PARIS (Reuters) - L'ancien co-président d'EADS devenu président d'Airbus, l'Allemand Thomas Enders, a été entendu comme témoin par la police financière française le 20 mai dans l'enquête sur des ventes suspectes de titres en 2005 et 2006, a-t-on appris auprès de la société Airbus.
Il n'a pas été placé en garde à vue et les juges d'instruction n'ont pas prononcé de mise en examen, a dit la société, confirmant une information du site nouvelobs.com.
Selon un rapport de l'Autorité des marchés financiers (AMF) à l'origine de l'affaire, Thomas Enders a réalisé une plus-value de 711.750 euros en vendant des titres de la société en novembre 2005. Il l'admet mais nie toute infraction de délit d'initié.
Le fait qu'aucune poursuite n'ait été engagée dans l'immédiat n'empêche pas dans l'absolu qu'il soit mis en examen plus tard, mais le dossier n'a pas été traité de cette manière pour les autres personnes par les juges d'instruction Xavière Simeoni et Cécile Pendariès.
Cinq personnes ont jusqu'ici été mises en examen pour délit d'initié dans ce dossier, Noël Forgeard, ancien co-président exécutif d'EADS, l'ex-directeur général délégué du groupe Jean-Paul Gut, l'ancien président d'Airbus l'Allemand Gustav Humbert, l'ancien vice-président d'Airbus Olivier Andriès et l'ex-directeur financier allemand d'Airbus Andreas Sperl.
Selon l'AMF, 17 des 21 membres des comités exécutifs d'Airbus et EADS, dont ces cinq personnes et Thomas Enders, ont cédé entre le 19 juillet 2005 et le 13 juin 2006 plus de 1,7 million de titres au total, réalisant une plus-value brute totale de 20 millions d'euros.
Le gendarme de la Bourse estime que ces personnes avaient forcément connaissance dès le second semestre 2005 de la dégradation des perspectives financières du groupe, "au plus tard le 1er mars 2006" des retards de livraison sur l'A380 et "au plus tard le 7 mars 2006" des problèmes du programme A350.
Le délit d'initié est passible de deux ans de prison et d'une amende pouvant aller jusqu'à dix fois le montant du produit du délit. Tous les suspects, qu'ils soient mis en examen ou non, nient les charges.
Compte tenu des délais inhérents à la procédure française, l'instruction devrait durer encore plusieurs années.
Tim Hepher et Thierry Lévêque, édité par Yves Clarisse
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