travail (CGT) Capgemini a appelé à "la fin immédiate et sans réserve de la collaboration de Capgemini avec l'ICE", selon tract relayé sur X par la secrétaire générale nationale de la CGT, Sophie Binet.

Risque réputationnel?

À la Bourse de Paris, l'action Capgemini tangue, perdant 2,5% vers 15h, après avoir abandonné jusqu'à 3,3% en début de séance.

Plusieurs analystes hésitent à lier la baisse du titre à ces informations. "Il est possible que l'action réagisse négativement à cela car ce type de nouvelles peut poser un risque de réputation à la société. Mais, pour Capgemini, un contrat de 4,8 millions de dollars, cela reste l'épaisseur de trait et on peut penser que nombre de très grandes entreprises travaillent avec l'ICE de manière directe ou indirecte. Peut-être aussi que le marché fait preuve de prudence avant les résultats annuels et après que Morgan Stanley a appelé à la prudence sur l'action", juge un analyste.

Mi-janvier, Morgan Stanley a effectivement abaissé son conseil à "sous-pondération" (équivalent de vendre) sur Capgemini, invoquant les risques posés par l'intelligence artificielle (IA) sur son modèle économique. L'établissement redoutait que l'IA conduise la croissance de l'entreprise à plafonner autour de 2,5% à 3% à moyen terme.

"Si on reste rationnel il peut y avoir un risque réputationnel (c'est arrivé par le passé à d'autres sociétés comme Worldline) et un risque sur le business. Si Capgemini décide de renforcer ses exigences éthiques, de se montrer plus sélectif, cela peut avoir des conséquences sur l'activité", estime un autre analyste.

"Cela peut faire partie du marché. Maintenant ces informations pourraient très bien rester à l'état d'épiphénomène si Capgemini publie une croissance solide au quatrième trimestre et des perspectives convaincantes. Dans le cas contraire, cela risque d'alimenter la thèse des 'bears' (les investisseurs qui misent sur une baisse de l'action", poursuit-il.

Capgemini publiera ses résultats annuels le 13 février prochain, avant l'ouverture de la Bourse.

Julien Marion - ©2026 BFM Bourse
Vous suivez cette action ?

Recevez toutes les infos sur CAPGEMINI en temps réel :

Par « push » sur votre mobile grâce à l’application BFM Bourse


Par email

Forum suspendu temporairement
Portefeuille Trading
+338.40 % vs +64.00 % pour le CAC 40
Performance depuis le 28 mai 2008

Newsletter bfm bourse

Recevez gratuitement chaque matin la valeur du jour