par Matthias Blamont et Tim Hepher
PARIS (Reuters) - EADS estime que la baisse de l'euro devrait se poursuivre même s'il n'entrevoit pas de contribution positive des changes sur ses résultats avant 2012.
Le groupe européen d'aéronautique et de défense a confirmé ses perspectives annuelles vendredi en dépit de résultats du premier trimestre en nette baisse du fait de la dégradation de ses couvertures et des difficultés persistantes de la production de l'A380.
EADS continue de constater une amélioration progressive de l'environnement macro-économique mondial, notamment grâce au dynamisme des pays émergents. Airbus, sa principale division, prévoit de placer 250 à 300 commandes brutes cette année et de livrer à peu près autant d'avions qu'en 2009 (498).
La détente de l'euro, un soutien pour les marges du constructeur qui vend ses avions en dollars, devrait se prolonger selon le directeur financier Hans-Peter Ring. Depuis le 1er janvier, la monnaie unique recule de plus de 12% face à la devise américaine et se traitait autour de 1,2515 dollar en milieu de matinée, non loin d'un plus bas de 14 mois.
Ce nouveau repli bénéficie directement au titre EADS. Vers 10h40 l'action gagnait 2,77% à 15,96 euros à la Bourse de Paris.
"Le principal 'driver' du titre à court terme en l'absence d'éléments nouveaux, positifs ou négatifs, sur l'A350 (l'avion long courrier de nouvelle génération d'Airbus, ndlr) sera la faiblesse de l'euro contre le dollar", écrit Natixis Securities dans une note de recherche.
Au cours d'une conférence téléphonique, Hans-Peter Ring a néanmoins prévenu que les couvertures contractées en 2010 et 2011 empêcheraient le raffermissement du billet vert de soutenir les résultats cette année et l'an prochain.
"Après la crise du secteur financier, nous avons assisté à la crise de certains pays suivie de la crise de l'affaiblissement de l'euro qui devrait encore durer un certain temps", a-t-il dit.
Le dirigeant a précisé que le taux de couverture moyen pour la fin de l'exercice se situait à 1,37 dollar pour un euro.
PRIORITÉ ABSOLUE
La remontée du dollar intervient cependant dans le cadre d'un contexte économique particulièrement difficile en Europe et EADS ne reste pas moins soumis à la forte pression induite par la gestion de deux grands programmes, le très gros porteur A380 et l'avion de transport militaire A400M.
Airbus n'est toujours pas parvenu à propulser la production de l'A380 à un stade industriel tandis que l'impact définitif des difficultés liées à l'A400M ne seront connues qu'une fois terminées les discussions, toujours en cours, avec les fournisseurs d'EADS et les pays clients.
En 2009, le groupe avait été pénalisé par une "provision A400M" de 1,8 milliard d'euros et par une charge de 240 millions d'euros relative à l'A380.
Hans-Peter Ring n'a pas souhaité communiquer de détails financiers sur l'A380 au titre du premier trimestre.
EADS vise un chiffre d'affaires "globalement stable" sur la base d'un euro à 1,40 dollar cette année et un résultat opérationnel ajusté d'environ un milliard d'euros.
"La priorité absolue est la tenue de nos engagements. Il nous faut faire des progrès sur l'A380, finaliser avec les Etats clients l'amendement au contrat de l'A400M, tout en progressant sur le volet technique", explique Louis Gallois, président exécutif d'EADS dans un communiqué.
HAUSSE DES PRISES DE COMMANDES
L'autre priorité du groupe se situe aux Etats-Unis. EADS a jusqu'au 9 juillet pour remettre une proposition ferme à l'armée de l'air américaine pour le renouvellement de ses avions ravitailleurs. Le contrat est estimé à quelque 50 milliards de dollars (39,9 milliards d'euros).
Un texte de loi destiné à obliger le Pentagone à prendre en compte les subventions dont bénéficient Airbus et Boeing a été présenté jeudi devant les deux chambres du Congrès et pourrait avantager le constructeur de Seattle.
Au cours de la période janvier-mars, le résultat opérationnel avant amortissement des écarts d'acquisition et éléments exceptionnels d'EADS s'est établi à 83 millions d'euros, en baisse de 64%. Le résultat net recule de 39% à 103 millions tandis que le chiffre d'affaires progresse de 6% à 8,95 milliards d'euros.
Les prises de commandes marquent une augmentation de 54% à 14,38 milliards d'euros. Dans le même temps, l'impact de la détérioration des taux de change sur le résultat opérationnel d'Airbus, en baisse de 92% à sept millions d'euros, est estimé à environ 400 millions d'euros.
Les analystes interrogés par Inquiry Financial Europe AB anticipaient en moyenne un résultat opérationnel ajusté de 98 millions d'euros, une perte nette de 14 millions d'euros et un chiffre d'affaires de 8,78 milliards.
Edité par Matthieu Protard
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