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Alstom : "a l'avantage d'avoir déjà été confronté à une crise"

mardi 28 octobre 2008 à 11h00

(BFM Bourse) - On aurait pu croire que les plans de sauvetage financier élaborés de part et d'autre de l'Atlantique allaient permettre de ramener la confiance sur les marchés. Ce n'est pas encore vraiment le cas. Le CAC 40 a terminé la séance de lundi à un plus bas depuis le 1er juillet 2003. Pragmatique, Michel Laurens, gérant du fonds Acer Actions d'Acer Finance, voit dans ce marché des opportunités, à condition de se projeter au-delà du premier semestre 2009.

Tradingsat.com : Les hedge funds sont-ils responsables des spectaculaires écarts à la baisse du marché ?

Michel Laurens : Leur rôle est involontaire, en ce sens qu'ils font face aux retraits de capitaux massifs de leurs clients, ce qui les oblige à liquider leurs positions. L'impact sur les marchés est d'autant plus important que ces fonds utilisent très souvent l'effet de levier, ce qui signifie que lorsqu'on retire 1 milliard chez eux, ils sont obligés de vendre 2 à 3 milliards par exemple, voire plus.

Tradingsat.com : Nouriel Roubini, professeur de l'Université de New York, évoque l'idée d'une fermeture temporaire des marchés. Une bonne solution ?

Michel Laurens : Cela ne ferait que repousser le problème. Si on suspend les marchés, les hedge funds devront de toute manière faire face à leurs retraits lorsque la cotation reprendra. Non, ce qu'il faudrait, c'est interdire à tout le monde de retirer son argent des fonds où il est investi, mais une telle mesure est bien évidemment à proscrire parce qu'elle casserait définitivement la confiance.

Tradingsat.com : Qu'est ce qui peut arrêter la panique ?

Michel Laurens : Il est frappant de constater que plusieurs entreprises du Cac 40 ne capitalisent plus que le quart de ce qu'elles valaient il y a un an et demi. Cela pourrait donner des idées d'OPA à certains acquéreurs potentiels disposant du cash nécessaire. Voilà par exemple ce qui pourrait changer la donne…

Tradingsat.com : Dans quelle mesure faut-il s'inquiéter des avertissements sur résultats récemment lancés par plusieurs poids lourds de la cote ?

Michel Laurens : Vous avez des avertissements du type de ceux de Veolia Environnement ou Saint-Gobain, qui préviennent, grosso modo, qu'ils continueront à gagner de l'argent mais que leurs bénéfices progresseront moins vite que par le passé. En l'espace de quatre mois, Veolia est passé de plus de 60 euros à seulement 16 euros aujourd'hui. La croyance que les profits de la société pouvaient croître indéfiniment de plus de 10% l'an s'est transformée en crainte qu'ils ne progresseront plus jamais ! Il y a des chances pour que la vérité se situe entre ces deux extrêmes… Par contre, le cas de l'automobile est plus inquiétant, parce qu'on nous annonce carrément que les profits vont presque disparaître pendant deux ou trois années. Soulignons toutefois que, même dans ce contexte très difficile, une société comme Essilor continue de s'en sortir très bien.

Tradingsat.com : En fonction des nouvelles à venir, quand peut-on espérer une amélioration du sentiment de marché ?

Michel Laurens : Normalement, les résultats les pires devraient tomber au premier semestre 2009 ; ils seront publiés l'été prochain. Cela devrait correspondre au creux de la conjoncture, les entreprises n'ayant pas encore eu vraiment le temps d'adapter leur structure de coût à la dégradation de l'environnement économique. Donc, si le marché anticipe aujourd'hui les résultats du premier semestre 2009, il est possible de penser que vers la fin de cette année ou au début de l'année prochaine, les investisseurs commenceront à penser à une amélioration pour le second semestre 2009.

Tradingsat.com : En attendant, jusqu'où le marché peut-il descendre ?

Michel Laurens : Tout est possible. A priori, l'exagération n'a pas de limite. Mais j'aurais tendance à raisonner d'une autre façon. Prenons le cas de quelqu'un qui va prendre sa retraite. Il peut par exemple apporter son capital à une compagnie d'assurance qui va lui donner en retour une rente, de l'ordre de 4% environ, qui sera revalorisée de quelques pourcents par an. D'ici 30 ans, à son décès, ses héritiers n'auront plus rien. Il peut aussi garder son capital, l'investir en Bourse, se « contenter » de toucher des dividendes qui s'établissent en moyenne à 5% sur le CAC 40 aujourd'hui au titre de l'exercice 2008, pour finalement, à terme, le transmettre à ses enfants. Gageons qu'à un moment donné, ce raisonnement puisse contribuer à stabiliser les marchés.

Tradingsat.com : Y a-t-il des secteurs d'activité qui résistent au ralentissement de la croissance mondiale ?

Michel Laurens : Je crois que les investisseurs ont bien montré ces derniers temps les valeurs qu'ils considèrent comme les vraies défensives : la pharmacie, avec Sanofi-Aventis, mais aussi l'agroalimentaire, avec Danone ; on ne retarde pas aussi facilement l'achat de yaourts que celui d'une voiture. Sans oublier GDF-Suez, parce que le chauffage est un besoin intangible, et France Télécom, dont le rendement dépasse 7%.

Tradingsat.com : Que pensez-vous des valeurs pétrolières et parapétrolières ?

Michel Laurens : Je distingue ces deux catégories. Concernant Total, la « major » pétrolière française, il n'y a rigoureusement aucun doute sur la solidité de l'entreprise, sa structure financière, sa capacité à générer du cash flow. Bien sûr, les profits dépendent du niveau du pétrole. Mais en terme de prix du baril, nous retrouvons simplement les niveaux d'il y a un an et demi, ce qui n'a rien de catastrophique. Le secteur parapétrolier est plus risqué dans la mesure où l'on peut se demander si les dépenses d'investissement dans l'exploration vont se maintenir, avec un prix du baril à 65$, aux niveaux qui étaient les leurs à 150$. Dans une certaine mesure, je pense que oui. Parce qu'il faut bien remplacer les champs qui arrivent à expiration, mais également parce que la consommation ne devrait plus autant reculer à 65$ qu'à 150$. Toutefois, il paraît probable que la progression des bénéfices des sociétés parapétrolières ralentisse.

Tradingsat.com : Votre avis sur les financières ?

Michel Laurens : Les établissements qui disposent d'un solide réseau de détail sont avantagés, par opposition à ceux qui sont structurellement obligés d'emprunter sur les marchés, dont la marge financière souffre. Il va s'écouler un temps assez long avant qu'ils puissent de nouveau emprunter à des conditions voisines des taux courts de la BCE. Ajoutons à cela l'aspect « panique », qui a pour inconvénient de contraindre les Etats à recapitaliser les banques, avec le risque de pénaliser les actionnaires existants. Ce qui vient d'être fait en France avec les émissions de dette subordonnée respecte toutefois assez bien les actionnaires. Mais pour investir dans le secteur, il est préférable de se limiter aux très bonnes signatures, comme BNP Paribas, ou l'espagnol Santander.

Tradingsat.com : Quelques idées de valeurs massacrées qu'il est possible d'acheter selon vous ?

Michel Laurens : Saint-Gobain, Veolia, ou bien Alstom. Il faut savoir qu'une grosse partie de l'activité d'Alstom est constituée par le retrofit, c'est-à-dire la transformation d'une ancienne machine en une machine de conception moderne. Or, le retrofit est tellement rentable pour les utilisateurs que même les clients qui ont peu de moyens ont tout intérêt à moderniser leurs installations. Par rapport à des sociétés comme ABB ou Siemens, Alstom a par ailleurs l' « avantage » d'avoir déjà été confronté à une crise, qui lui a permis de repartir sur des bases totalement assainies.

Propos recueillis par François Berthon

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