par Matthias Blamont
LE BOURGET (Reuters) - EADS souhaite améliorer la gestion de son parc immobilier et réfléchit à des opérations susceptibles de dégager des liquidités supplémentaires, déclare Louis Gallois, président exécutif du groupe européen d'aéronautique et de défense.
"J'ai effectivement demandé à ce que le 'real estate' fasse l'objet d'une gestion commune au sein du groupe. Le 'real estate' fait partie des leviers permettant de générer du cash", a-t-il dit à Reuters en marge du 48e salon aéronautique du Bourget.
"La période actuelle n'est pas très favorable à des cessions immobilières, il n'y a donc aucun calendrier, et EADS pourra engager des cessions mais également d'autres opérations comme le leasing, on verra", a-t-il ajouté.
Un porte-parole d'EADS a indiqué que la société étudiait la mise en place de pratiques "partagées" en vue d'adopter une "organisation commune". Selon lui, il ne devrait pas y avoir d'entité juridique spécifique en charge des questions immobilières.
Face à la crise, les groupes industriels veulent préserver leur trésorerie. A fin mars, celle d'EADS s'élevait à 8,7 milliards d'euros.
Pour comprimer leurs coûts, aux côtés des plans d'économies classiques, de nombreuses entreprises ont la possibilité de vendre des terrains et des bureaux ou de céder des installations tout en restant locataire.
"Il s'agit clairement d'une source de liquidités intéressante. Le parc immobilier d'EADS est bien amorti avec des emplacements attractifs en Europe", souligne Yan Derocles, analyste auprès d'Oddo Securites.
"EADS a encore le temps d'y réfléchir car le groupe a plusieurs moyens à sa disposition pour faire rentrer du cash. Il dispose notamment de lignes de crédits non tirées, certains de ses programmes sont éligibles à la Banque européenne d'investissement et il peut faire appel au marché obligataire", ajoute-t-il.
"En outre il y a les plans d'économies lancés chez Airbus et au sein de toute l'entreprise. Mais la consommation de trésorerie d'EADS devrait être importante au cours des trois prochaines années, notamment avec la consommation des provisions passées pour les retards du gros porteur A380, le financement client, la gestion de l'avion militaire A400M et le développement du futur A350", met-il en avant.
Renault a annoncé en début d'année un programme de cessions immobilières, notamment en Île-de-France, qui pourrait, selon son P-DG Carlos Ghosn, permettre au constructeur automobile de récupérer jusqu'à un milliard d'euros.
Le distributeur Carrefour a relancé en décembre 2008 un projet d'externalisation de son patrimoine immobilier. Il était estimé en juillet dernier autour de 24 milliards d'euros.
Edité par Benoît Van Overstraeten
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