par Matthias Blamont et Maria Sheahan
LE BOURGET (Reuters) - Les ministres français, britannique et allemand en charge des questions aéronautiques sont convenus d'arrêter d'ici à la fin du mois le montant des avances remboursables susceptibles d'être accordées à Airbus pour le développement de l'A350, son grand programme d'avenir.
Boeing a fait part de sa "déception" alors que l'européen et l'américain s'affrontent depuis plusieurs années sur le financement de leurs projets.
Au cours d'une conférence de presse organisée lundi au 48e salon aéronautique du Bourget à l'issue d'une réunion de travail, la France et l'Allemagne se sont déclarées déterminées à soutenir la principale division du groupe EADS.
Le Royaume-Uni a également pris position en faveur du programme A350, le futur avion moyen porteur d'Airbus à long rayon d'action, mais a refusé de préciser quelle somme il était prêt à octroyer.
L'Espagne, qui n'était pas représentée à la réunion, a fait savoir dans la soirée par la voix d'un porte-parole gouvernemental qu'elle n'avait pas encore pris de décision sur une éventuelle participation.
"La France a proposé une avance remboursable de 1,4 milliard d'euros, c'est une hypothèse de travail", a déclaré Dominique Bussereau, secrétaire d'Etat aux Transports.
"Ce que je veux affirmer, c'est qu'il y a une volonté politique d'appuyer ce programme. Nous sommes tous sur la volonté d'avancer", a-t-il ajouté.
Peter Hintze, secrétaire d'Etat allemand à l'Economie, a souligné que l'Allemagne envisageait de consacrer une somme de 1,1 milliard d'euros.
Lord Drayson, du ministère de la Défense britannique, a pour sa part refusé de communiquer quel montant son pays pourrait prêter.
"Nous soutenons l'initiative A350 mais il y a des négociations en cours entre chaque pays concerné et Airbus et je ne donnerai pas d'éléments sur cette négociation", a-t-il dit.
"J'ai l'impression que la Grande-Bretagne prendra sa part", a toutefois fait observer Peter Hintze devant la presse après la conférence.
CONTENTIEUX
"Les trois pays ont l'intention de parvenir à un accord et je pense que l'Espagne viendra aussi à la table des négociations", a-t-il poursuivi. Interrogé sur l'absence de l'Espagne, le haut fonctionnaire a répondu qu'il ne savait pas l'expliquer, laissant poindre l'existence d'un différend entre Airbus et l'Espagne.
Dans la soirée, un porte-parole du gouvernement espagnol a affirmé que son pays n'avait pas encore pris de "décision définitive concernant le financement du nouvel avion".
Les négociations entre les pays européens porteront sur la répartition des "charges de travail" (workshare), chaque pays étant soucieux de préserver et de promouvoir l'emploi sur son sol.
L'A350, un programme dont le développement est estimé à environ 10 milliards d'euros, se veut la réponse d'Airbus au futur 787 du groupe américain Boeing dont le premier vol devrait avoir lieu d'ici à la fin du mois.
Les avances remboursables font l'objet d'un vif contentieux entre Airbus et Boeing. Les deux entreprises, qui s'accusent mutuellement de percevoir des subventions déguisées, ont porté leur dispute devant l'Organisation mondiale du commerce.
"Nous pensons que le modèle des avances est compatible avec les règles de l'OMC", a noté Dominique Bussereau.
Dans un message électronique adressé à Reuters, un porte-parole de Boeing a indiqué que son groupe était déçu d'apprendre "que des pays membres d'Airbus envisagent de mettre à disposition des milliards de dollars d'aides et qu'Airbus accepte alors que l'OMC doit rendre son verdict sur de tels financements".
Edité par Benoît Van Overstraeten
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