par Matthias Blamont et Tim Hepher
PARIS (Reuters) - La France étudie des moyens de maintenir efficacement l'approvisionnement de ses troupes en Afghanistan alors que les discussions portant sur le programme A400M risquent de se prolonger au-delà de la date butoir du 30 juin, déclare le ministre de la Défense, Hervé Morin.
L'avion de transport militaire de nouvelle génération accuse un retard compris entre trois et quatre ans.
Le groupe européen d'aéronautique et de défense EADS, en charge de son assemblage, négocie avec les principaux pays clients la possibilité de redéfinir le contrat, les modalités de livraison et d'éventuelles pénalités financières.
Un moratoire en vigueur jusqu'au 30 juin empêche les pays européens de se retirer unilatéralement du projet mais Hervé Morin a souligné que des discussions se tiendraient au-delà de cette date, sans préciser si ces pays seraient toujours tenus par leurs engagements d'unanimité alors que les doutes vont croissants sur la poursuite de la participation du Royaume-Uni, plongé en pleine tourmente politique.
Vendredi, le ministre de la Défense britannique, John Hutton, a remis sa démission avant que Londres n'annonce un remaniement ministériel.
"Je rencontre mes collègues en marge d'une réunion de l'Otan la semaine prochaine (à Bruxelles le 12 juin, ndlr) pour que nous puissions faire un point et nous nous reverrons à la fin du mois", a dit Hervé Morin lors d'un déjeuner organisé par l'Association des journalistes professionnels de l'aéronautique et de l'espace (AJPAE).
"J'ai proposé à mon homologue espagnole (Carme Chacon, ndlr) d'être à l'initiative d'une autre réunion à Séville (Espagne) fin juillet."
Des sources proches du dossier ont indiqué à Reuters que les chefs d'Etat européens pourraient s'impliquer personnellement. Selon ces sources, Nicolas Sarkozy et Angela Merkel devraient discuter de ce sujet le 11 juin à Paris lors d'une rencontre franco-allemande.
PALLIATIF
"Pour nos partenaires européens, les problématiques A400M ne sont pas les mêmes, comme vous le savez. Il y a ceux qui ont besoin de l'A400M très vite - c'est le cas des Britanniques et des Français - d'autres ont des besoins plus lointains, c'est notamment le cas des Allemands", a expliqué Hervé Morin.
"En France, il faut que nous trouvions des solutions palliatives sans plomber la loi de programmation militaire. Elles peuvent être de plusieurs ordres", a-t-il ajouté.
Le ministre a affirmé que la France réfléchissait à plusieurs options parmi lesquelles l'achat ou la location d'avions C130J fabriqués par Lockheed Martin, d'appareils espagnols Casa ou l'utilisation d'avions Airbus 330 MRTT mais n'a pas divulgué dans quel dispositif financier.
Selon Hervé Morin, la France pourrait également renforcer sa participation au programme "Salis" (Solution intérimaire pour le transport aérien stratégique) - un contrat d'affrètement d'avions Antonov 124 ukrainiens regroupant de nombreux pays européens - et va rénover 10 avions Transall C160 à bout de souffle dans l'espoir de prolonger leurs services jusqu'en 2018.
Essentiellement pénalisé par l'élaboration de son logiciel informatique de propulsion, le développement de l'A400M est devenu le motif de préoccupation numéro un d'EADS ces derniers mois.
En cas d'annulation du contrat, une hypothèse jugée très peu probable à ce stade compte tenu des besoins urgents des forces militaires européennes, l'entreprise devrait rembourser quelque 5,7 milliards d'euros d'avances gouvernementales.
Les dépassements de coûts du programme A400M, estimé à environ 20 milliards d'euros, atteignent déjà plus de deux milliards et EADS anticipe une nouvelle charge "significative" dans ses comptes du premier semestre 2009.
L'action EADS a progressé de 0,34% à 11,69 euros à la Bourse de Paris vendredi. Elle recule de près de 3% depuis le 1er janvier.
Edité par Benjamin Mallet
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