(BFM Bourse) - L'écart de taux entre le titre de dette français à 10 ans et celui de l'Allemagne s'écarte nettement ce lundi 19 octobre, signe d'une défiance accrue du marché sur les finances publiques tricolores.
Le week-end du 17 et 18 octobre n'a évidemment pas montré la France sous son meilleur jour au marché.
Les manifestations de samedi ont été émaillées de nombreuses violences dans tout l'Hexagone, et les débordements se sont poursuivis le lendemain. Les scènes de destruction et de pillage ont fait le tour des télévisions du monde entier.
Selon le président du réseau des Chambres de commerce et d'industrie (CCI), Alain di Crescenzo , au moins 2.000 commerces ont été touchés. Alexandre Bompard, PDG de Carrefour et président de la Fédération du commerce et de l'habillement a évalué en "centaines de millions d'euros" l'impact économique de l'ensemble des dégâts.
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800"Une couche supplémentaire de risque politique"
Dans une allocution télévisée dimanche soir, le président de la République, Emmanuel Macron a promis aux commerçants qu'ils ne seront "pas laissés seuls face à ces difficultés", sans préciser quelles aides pourraient être apportées.
Du côté des marchés financiers, les dents grincent, et l'ensemble des actifs liés à la France se retrouvent sous pression. Le CAC 40 chute ainsi de 1,3% vers 10h, sous-performant la plupart des autres indices européens.
La tension est encore plus palpable sur la dette et les taux tricolores. Le rendement de l'obligation française à 10 ans, maître-étalon du marché, se tend de 0,08 point de pourcentage, à 4,90%, alors que ceux des autres pays européens sont stables ou en très légère hausse.
Le taux allemand à 10 ans abandonne même 0,01 point de pourcentage. Si bien que l'écart ( le fameux "spread") entre les deux titres de même échéance français et allemand, le thermomètre du stress des investisseurs sur les finances publiques françaises, se tend de 0,07 point de pourcentage à 1,45 point de pourcentage.
Depuis cet été, la France s'est retrouvée dans l'œil du cyclone, les investisseurs s'inquiétant à la fois de la dégradation de la trajectoire du déficit public, des incertitudes entourant le projet de loi de finances pour 2027 et des élections de l'an prochain (la présidentielle et les législatives).
"Avec la France déjà confrontée à un contexte fiscal difficile et l'élection de 2027 qui approche, le week-end ajoute une couche supplémentaire de risque politique pour les marchés", commente Deutsche Bank.
"Les troubles en France et, plus largement, les tensions politiques en Europe continuent de soutenir les valeurs refuges traditionnelles (comme l'or, NDLR) ", abonde Stephen Innes de SpiAM .
Ce alors que "la détérioration bugdétaire et l'incertitude autour de l'élection présidentielle de 2027 avaient auparavant fait grimper l'écart entre l'OAT (le titre de dette français de référence), NDLR) à 10 ans et le Bund (le titre allemand de référence) à environ 150 points de base", rappelle UBS.
