PARIS (Reuters) - EADS réaffirme son engagement dans le programme de construction de l'avion de transport militaire A400M, après les propos du président d'Airbus, Thomas Enders, à la presse allemande sur le risque d'un échec pur et simple du projet.
"Pour clarifier des déclarations faites à la presse, EADS confirme son plein engagement envers la construction de l'A400M", fait savoir le groupe d'aéronautique et de défense dans un communiqué.
Il rappelle cependant que "le contrat signé en 2003 n'offre pas les conditions nécessaires pour le développement réussi du programme, compte tenu d'un calendrier irréaliste et de la nature commerciale du contrat qui ne cadre pas avec la réalité d'un programme militaire à hauts risques technologiques".
Dans un entretien accordé dimanche au Spiegel Online, Thomas Enders, président d'Airbus, a déclaré que ce dernier pourrait ne pas être en mesure de mener à bien le programme d'avion de transport militaire.
"Dans les circonstances actuelles, nous ne pouvons pas construire l'avion", a-t-il dit, ajoutant qu'il valait mieux annuler le programme plutôt que de s'enfoncer dans les difficultés.
Sept pays - l'Allemagne, la Belgique, l'Espagne, la France, la Grande-Bretagne, le Luxembourg et la Turquie - ont passé commande pour un total de 180 exemplaires de l'A400M et nombre d'ont eux ont exprimé leur mécontentement au regard des trois à quatre ans de retard du programme.
Enders a ajouté qu'il ne ferait pas de "pèlerinage à Berlin ou à Paris pour implorer une poursuite du programme dans des conditions qui ne sont pas acceptables" pour Airbus.
UN SURCOÛT DÉJÀ ESTIMÉ À TROIS MILLIARDS D'EUROS
Le constructeur impute les retards à des problèmes liés à sa motorisation et, plus largement, au système de contrôle de la propulsion (Fadec).
EADS a prévenu début mars que de nouvelles "provisions A400M" étaient susceptibles d'affecter son résultat opérationnel au cours des prochains mois alors que les dépassements des coûts du programme atteignent déjà deux milliards d'euros. Selon certains analystes, les surcoûts pourraient atteindre trois milliards d'euros en 2009.
Lors d'une réunion informelle des ministres de la Défense de l'Union européenne à Prague le 12 mars, il a été décidé qu'un moratoire de trois mois sur l'A400M serait proposé d'ici fin mars à EADS par les sept pays à l'origine du projet d'avion de transport militaire.
"EADS espère que le moratoire sera utilisé par tous les partenaires pour remettre le programme en bonne voie, à des conditions acceptables par toutes les parties", ajoute EADS dans son communiqué lundi.
En Allemagne, le ministère de la défense a fait savoir qu'il n'y avait pas de discussions concernant une éventuelle réduction des commandes (60 avions).
La France, qui doit recevoir 50 exemplaires de l'A400M, a dit ces dernières semaines qu'une diminution du nombre d'appareils commandés faisait partie des options envisagées par les forces armées.
Pascale Denis, édité par Marc Angrand
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