(Zonebourse.com) - Les administrateurs nommés par les autorités italiennes pour superviser l'aciérie de Tarente, dans le sud du pays, ont déposé une plainte contre ArcelorMittal, ancien propriétaire du site, réclamant 7 milliards d'euros de dommages et intérêts, révèle le Financial Times.
Dans un document transmis ce mois-ci au tribunal de Milan, Acciaierie d'Italia accuse le sidérurgiste d'avoir 'délibérément déséquilibré' les finances de l'entreprise, en transférant systématiquement ses ressources vers la maison mère. La plainte, signée par l'avocat Andrea Zoppini, s'appuie sur un audit judiciaire réalisé après la reprise du site par l'Etat italien, il y a près de deux ans.
ArcelorMittal avait déjà lancé un arbitrage
Cette procédure pourrait devenir l'une des plus importantes jamais jugées en matière d'indemnisation en Italie. Les parties n'ont pas souhaité réagir, à ce stade, à l'information du FT. L'affaire s'inscrit dans un conflit plus large : en juillet, ArcelorMittal a lancé un arbitrage international contre l'Italie à Washington, contestant la reprise de l'usine au nom du Traité sur la charte de l'énergie.
Un actif sensible
L'aciérie de Tarente, anciennement Ilva, reste un enjeu stratégique majeur pour Rome. Le gouvernement Meloni cherche à assurer sa survie, après avoir injecté des milliards d'euros dans l'entreprise pour préserver ses 10 000 emplois.
Deux fonds américains, Bedrock Industries et Flacks Group, ont récemment déposé des offres de reprise. Mais la Première ministre a prévenu : aucun engagement ne sera pris sans garanties sur un véritable plan industriel, la protection de l'emploi et la sécurité environnementale. Pour relancer le site, l'Etat estime qu'au moins 5 milliards d'euros d'investissements seront nécessaires, rappelle le journal des affaires britannique.
La saga d'Ilva dure depuis des années : pollué, sous-investi, très sensible politiquement, le site a découragé de nombreux repreneurs.
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