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Alstom : SFR, premier revers pour la diversification de Martin Bouygues

SFR, premier revers pour la diversification de Martin BouyguesSFR, premier revers pour la diversification de Martin Bouygues

par Gilles Guillaume et Gwénaëlle Barzic

PARIS (Reuters) - Bien qu'il ait mis toutes ses forces dans la bataille pour prendre le contrôle de SFR, Martin Bouygues connaît un premier revers dans sa stratégie de diversification hors du BTP.

A bientôt 62 ans, le PDG de Bouygues a pourtant joué le tout pour le tout afin de sauver un réseau qu'il a créé de toute pièce.

Il devra maintenant trouver un plan B pour sa filiale télécoms, fragilisée par deux années de guerre des prix, qui risque de passer du statut de prédateur à celui de proie.

"Il est difficile de parler d'échec de Bouygues tant que les décisions finales n'auront pas été prises, mais en cas de désengagement des télécoms, ce serait à peu près un retour au groupe tel que l'a légué (son père) Francis Bouygues", observe Dominique Barjot, professeur d'histoire économique à l'Université Paris-Sorbonne et spécialiste de l'histoire du groupe Bouygues.

"La grande aventure de Martin Bouygues, c'est quand même le téléphone portable."

Dans son bras de fer avec Numericable, le PDG du groupe Bouygues a fait jouer son entregent dans le monde politique et celui des affaires.

Reçu par François Hollande grâce à l'entremise de son ami François Pinault, il a bénéficié du soutien répété du bouillonnant ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg.

Ses concurrents directs ont aussi fait le plaidoyer d'un rapprochement Bouygues Telecom-SFR, à commencer par l'ex-ennemi Xavier Niel, fondateur d'Iliad, avec lequel Bouygues a conclu un accord surprise le week-end dernier.

A la tête de Bouygues depuis 1989, Martin Bouygues n'a pas ménagé sa peine pour convaincre Vivendi : conférence avec les analystes pour présenter son offre, interviews dans la presse et tribune dans Le Monde, recrutement d'Image 7 pour la communication.

En vain. Vivendi a annoncé vendredi que son conseil de surveillance avait décidé d'entrer en négociations exclusives avec le rival Numericable pour lui céder sa filiale télécoms SFR.

La première grande aventure tentée par Martin Bouygues en 1994, un an après la disparition de son père, apparaît aujourd'hui plus fragilisée que jamais.

"L'échec d'une offre sur SFR laisserait (Bouygues) structurellement vulnérable, à la merci d'un concurrent renforcé dans le fixe et toujours en difficulté pour résister sur un marché du mobile violent avec quatre acteurs", soulignait les analystes de Jefferies dans une note publiée la semaine dernière.

L'action Bouygues a clôturé vendredi en repli de 2,9% à 30,51 euros, accusant la deuxième plus forte baisse du CAC 40.

LA FIN DE L'INDÉPENDANCE POUR BOUYGUES TEL?

L'histoire de Bouygues, fondé en 1952, est jalonnée de diversifications plus ou moins réussies.

Le groupe a tenté en vain de s'implanter dans les assurances en 1982, son incursion dans l'agroalimentaire, avec l'acquisition en 1989 des Grands moulins de Paris, est restée sans lendemain, tout comme son aventure dans l'eau, avec le rachat de la Saur, cédée en 2005.

Au milieu des années 1980, Bouygues renforce l'un de ses métiers historiques, la route, en faisant l'acquisition du groupe Screg, qui propulse sa filiale Colas au rang de numéro un mondial du secteur. L'année suivante, il devient actionnaire principal de TF1 lors de la privatisation de la première chaîne de télévision française.

"Fort de ses soixante ans d'histoire, on peut parfaitement concevoir que le groupe puisse se réorienter", poursuit Dominique Barjot. "A l'époque de Martin Bouygues, il y a des stratégies alternatives au téléphone, et le groupe sera peut-être obligé, par exemple, de renforcer son emprise sur Alstom."

Malgré les difficultés actuelles du spécialiste des infrastructures de transport et d'énergie, dont Bouygues détient 29,33%, le groupe diversifié voit une logique industrielle entre les deux sociétés, notamment sur les grands chantiers nucléaires.

Dans les télécoms, les spéculations devraient repartir de plus belle sur un rapprochement entre Bouygues Telecom et Iliad.

"Il semble probable que, d'une façon ou d'une autre, Iliad et Bouygues finissent dans les bras l'un de l'autre", estime Claudio Aspesi, analyste à Bernstein Research, dans une note.

"Désormais on peut s'interroger sur l'avenir commun de Bouygues et d'Iliad. Ne vont-ils pas être contraints ou tentés de se rapprocher, la question peut désormais se poser", s'interroge également Bertrand Lamielle, directeur de la gestion chez B*Capital.

(Avec Leila Abboud et Alexandre Boksenbaum-Granier, édité par Jean-Michel Bélot)

Copyright © 2014 Thomson Reuters


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