(BFM Bourse) - Les retards du programme de l'avion de transport militaire A400M font peser un lourd risque sur sa pérennité. Lancé en 2003, le programme A400M, dont la responsabilité a été confiée à Airbus Military SL (filiale d'Airbus), prévoit la livraison de 180 avions de transport tactique à 7 Etats européens, dont la France (qui en a commandé 50), pour un prix de l'ordre de 20 milliards d'euros.
Mais un rapport conjoint publié le 10 février par la commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées et la commission des finances, rappelle que le contrat prévoit que si le premier vol a un retard de plus de 14 mois, les Etats peuvent abandonner le programme en récupérant les sommes versées : le premier vol ayant été prévu pour janvier 2008, cela signifie qu'une telle éventualité devient envisageable à compter du début du printemps 2009.
En effet, le 9 janvier 2009, EADS a annoncé qu'en raison des problèmes de certification du système de contrôle des moteurs (le FADEC) le premier vol était prévu vers la fin de 2009, et que la première livraison serait décalée d'environ 3 ans.
« Dans ces conditions, l'avenir du programme devrait se jouer en avril 2009 », indique le rapport, qui souligne le pari risqué que constituait ce programme : il s'agissait de réaliser en 6 ans et demi ce que les autres industriels faisaient habituellement en 15 ans, avec un avion, un moteur entièrement nouveaux, une avionique innovante, à un prix contraint, et sans programme de réduction des risques.
Il explique en outre que « EADS et les Etats ne se sont pas donné les moyens de remporter ce pari ». EADS n'a pas réalisé à temps qu'un avion de transport tactique n'était pas un « avion de transport civil peint en vert » et la répartition des responsabilités entre Airbus et Airbus Military a été peu efficiente.
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