Connexion
Mot de passe oublié Pas encore de compte ?

AIRBUS GROUP

AIR - NL0000235190 SRD PEA PEA-PME
169.980 € +0.95 % Temps réel Euronext Paris

Airbus group : En baisse de près de 15% depuis le début de l'année, Airbus a-t-il trop souffert en Bourse au vu de ses perspectives (prometteuses) de long terme?

Aujourd'hui à 11:54
Airbus peut-il redécoller en Bourse?

(BFM Bourse) - Plusieurs analystes ont refait leurs calculs sur le groupe aéronautique ces derniers jours. Citi estime qu'une opportunité se dessine sur le titre en raison de la valorisation peu exigeante, tandis que Barclays bat en brèche certaines craintes. De son côté, Jefferies estime qu'il est trop tôt pour se positionner sur le titre.

Airbus signe un début d'année décevant. L'avionneur abandonne 15,3% depuis le 1er janvier, sous-performant largement le CAC 40, qui recule de 3,3% sur la même période.

Comme l'ensemble des entreprises cycliques, Airbus a pâti en Bourse d'un climat général d'aversion au risque dû à l'éclatement du conflit en Iran.

La société avait, auparavant, déjà mal débuté l'année. Sur les deux premiers mois de 2025, Airbus n'a livré que 54 avions, en baisse de 17% sur un an.

"Nous continuons de penser que le rythme des livraisons jusqu'à présent en 2026 est inférieur aux attentes des investisseurs", a écrit Royal Bank of Canada.

>> Accédez à nos analyses graphiques exclusives, et entrez dans la confidence du Portefeuille Trading

Surtout, Airbus a grippé les investisseurs lors de la publication de ses résultats annuels le 19 février dernier. En raison de problèmes d'approvisionnement de moteurs auprès de Pratt & Whitney, Airbus a annoncé des perspectives 2026 décevantes, que ce soit au niveau des livraisons (870 avions), du résultat opérationnel ou de la génération de cash.

Pratt & Whitney fournit un peu plus de 40% des moteurs équipant la famille 320neo, les monocouloirs phares d'Airbus, véritable cash-machine de la société.

Pour ces mêmes raisons, la société a une nouvelle fois du revoir son plan de vol de moyen terme sur la production. Airbus compte parvenir à un objectif de 75 avions A320 neo produits chaque mois. Annoncé une première fois en 2020 pour 2025, cette cible a été repoussée à 2026 puis 2027.

"Un scepticisme persistant"

Airbus a, il y a deux semaines, de nouveau décalé (pour la quatrième fois) cette cible. Le groupe évoque une cadence "de 70 à 75" avions par mois d'ici à la fin de l'année 2027 qui serait ensuite stabilisée à un rythme de 75 "par la suite".

Or la montée en cadence de cette famille reste cruciale dans la thèse d'investissement sur le titre, car elle conditionne pour beaucoup l'amélioration de la génération de cash. Et donc, par ricochet, sa capacité à investir et à rendre des liquidités à ses actionnaires.

Au vu de la baisse actuelle du cours, le marché s'est-il toutefois montré trop pessimiste au point d'en oublier les perspectives prometteuses de l'avionneur à long terme?

C'est en tout cas l'avis de Barclays. Dans une note publiée ce lundi, la banque britannique a réitéré son conseil à "surpondérer" avec un objectif de cours à 220 euros qui accorde un potentiel de 30% au titre au cours de clôture de vendredi.

La banque britannique fait face à "un scepticisme persistant". "Le cours de l'action Airbus reflète une décote liée à la performance opérationnelle qui surestime les difficultés à court terme et sous-estime le potentiel de croissance du flux de trésorerie disponible à moyen terme", résume Barclays.

"À mesure que les goulets d'étranglement au niveau de l'offre s'atténuent et que l'absorption des coûts fixes ainsi que le 'pricing' (les prix) s'améliorent, nous voyons s'ouvrir une voie claire vers une progression du bénéfice par action et du flux de trésorerie disponible à partir de 2028", ajoute la banque britannique.

L'établissement liste une série de préoccupations exprimées par les investisseurs tout en y répondant. Premièrement, le marché voit des risques sur la trajectoire des livraisons d'Airbus, qui, il est vrai, a été corrigée plusieurs fois ces dernières années.

Barclays fait valoir que les difficultés d'Airbus étaient, il y a encore quelque trimestres, généralisées sur l'ensemble de sa chaîne de production.

Désormais ces problèmes sont concentrés sur un nombre restreints d'éléments dont, donc, les moteurs GTF de Pratt&Whitney, ce qui montre une amélioration. D'autant qu'en parallèle, la production de LEAP de CFM International (coentreprise de Safran et de GE Aerospace), les moteurs qui équipent entre 55 et 60% des avions A320 neo, augmente. Ce qui soutient la thèse d'une hausse de la cadence des livraisons. Barclays retient un chiffre de 871 unités en 2026, 982 unités en 2027 et 1.100 en 2028.

De résultats voués à augmenter

Autre motif de grief du marché: le faible levier opérationnel d'Airbus. C'est-à-dire sa capacité insuffisante à faire progresser ses résultats quand ses revenus augmentent.

"Le scepticisme des investisseurs tient principalement à l'absence de progression du résultat opérationnel en 2026, malgré une hausse des livraisons", note Barclays. Airbus a en effet annoncé viser un résultat opérationnel ajusté quasi stable (7,5 milliards d'euros contre 7,1 milliards en 2025) alors que les livraisons sont attendues en progression de près de 10%.

Mais Barclays explique que cette dichotomie entre progression des livraisons et des résultats s'explique par des facteurs temporaires, tels que des effets de changes, l'impact des droits de douane, les coûts d'intégration liés au rachat de certaines activités de l'équipementier Spirit ou une hausse des dépenses de R&D.

Mais à compter de 2028, la croissance des bénéfices devrait augmenter significativement "à mesure que la montée en puissance de l'A350 améliore l'absorption des coûts fixes et que les effets sur les prix de la famille A320 opérés après 2022 se répercutent sur le compte de résultats", avance Barclays.

La banque voit le résultat opérationnel progresser de 45% entre 2026 et 2028 pour atteindre 11 milliards d'euros tandis que le flux de trésorerie par action passerait à 10,4 euros contre 5,7 euros en 2026.

Autre point: les investisseurs redoutent que le pic de génération de cash surviennent juste au moment où Airbus devra investir massivement dans un monocouloir de nouvelle génération.

"Nous estimons que ces craintes surestiment le risque lié au calendrier", répond Barclays.

"La feuille de route technologique d’Airbus pour 2025 vise une amélioration de 20 à 30% de l'efficacité en matière de consommation de carburant pour un avion monocouloir de nouvelle génération qui entrera en service à la fin des années 2030", poursuit Barclays.

Un conflit au Moyen-Orient qui peut accélérer le renouvellement des flottes

"Ce qui implique qu’un lancement vers 2030 et au-delà, et non en 2027-2028, est plus réaliste compte tenu des délais de développement de la propulsion, la maturité de la cellule et les contraintes financières du secteur (notamment le niveau élevé de la dette nette de Boeing et le flux de trésorerie négatif de Pratt & Whitney pour les moteurs GTF jusqu'en 2028)", écrit encore la banque.

Au-delà de Barclays, Citi avait, la semaine dernière, relevé son opinion à l'achat sur Airbus, contre "neutre" précédemment.

La banque américaine voyait un point d'entrée sur le titre et expliquait que les investisseurs oubliaient les divisions défense et hélicoptères du groupe qui devraient connaître une importante amélioration de leurs résultats dans les prochaines années.

Concernant les livraisons de 2026, la banque américaine se voulait rassurante. Si les mois de janvier et février se sont avérés faiblards, les cycles de premiers vols d'avions (un indicateur avancé des livraisons) ont montré des signaux encourageants.

"Si l'on considère les premiers vols, qui constituent selon nous un meilleur indicateur de la production, Cirium (un cabinet spécialisé, NDLR) en recense 58 pour le mois de février, ce qui reste en deçà de nos attentes (nous tablions plutôt sur 64 à 70, soit 7,5 à 8% du total de l'exercice), mais la situation s'améliore indéniablement", appuie Citi.

L'établissement avançait également que la récente remontée du dollar soutiendra les résultats du groupe (la plupart des revenus d'Airbus sont libellés en dollars quand ses coûts sont exprimés en euros).

Dernier point abordé par Citi: le conflit au Moyen-Orient et ses répercussions. La banque note que le marché est préoccupé par l'impact de cette guerre sur le trafic aérien et donc, par ricochet, sur la demande de nouveaux avions.

L'établissement juge ces craintes "compréhensibles". Mais Citi explique que cette guerre a aussi un impact favorable, avec la récente hausse des cours du pétrole.

"Des prix du pétrole plus élevés augmentent habituellement la logique rationnelle pour acheter de nouveaux avions", rappelle l'établissement.

Jefferies met également en avant ce point dans une note sectorielle écrite vendredi soir après la clôture du marché.

Traditionnellement, lorsque les cours du pétrole grimpent, les avionneurs sont "boostés tant que le trafic aérien n'est pas significativement affecté par le prix plus élevé du pétrole", explique la banque. Ce car un bond des hydrocarbures a tendance à accentuer le besoin de renouvellement des flottes des compagnies aériennes vers des modèles d'avions plus économes en carburant.

Au vu de ces éléments, "nous considérons que la réaction (négative, NDLR) sur le cours de l'action Airbus est légèrement excessive, mais il nous faudrait voir une amélioration des livraisons avant d'adopter un point de vue plus positif" sur l'action, tranche Jefferies. L'établissement confirme en conséquence son opinion à "conserver" sur le titre.

La banque reconnaît toutefois, malgré ces risques sur l'exécution, qu'une hausse prolongée des prix du pétrole pourrait l'amener à réévaluer son opinion.

Julien Marion - ©2026 BFM Bourse
Vous suivez cette action ?

Recevez toutes les infos sur AIRBUS GROUP en temps réel :

Par « push » sur votre mobile grâce à l’application BFM Bourse


Par email

Forum suspendu temporairement
Portefeuille Trading
+331.60 % vs +60.20 % pour le CAC 40
Performance depuis le 28 mai 2008

Newsletter bfm bourse

Recevez gratuitement chaque matin la valeur du jour