par John Crawley et Kyle Peterson
WASHINGTON/CHICAGO (Reuters) - Boeing a annoncé mercredi l'arrêt des essais en vol de son long-courrier 787 "Dreamliner" dont la première livraison a déjà été reportée de plusieurs années, au lendemain de l'atterrissage d'urgence d'un appareil au Texas en raison de la présence de fumée dans la cabine.
"Nous avons décidé de ne pas faire voler les autres appareils le temps de mieux comprendre l'incident. On ne sait pas encore si cela durera toute la journée, moins longtemps ou plus longtemps. Dans l'intervalle, les équipes se concentreront sur les objectifs au sol", a déclaré Loretta Gunter, porte-parole de l'avionneur américain.
Vers 18h00 GMT, le titre Boeing cédait 3,28% à 66,98 dollars alors que le Dow Jones reculait de 0,29%, les investisseurs redoutant un nouveau retard du programme 787, déjà décalé de près de trois ans par rapport au calendrier initial.
Le 787 était en phase d'approche de l'aéroport de Laredo lorsque l'incident s'est produit. Il a pu atterrir sans dommages, a précisé l'Autorité américaine de l'aviation civile (FAA).
Les 42 occupants ont pu être évacués sains et saufs de l'appareil - hormis un membre de l'équipage légèrement blessé - par les toboggans d'urgence de l'avion.
Boeing a dit qu'il lui faudrait du temps pour comprendre la cause de la fumée dans la cabine du 787, conçu avec des matériaux composites et censé être plus économe en carburant que la génération actuelle d'avions commerciaux.
L'avionneur n'a pas dit si l'incident survenu mardi repousserait à plus tard la première livraison de l'avion, actuellement programmée pour le premier trimestre 2011 à All Nippon Airways, premier client de l'appareil.
847 COMMANDES
Les autorités américaines - la Federal Aviation Administration (FAA) ainsi que le National Transportation Safety Board (NTSB) - ont dit suivre l'enquête de près.
Loretta Gunter a souligné que le 787 en question avait à son bord une quantité importante de matériel technique habituellement utilisé dans les essais en vol.
Elle a ajouté que les données relatives à l'incident seraient passées en revues sur le site de Boeing à Seattle.
La fumée dans la cabine peut avoir plusieurs origines : le câblage, l'éclairage ou un système électronique.
Le nom de code de 787 qui a dû faire un atterrissage d'urgence est ZA002. Il est l'un des six 787 à faire des essais en vol.
Boeing a souligné qu'il n'avait aucune raison de croire que le moteur Rolls-Royce qui équipe cet avion soit impliqué dans l'incident.
La fiabilité des équipements du motoriste britannique est source de préoccupation depuis les problèmes des moteurs Trent 900 d'un Airbus A380 de la compagnie Qantas, qui avaient contraint la semaine dernière la compagnie australienne à faire un atterrissage d'urgence.
Le carnet de Boeing compte déjà 847 commandes de 787, un chiffre sans précédent pour un appareil en cours de développement.
Grégory Blachier et Benoît Van Overstraeten pour le service français, édité par Danielle Rouquié
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