par Claude Chendjou
LE BOURGET (Reuters) - Hervé Morin, ministre français de la Défense, assure que le programme A400M d'EADS ne sera pas abandonné, alors que l'avion de transport militaire accuse un retard conséquent et ne dispose toujours pas d'un calendrier de livraison.
"La France et ses partenaires européens ont conscience que l'A400M est un programme majeur et personne ne veut l'abandonner", a-t-il souligné au 48e salon aéronautique du Bourget.
Le ministre s'exprimait en marge de la signature des contrats de pôles de compétitivité aéronautiques avec les régions Île-de-France, Midi-Pyrénées, Aquitaine et PACA.
Le programme A400M, évalué à quelque 20 milliards d'euros, est soutenu notamment par la France, l'Allemagne, la Grande-Bretagne et l'Espagne qui ont passé commande pour leurs forces armées auprès d'EADS. Il suscite l'inquiétude en raison d'un retard évalué à au moins trois à quatre ans.
Selon Hervé Morin, "le sentiment est désormais partagé par tout le monde et non plus seulement la France que le programme A400M doit être sauvé".
"Lors de notre réunion jeudi dernier en marge de l'Otan, j'ai constaté que personne n'avait décidé de quitter le programme", a-t-il expliqué, estimant que l'Europe dispose avec l'A400M d'une occasion unique pour son industrie aéronautique.
CONSENSUS FRANCO-ALLEMAND
Pour le ministre français, il existe même un consensus franco-allemand sur l'avenir de l'A400M et les positions avec les autres pays se rapprochent, même si des divergences subsistent.
Jeudi dernier, le président Nicolas Sarkozy a déclaré que Paris et Berlin se donnaient six mois pour prendre une décision sur l'A400M.
"Les essais sur l'A400M se passent bien, le moteur donne entièrement satisfaction. Tout cela me permet de dire que la lumière semble au bout du tunnel", a assuré Morin.
Selon lui, les pays qui ont commandé l'avion militaire souhaitent désormais avoir une discussion sur la nouvelle proposition d'EADS au sujet des surcoûts, des pénalités de retard, de la cadence des livraisons et du risque industriel qui pèse sur le groupe, pour trancher sur l'A400M.
"Il y a aussi une équation budgétaire à résoudre car il faut acheter ou louer des avions tout en finançant le programme A400M qui est en retard", a-t-il ajouté.
Sur ce point, selon Morin, l'Allemagne souhaite une "vraie transparence", tandis que la Grande-Bretagne pose des conditions.
Sept pays ont passé commande pour un total de 180 exemplaires de l'A400M et EADS risque de devoir payer des milliards d'euros de pénalités liées aux retards de livraison, ce qui pourrait lourdement l'handicaper.
En outre, en cas d'annulation du programme, 5,7 milliards d'euros avancés par les gouvernements européens devront être remboursés.
"Quoi qu'il arrive, il y aura des surcoûts dans le programme A400M", a prévenu Morin.
Interrogé par ailleurs sur l'absence de commandes à l'étranger de l'avion Rafale, le ministre a expliqué que l'appareil était difficile à vendre car "il faut prendre des décisions sur 30 ou 40 ans".
"Un Rafale ne se vend pas comme une voiture. Il ne s'agit pas seulement de choisir la couleur des sièges. Il y a un long débat sur l'évolution de l'appareil, sa maintenance, ses spécifications (...)", a-t-il ajouté.
Edité par Benoît Van Overstraeten
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