CHICAGO (Reuters) - Boeing annonce une baisse de son bénéfice au premier trimestre qu'il impute au fait que les compagnies aériennes ont différé des commandes.
Il a réduit ses prévisions pour 2009, mais elles restent supérieures au consensus, sans pour autant accroître le rythme de réduction de sa production.
Le deuxième constructeur mondial d'avions a fait état d'un bénéfice trimestriel de 610 millions de dollars, soit 86 cents par action, contre 1,21 milliard de dollars, 1,62 dollar par action un an auparavant.
Son chiffre d'affaires a augmenté de 3% à 16,5 milliards de dollars au premier trimestre et il prévoit pour 2009 un CA de 68 à 69 milliards de dollars.
Hors exceptionnels, le BPA ressort à 87 cents alors que les analystes interrogés par Reuters tablaient sur 91 cents.
Le constructeur aéronautique fait état d'un carnet de commandes de 339 milliards de dollars, une baisse de 4% par rapport à l'année dernière.
La révision à la baisse des prévisions de 2009 reflète les changements intervenus dans le marché de l'aviation civile, explique Boeing. Il table désormais sur un BPA 2009 compris entre 4,70 et cinq dollars à comparer au consensus de Wall Street qui donnait 4,61 dollars.
"Ce qui me surprend, c'est qu'ils n'ont pas annoncé une nouvelle réduction de leur production. Je pense qu'ils en avaient pourtant l'opportunité", estime Alex Hamilton de Jesup & Lamont.
Boeing avait lancé un avertissement sur ses résultats début avril, indiquant que ses trimestriels ressentiraient les effets de la baisse des prix dans l'aéronautique.
Les tarifs des avions sont fixés un an environ avant la livraison et sont déterminés en fonction d'un certain nombre de baromètres économiques. Or, ces indicateurs sont lourdement affectés par la conjoncture économique actuelle et touchent par ricochet les prix des appareils.
En outre, depuis 2009, Boeing a enregistré davantage d'annulations que de commandes nouvelles. Boeing a livré 121 avions au premier trimestre contre 115 un an auparavant.
Boeing avait dit le 13 avril que la production du 777 passerait de sept à cinq exemplaires par mois. Certains analystes anticipaient également une réduction du rythme de production de 737.
"La propagation de la crise à l'ensemble de la planète représente un défi inédit pour le marché de l'aviation civile", a commenté le directeur général de Boeing Jim McNerney.
Le bénéfice a également souffert d'une baisse des dépenses en recherche et développement et dans la défense, précise Boeing. "Les performances d'une écrasante majorité de nos programmes restent solides", a-t-il cependant indiqué.
Sur ce dernier point, Boeing compte toujours, par exemple, organiser au deuxième trimestre le premier vol du 787 Dreamliner, un appareil dont le lancement a été repoussé à plusieurs reprises.
Vers 14h30 GMT, Boeing prenait 2,8% à 37,68 dollars, surperformant le Dow Jones qui gagnait 0,64%.
Kyle Peterson, version française Wilfrid Exbrayat et Nicolas Delame
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