(BFM Bourse) - Le groupe d'aéronautique et de défense a commencé le deuxième trimestre avec 67 livraisons en avril, soit une hausse de 20% sur un an, après avoir démarré très mollement l'année sur les trois précédents mois. Airbus a néanmoins besoin de confirmer en mai puis d'accélérer pour rassurer les investisseurs sa capacité à tenir ses objectifs.
Le '"track record" (c'est-à-dire le bilan) d'Airbus sur ses livraisons a été sérieusement écorné, ces dernières années. Le groupe d'aéronautique et de défense a manqué son objectif annuel en 2022, 2024 et 2025.
Rappelons que ces livraisons restent âprement surveillées par les analystes et le marché, car l'essentiel du paiement d'un avion est effectué lorsque l'appareil est réceptionné par la compagnie aérienne (ou le loueur).
Autrement dit, les livraisons permettent d'anticiper les rentrées de cash du groupe. Or, Airbus a besoin de générer de la trésorerie pour financer ses investissements et/ou rendre des liquidités à ses actionnaires sous forme de dividendes ou de rachats d'actions.
En 2026, l'ex-EADS compte livrer 870 avions ce qui constituerait un record historique pour la société, effaçant celui de 2019 (863).
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Des vents défavorables
Mais Airbus a mal démarré l'année. Sur les trois premiers mois de 2026, la société n'a livré que 114 appareils, soit 16% de moins qu'en 2025. Certes, le premier trimestre est traditionnellement une période creuse pour Airbus sur sa production.
Citi rappelait néanmoins que le groupe livre, historiquement, 18,2% de ses livraisons sur les trois premiers mois de l'année. En supposant que le groupe tienne son objectif de 2026 et respecte ce ratio, le nombre de livraisons aurait dû s'élever à 158 à fin mars. Autrement dit, le groupe est en retard sur ses temps de passage.
Toutefois, la direction de la société avait expliqué le mois dernier que certains éléments exceptionnels avaient pesé dans la balance.
L'avionneur a pâti de difficultés d'approvisionnement sur les panneaux de fuselage chez son fournisseur américain Pratt&Whitney (propriété de RTX) qui a rencontré des soucis de qualité l'an passé sur ces pièces. Guillaume Faury, le président exécutif d'Airbus, avait toutefois assuré que l'impact restait "limité" et qu'il serait confiné au premier semestre 2026, sur les livraisons du groupe.
Surtout, le dirigeant avait révélé qu'Airbus avait rencontré des problèmes administratifs sur la livraison de près de 20 appareils à des clients chinois. Ces avions ont donc été produits mais le groupe n'a pas pu les expédier à ses propriétaires au premier trimestre. Le problème a depuis été résolu.
Accélération en avril
En avril, Airbus est parvenu à hisser la cadence. Jeudi soir, le groupe d'aéronautique et de défense a annoncé avoir livré 67 appareils sur le quatrième mois de l'année, ce qui traduit une progression de 20% sur un an par rapport au même mois de 2025.
"Nous pensons que le rythme des livraisons jusqu'à présent en 2026 a été en dessous des attentes des investisseurs, mais la croissance annuelle en avril est encourageante", apprécie Royal Bank of Canada .
Deutsche Bank souligne qu'avec 54 unités, la famille A320 neo (A319 neo, A320 neo, A321 neo) a enregistré "une nette accélération du rythme des livraisons, au-delà de mars 2025, qui avait déjà été considéré comme un mois particulièrement fort".
"Cela s'explique en partie par un rattrapage des livraisons, les 20 appareils chinois dont la livraison avait été reportée devant désormais être livrés en avril et en mai", ajoute Deutsche Bank.
La banque allemande conclut que les livraisons du mois de mai montrent "un point d'inflexion dans les niveaux de livraisons ternes enregistrés sur le début de 2026". "Nous devons voir une confirmation de cette tendance en mai", prévient toutefois Deutsche Bank.
Citi estime que le rythme de livraisons d'Airbus doit encore s'accélérer pour rattraper le retard accumulé sur le premier trimestre.
"Nous nous attendons à ce que, lorsque les livraisons atteindront la cadence de 75 à 80 avions par mois, la confiance du marché dans l'objectif annuel de livraisons s'améliore et que l'action bénéficie d'un' re-rating' (une appréciation des multiples boursiers, NDLR)", poursuit la banque américaine.
Dans sa note d'analyse des livraisons, la banque Jefferies fournit également un compte-rendu d'un "roadshow" avec Guillaume Faury. Le président exécutif a notamment déclaré à l'intermédiaire financier qu'un nouvel avion moyen-courrier pourrait être lancé en 2030 avec une mise en service en 2037-2038. Le groupe vise une baisse de consommation de carburant de 25% par rapport à la génération actuelle.
Par ailleurs, Airbus ne compte pas augmenter sa cadence de livraisons au-delà de l'objectif de 75 avions par mois (d'ici à début 2028) dans la famille A320 neo. Ce de sorte à étendre les livraisons jusqu'à la fin des années 2030 et faire ainsi le pont avec le nouvel appareil moyen-courrier.
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