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Axa : La vente de TIGF, filiale de Total, entre dans sa phase finale

La vente de TIGF, filiale de Total, entre dans sa phase finaleLa vente de TIGF, filiale de Total, entre dans sa phase finale

par Benjamin Mallet et Matthieu Protard

PARIS (Reuters) - La vente de TIGF, la filiale de transport et de stockage de gaz de Total active dans le sud-ouest de la France, entre dans sa phase finale avec le dépôt des offres fermes des candidats au rachat de la société, prévu ce lundi.

Selon des sources proches du dossier, le groupe pétrolier pourrait ensuite entrer rapidement en négociations exclusives avec l'un des deux consortiums encore en lice, pour éventuellement annoncer un accord d'ici au 13 février, date de publication de ses résultats 2012.

Après le retrait de la candidature de l'espagnol Enagas, un consortium composé notamment du belge Fluxys et de la CDC est en concurrence avec celui qui réunit l'italien Snam, EDF et le fonds singapourien GIC .

Voici un aperçu des enjeux financiers de l'opération et des atouts des candidats à la reprise de TIGF, sujet que Total n'a pas souhaité commenter.

UNE VALORISATION SOUS PRESSION

Selon des sources proches du processus de vente, TIGF est aujourd'hui valorisée dans le bas d'une fourchette de 2 à 3 milliards d'euros évoquée au début du processus, principalement en raison d'un recul de la consommation de gaz en Europe qui entraîne des surcapacités de stockage et a donc un impact sur les perspectives des deux sites que la société exploite.

Ce contexte de marché a contraint Storengy, filiale de GDF Suez, à baisser ses prix jusqu'à 30% en France.

"La valorisation initiale avait été faite avec beaucoup d'estimations. Autant la partie transport (...) est facile à valoriser. Autant sur le stockage, peu de chiffres étaient disponibles et les derniers chiffres annoncés dans le secteur ont plutôt eu tendance à faire baisser la valeur", indique une source proche du dossier.

D'autres soulignent que la Commission de régulation de l'énergie (CRE) a baissé de 7,25% à 6,5% le taux de rendement des actifs de transport de TIGF de 2013 à 2016.

"TIGF est un actif extrêmement bien positionné sur le marché du stockage par rapport à ses concurrents", relativise une autre source proche des négociations. "C'est un actif qui a une position de prix meilleure que la concurrence."

"UN ENJEU D'IMAGE TRÈS IMPORTANT"

Les syndicats exigent notamment le maintien du siège de TIGF à Pau (Pyrénées-Atlantique) et des engagements vis-à-vis des quelque 500 employés de l'entreprise.

"Total sera très sensible à ces éléments, ils veulent un bon prix mais aussi réussir cette transaction d'un point de vue politique (...), il y a un enjeu d'image très important", estime un proche du processus.

"Ce qui comptera, c'est que le repreneur vienne présenter au comité d'entreprise son projet industriel et social et son 'business plan'", a déclaré mi-janvier à Reuters Patrick Mathieu, porte-parole de l'intersyndicale de TIGF.

Un consortium réunit le belge Fluxys, la Caisse des dépôts (CDC), le fonds d'investissement Adia d'Abou Dhabi, Axa, Crédit agricole Assurances, CNP Assurances et le fonds de pension néerlandais PGGM.

Les partenaires devraient détenir des participations quasiment équivalentes à l'exception du groupe belge, qui aurait une part légèrement supérieure sans être toutefois majoritaire.

La présence de la CDC et de "l'assurance-vie des Français", selon l'expression d'une source, garantit en outre un ancrage français.

Le consortium peut aussi mettre en avant les ambitions nouvelles de Fluxys, qui a conclu fin 2012 un accord pour racheter leurs parts dans Medgaz, propriétaire et gestionnaire de la canalisation sous-marine transportant du gaz entre l'Algérie et l'Espagne.

Ses membres auraient en outre la capacité de financer le rachat de TIGF uniquement en numéraire, sans recours à la dette pour ne pas risquer de dégrader la note de crédit de la société, notée A3 avec perspective stable par l'agence Moody's, alors que TIGF vise 400 à 500 millions d'euros d'investissements d'ici à 2016.

Mais la taille du consortium constitue peut-être aussi sa principale faiblesse, les intérêts des différentes actionnaires étant de fait plus difficiles à concilier que dans un cadre plus restreint.

SNAM, GIC ET LA "FRENCH TOUCH" EDF

Selon plusieurs sources, Snam détiendrait 45% du consortium, le fonds GIC 35% et EDF 20%.

La structure resserrée du groupement faciliterait les prises de décisions entre des acteurs a priori complémentaires : un industriel spécialisé dans le gaz, un fonds d'investissement présent à long terme dans des infrastructures, et un énergéticien français détenu à 84% par l'Etat.

Snam peut également faire valoir son expertise industrielle, le groupe italien exploitant huit sites de stockage, contre seulement un pour son concurrent Fluxys.

Une source au fait des projets du consortium indique également que TIGF serait intégré dans le développement européen de Snam mais resterait "une entreprise indépendante". "Il n'y a aucune velléité de Snam de mettre la main sur TIGF et de remplacer le management", assure cette source.

Comme le consortium emmené par Fluxys, Snam et ses partenaires souhaiteraient maintenir en l'état le périmètre de TIGF, écartant ainsi l'hypothèse d'une scission entre l'activité transport et le stockage. En matière de financement du rachat, ils n'envisageraient en outre qu'un "recours limité à la dette".

La principale faiblesse du consortium réside peut-être toutefois dans le fait qu'EDF investirait via son fonds dédié au démantèlement des centrales nucléaires et risque ainsi d'être perçu comme un partenaire purement financier.

Edité par Jean-Michel Bélot

Copyright © 2013 Thomson Reuters


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