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Airbus group : L'export, seule chance de rentabiliser l'a400m à terme

lundi 15 mars 2010 à 16h05
L'export, seule chance de rentabiliser l'a400m à terme

par Matthias Blamont

PARIS (Reuters) - La rentabilité du programme d'avion de transport militaire A400M reste hypothétique pour EADS, en dépit des surcoûts assumés par les Etats clients, et demeure subordonnée à des succès à l'export qui doivent encore se concrétiser.

Plusieurs spécialistes interrogés par Reuters estiment même que les ventes d'avions, seules, risquent de ne jamais générer de profits. La maison mère d'Airbus devrait donc tenter de se rattraper avec les contrats de maintien en condition opérationnelle (MCO) associés, des activités dont les marges sont estimées entre 10 et 20% par les analystes, même si sur ce terrain aussi la concurrence promet d'être des plus rudes.

Des compagnies aériennes comme Air France-KLM ou Lufthansa, présentes dans le domaine de la maintenance depuis plusieurs années, pourraient en effet se positionner sur des appels d'offres futurs lancés par des Etats soucieux de maîtriser leurs budgets de défense.

Si l'export est la condition du succès, les atouts technologiques de l'A400M, plus moderne et plus sophistiqué que ses proches compétiteurs, pourraient paradoxalement constituer des handicaps.

"De toute évidence l'A400M est supérieur techniquement et à bien des égards. Pour autant, on peut se demander si ses performances ne sont pas 'surspécifiées'" s'interroge Virginie Vacca, analyste auprès de Standard & Poor's Equity Research.

"Les spécifications de l'A400M ont essentiellement été définies par la France, l'Allemagne et le Royaume-Uni. Il n'est pas certain que beaucoup de pays export aient les moyens de telles ambitions. Un autre risque est évidemment que l'avion n'arrive trop tard pour saisir les opportunités de marché, particulièrement au Moyen-Orient et en Afrique", souligne-t-elle.

EADS a confirmé le 5 mars être parvenu à un "accord de principe" au sujet du partage des surcoûts de l'A400M avec les sept pays* de l'Otan à l'origine de son lancement. Celui-ci autorise la poursuite du programme et le maintien des 40.000 emplois liés en Europe.

EADS OPTIMISTE

Les forces armées du monde entier sont confrontées au vieillissement de leurs avions de transport logistique. Ces derniers sont en outre de moins en moins adaptés aux exigences des zones de conflit actuelles, à l'image de l'Afghanistan, et aux besoins des missions civiles et humanitaires.

"Le potentiel de l'A400M à l'exportation est bien plus élevé que celui du contrat actuel de 180 appareils, je pense que l'on peut aisément doubler ce chiffre, rien qu'en tenant compte du remplacement des C-130 en service", déclarait Louis Gallois, président exécutif d'EADS, lors de la présentation des résultats annuels du groupe le 9 mars.

Sur un marché global des avions de transport militaire estimé à quelque 700 unités d'ici à 2025, le directeur général d'Airbus Military, Domingo Urena, estime que la part potentielle de l'A400M pourrait s'élever à 500 avions.

A l'exception des sept pays de l'Otan déjà clients de l'A400M, la Malaisie a signé une commande pour quatre appareils. EADS espère par ailleurs convaincre l'Afrique du Sud de revenir sur sa décision d'annuler huit unités et a pris contact avec plusieurs pays d'Asie en attendant de sonder les Etats-Unis.

Capable de transporter deux hélicoptères d'attaque, ou jusqu'à 116 soldats, et de se poser sur des pistes de sable ou de boue, l'A400M rivalise essentiellement avec deux autres appareils: le C-17 Globemaster de l'américain Boeing et le C-130J Super Hercules de son compatriote Lockheed Martin, successeur du C-130 Hercules dont des exemplaires ont été acquis par près de 70 pays.

COURT TERME

Surcoûts compris, le prix unitaire de l'A400M est évalué à 153 millions d'euros (210 millions de dollars environ), une estimation prudente compte tenu des aménagements disponibles. Le C-130J est accessible moyennant une dépense d'environ 60 à 100 millions de dollars tandis que le C-17 est proposé à partir de 250 millions de dollars.

A plus court terme, Airbus reste confronté à deux défis majeurs.

Le constructeur devra d'abord veiller au bon déroulement de la production de l'A400M sans accumuler de nouveaux retards - qui se matérialiseraient de facto par de nouvelles provisions - et obtenir des conditions favorables pour le remboursement d'une aide publique de 1,5 milliard d'euros.

Les pays de l'Otan clients sont convenus d'apporter deux milliards d'euros au programme ainsi qu'une enveloppe complémentaire de 1,5 milliard d'euros remboursable via un pourcentage sur les recettes futures des ventes de l'avion à l'export (Export Levy Facilities).

Au-delà, EADS devra recouvrir les provisions déjà passées dans le cadre du projet, soit 4,2 milliards d'euros, autant de charges qui ne rendent les performances du turbopropulseur à l'export que plus indispensables.

Avec la contribution de Tim Hepher, édité par Jean-Michel Bélot

Copyright © 2010 Thomson Reuters

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