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Alstom : Omnicom et Publicis renoncent à leur fusion

Omnicom et Publicis renoncent à leur fusionOmnicom et Publicis renoncent à leur fusion

par Jean-Michel Belot et Soyoung Kim

PARIS/NEW YORK (Reuters) - Les groupes publicitaires Publicis et Omnicom ont annoncé vendredi renoncer à leur projet de fusion de 35 milliards de dollars dévoilé en juillet dernier, qui devait se traduire par la création du premier groupe publicitaire mondial devant le britannique WPP.

Depuis plusieurs mois, cette opération se heurtait à de nombreuses difficultés, notamment sur la nomination du directeur financier de la future entité. Mais en réalité, les différences de cultures d'entreprise et tout simplement de culture entre Français et Américains, ont eu raison de cet ambitieux projet.

"Publicis et Omnicom annoncent conjointement aujourd'hui mettre un terme à leur projet de fusion entre égaux par un accord mutuel compte tenu des difficultés à réaliser cette opération dans des délais raisonnables", ont déclaré les deux groupes dans un communiqué commun.

"Il n'y a pas eu un élément en particulier", a indiqué à Reuters, John Wren, le directeur général d'Omnicom.

"Il y avait un grand nombre de questions complexes que nous n'avons pas résolues. Les fortes cultures d'entreprise propres aux deux groupes ont retardé la conclusion d'un accord. Il n'y avait pas de ligne d'arrivée claire en vue et l'incertitude n'est jamais une bonne chose dans ce secteur".

Les deux entreprises ont précisé qu'il s'agissait d'un divorce à l'amiable et qu'elles renonçaient de ce fait à tout contentieux, ajoutant qu'aucune indemnité ne serait versée de part et d'autre.

Les modalités de la fusion prévoyaient que les actionnaires de Publicis et Omnicom détiennent chacun 50% du capital de la nouvelle entité qui devait être codirigée par Maurice Lévy, le président du directoire de Publicis, et John Wren pendant trente mois.

"La décision d'interrompre le processus n'a été ni agréable ni facile à prendre, mais elle s’est révélée nécessaire", a souligné Maurice Lévy dans un communiqué.

COMBINAISON DE DIFFICULTÉS

Dans une note interne aux salariés que Reuters a pu consulter, il souligne que la fusion "n'a jamais été considérée comme une nécessité, les deux groupes se portant très bien", et annonce "un nouveau départ" pour Publicis qui va accélérer la mise en oeuvre de son plan stratégique 2018.

En France, certains voyaient dans ce projet le signe d'un déplacement du centre de gravité du groupe vers les Etats-Unis au moment où d'autres projets, comme la fusion entre les cimentiers français Lafarge et suisse Holcim et surtout le projet de rachat des activités énergie d'Alstom par le géant américain General Electric, font craindre un transfert des centre de décision, et des emplois, hors de France.

D'autres fusions avec des profils similaires, dont le mariage en 2006 du français Alcatel avec l'américain Lucent Technologies, se sont déjà heurtées à des divergences de culture.

L'opération Publicis-Omnicom devait encore obtenir le feu vert des autorités de concurrence chinoises, qui se faisait attendre, et des difficultés étaient également apparues pour faire valider un double dispositif prévoyant de domicilier le siège légal du futur duo aux Pays-Bas et sa résidence fiscale en Grande-Bretagne.

"Nous risquions d'avoir une rupture dans l'équilibre de la fusion et une dilution de notre modèle économique", observe une source proche de Publicis.

"Chacune des difficultés que nous avions était indépendamment surmontable. Ce qui ne l'était pas, c'était la combinaison de ces difficultés", ajoute-t-elle.

Les dirigeants des deux sociétés, Maurice Lévy chez Publicis et John Wren chez Omnicom, n'ont pas réussi, entre autres, à trouver un accord sur le choix du futur directeur financier du groupe.

LA CONSOLIDATION TOUJOURS D'ACTUALITÉ

Selon une autre source, "d'importants problèmes d'ego" de part et d'autre de l'Atlantique n'ont pas facilité un accord.

Publicis a souligné dans un communiqué distinct qu'il entendait désormais accélérer la mise en oeuvre de son plan stratégique actuel à l'horizon 2018.

Ce projet de fusion avait été célébré en juillet dernier en grande pompe par les deux groupes, qui espéraient ainsi être dotés d'une force de frappe considérable, à la fois en Europe, aux Etats-Unis et sur les marchés émergents.

Ils pensaient ainsi être en mesure de mieux résister aux géants d'internet comme Google et Facebook, dont le modèle économique repose sur la publicité numérique.

Publicis a été créé en 1926 à Paris par Marcel Bleustein-Blanchet, dont une des filles, Elisabeth Badinter, est toujours présente au capital du groupe.

Bien que ce méga projet de fusion ait échoué, les spécialistes du secteur estiment toutefois que les pressions devraient rester fortes en vue d'une consolidation du secteur.

"Les fusions-acquisitions et les concentrations devraient rester au menu mais désormais il y a plus de choix possibles", souligne Brian Wieser, analyste à Pivotal Research.

(Avec Anjuli Davies et Gwénaëlle Barzic, édité par Gilles Guillaume)

Copyright © 2014 Thomson Reuters


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