Matthias Blamont et Crispian Balmer
PARIS (Reuters) - La France réfléchit à la possibilité de réduire ses commandes d'avion de transport militaire A400M mais n'a pas encore pris de décision sur ce sujet, a déclaré Laurent Collet-Billon, délégué général pour l'armement.
Interrogé sur une éventuelle réduction de commandes, il a déclaré mardi lors d'une conférence de presse : "Cela fait partie des choses à examiner. Nous n'avons pas encore évalué l'ampleur du trou de capacités à boucher. Cela peut passer par une réduction de la cible (le nombre de commandes, NDLR). Notre position est qu'il faut donner les chances à ce programme de se poursuivre."
Le programme A400M, mené par EADS et qui accuse au moins quatre ans de retard selon Laurent Collet-Billon, reste toutefois nécessaire pour la France, a pour sa part déclaré à Reuters le ministre français de la Défense, Hervé Morin.
"Il faut pas se fixer sur ce retard. Ce qui est certain, c'est que nous avons besoin, nous, de cet avion. Nous avons besoin de rénover une partie de notre flotte de transport qui est très vieillissante, et particulièrement les Français et les Britanniques", a-t-il dit.
Hervé Morin avait indiqué le 12 mars qu'un moratoire de trois mois sur l'A400M serait proposé d'ici fin mars à EADS par les sept pays à l'origine du projet.
Le coût de développement de l'A400M est estimé à une vingtaine de milliards d'euros. La date de son premier vol n'a toujours pas été fixé.
Plusieurs des sept pays parties prenantes au projet et ayant déjà commandé des A400M - France, Allemagne, Espagne, Grande-Bretagne, Turquie, Belgique et Luxembourg - ont récemment indiqué que les retards de l'appareil les conduisaient à envisager des solutions de substitution.
EADS, la maison mère d'Airbus, a minimisé il y a peu l'éventualité d'une résiliation pure et simple du contrat. Elle a toutefois reconnu que des pays avaient la possibilité d'annuler des avions à l'unité.
Le constructeur aéronautique espère que le premier vol de l'appareil aura lieu en 2009. Il était initialement prévu pour janvier 2008.
Un rapport du Sénat français indiquait le mois dernier que les pays ayant commandé des A400M pourraient revenir sur leurs commandes si le premier vol dépassait 14 mois de retard sur le calendrier contractuel, c'est-à-dire dès le 1er avril.
Le moratoire a pour but de faire le point sur l'état du programme et sur les conséquences financières, industrielles et humaines des retards.
EADS a en outre averti le 10 mars que de nouvelles "provisions A400M" étaient susceptibles d'affecter son résultat opérationnel au cours des prochains mois, alors que les dépassements de coûts du programme atteignent déjà deux milliards d'euros. Selon certains analystes, les surcoûts pourraient totaliser trois milliards d'euros en 2009.
Avec la contribution de Benjamin Mallet, édité par Jean-Michel Bélot
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