PARIS (Reuters) - Le directeur commercial d'Airbus, John Leahy, un Américain, a été mis en examen début novembre pour délit d'initié pour des ventes suspectes de titres en 2005 et 2006, a-t-on appris vendredi au parquet de Paris.
Il est suspecté d'avoir tiré parti d'informations privilégiées sur les retards de production de l'A380 pour réaliser des profits personnels de 2,2 millions d'euros sur les titres de la société dont il bénéficiait en tant que dirigeant.
Erik Pillet, ancien directeur des ressources humaines d'Airbus, a aussi été mis en examen le 1er octobre pour le même motif. Il lui est reproché un profit illicite de 161.000 euros.
Plusieurs autres ex-dirigeants ou dirigeants de l'avionneur européen ont été entendus en qualité de témoins assistés.
Cette série d'auditions porte à sept le nombre de personnes poursuivies dans cette procédure judiciaire ouverte en 2008 à la suite d'un rapport de l'Autorité des marchés financiers (AMF).
Noël Forgeard, ancien co-président exécutif d'EADS, l'ex-directeur général délégué du groupe Jean-Paul Gut, l'ancien président d'Airbus l'Allemand Gustav Humbert, l'ancien vice-président d'Airbus Olivier Andriès et l'ex-directeur financier allemand d'Airbus Andreas Sperl étaient déjà mis en examen.
L'AMF a établi dans un rapport que 17 des 21 membres des comités exécutifs d'Airbus et EADS ont cédé entre le 19 juillet 2005 et le 13 juin 2006 plus de 1,7 million de titres au total, réalisant une plus-value brute totale de 20 millions d'euros.
PAS DE SANCTIONS DE L'AMF
Les retards de production sur l'A380 n'ont été annoncés officiellement que le 13 juin 2006, provoquant le lendemain une chute de 25% de l'action EADS en Bourse.
Les suspects nient toute malversation et expliquent qu'ils ont respecté le droit en cédant leurs titres au moment prévu par la réglementation.
Pour que les charges aboutissent à une condamnation, la justice pénale devra démontrer que les personnes mises en cause ont bénéficié d'une "information privilégiée".
Le délit d'initié est passible de deux ans de prison et d'une amende pouvant aller jusqu'à dix fois le montant du produit du délit.
En décembre 2009, la commission des sanctions de l'AMF a mis hors de cause l'ensemble des parties concernées. Elle a estimé que la connaissance par les suspects de retards dans le programme du gros porteur A380 "ne constituait pas une information privilégiée".
EADS, qui risquait, en tant que personne morale, d'être sanctionnée pour ne pas avoir communiqué suffisamment tôt aux marchés financiers, ainsi que le groupe de médias français Lagardère et le constructeur automobile allemand Daimler, ses deux actionnaires privés de référence, ont également été mis hors de cause.
Cette décision de l'AMF n'engage cependant pas les juges d'instruction pénaux, qui sont susceptibles d'organiser un procès en correctionnelle d'ici un ou deux ans avec les suspects qu'ils auront retenus.
Thierry Lévêque, édité par Yves Clarisse
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