par Jean-Michel Bélot
PARIS (Reuters) - EADS annonce une remise à plat de son programme d'avion de transport militaire A400M, dont la complexité a déjà donné lieu à des retards et à d'importantes provisions pour le groupe européen d'aéronautique et de défense.
Dans un communiqué, EADS a indiqué que les premières livraisons interviendraient environ trois ans - et non plus deux ans - après le premier vol de l'appareil, qui n'était déjà pas attendu avant le deuxième semestre 2009.
L'assemblage de l'avion de transport de troupes, destiné à remplacer des C-130 Hercules de Lockheed Martin et des C-160 Transall de forces aériennes en Europe, en Malaisie et en Afrique du Sud, a accumulé les déconvenues ces derniers mois, notamment en raison de contentieux industriels entre le constructeur et ses motoristes, un consortium réunissant Snecma, filiale du français Safran, et le britannique Rolls Royce.
Le moteur à hélice a été testé en vol en décembre dernier, mais des problèmes restent à régler au niveau du système électronique Fadec qui gère la propulsion du quadrimoteur, un programme de quelque 20 milliards d'euros.
EADS a déjà provisionné 341 millions d'euros dans ses comptes du troisième trimestre - après une addition de 1,4 milliard d'euros en 2007 - et a engagé des négociations avec les pays clients, au premier rang desquels figurent l'Allemagne et la France, afin de réduire le montant des pénalités de retard qu'Airbus Military est censé verser dans le cadre du contrat signé avec les pays en 2003. L'A400M cumule d'ores et déjà un an et demi de retard.
PROBABLE ASSOUPLISSEMENT DES PÉNALITÉS
L'an dernier, le ministre de la Défense français, Hervé Morin, avait ouvert la porte à un assouplissement des conditions financières imposées à EADS à condition que le groupe s'engage sur un programme ferme de livraisons. L'Allemagne, qui est également un important client, a jusqu'à présent adopté une position plus intransigeante.
Airbus Military, qui discute toujours avec les motoristes afin de fixer une date pour le premier vol d'essai, propose de ne relancer la production en série qu'une fois que le programme aura atteint "la maturité nécessaire", c'est-à-dire après des essais en vol concluants.
L'A400M a été conçu dès le départ comme un programme extrêmement complexe, doté des dernières sophistications en matière de systèmes de vol et de performances. Le contrat a également été mal négocié au départ, avec des clauses de pénalités de type civil alors qu'il s'agissait d'un programme où les clients militaires ont tendance à multiplier les exigences, au risque de rendre le programme ingérable.
La "nouvelle approche" proposée par EADS devrait ainsi consister à livrer les premiers appareils dans un standard simplifié, puis dans le standard définitif au lieu de chercher à livrer d'emblée des appareils dans leur version définitive, ce qui paraît hors d'atteinte actuellement.
Ce système a déjà été utilisé dans le passé, notamment pour l'avion de combat Rafale de Dassault Aviation, qui a été livré en plusieurs standards à l'armée de l'air française et à la Marine.
EADS a réorganisé en décembre dernier Airbus Military afin d'améliorer la gestion de ce programme militaire, qui jusqu'ici enregistré 192 commandes.
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