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AIRBUS GROUP

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Airbus group : Eads proche d'une décision sur les ravitailleurs américains

dimanche 28 mars 2010 à 17h05
Eads proche d'une décision sur les ravitailleurs américains

par Andrea Shalal-Esa et Tim Hepher

WASHINGTON/PARIS (Reuters) - EADS est proche d'une décision sur son éventuelle participation à l'appel d'offres pour le contrat géant des ravitailleurs de l'armée de l'air américaine, qui pourrait le conduire à un nouveau duel avec Boeing.

De nombreux éléments permettent de penser que le groupe européen d'aéronautique et de défense va se lancer dans l'aventure maintenant qu'il a obtenu du Pentagone le statut de "primo-contractant" (prime contractor) et qu'il est sur le point, selon plusieurs sources, d'obtenir une prolongation de 90 jours de la procédure, ce qui lui permettrait d'étudier le cahier des charges.

EADS, alors associé à l'américain Northrop Grumman, avait remporté un précédent appel d'offres il y a deux ans mais le secrétaire à la Défense Robert Gates avait par la suite annulé le contrat de 35 milliards de dollars (26 milliards d'euros) après un recours de Boeing.

Northrop a annoncé récemment qu'il renonçait à participer à la nouvelle procédure, jugeant le cahier des charges taillé sur mesures pour Boeing.

EADS, très attaché à prendre pied sur le marché américain, a une vision différente du dossier et des risques mais il n'est pas parvenu à convaincre son ex-allié d'investir les 100 millions de dollars que nécessiterait une nouvelle candidature en tandem.

PROTECTIONNISME

Le retrait de Northrop a suscité des réactions agacées de plusieurs dirigeants politiques européens, qui ont accusé Washington de vouloir barrer la route à Airbus par protectionnisme.

Certains parlementaires américains et des responsables américains ont eux aussi exprimé leur inquiétude face à la perspective d'un appel d'offres gagné d'avance par Boeing faute de concurrence. Un tel cas de figure s'est en effet déjà présenté lors du tout premier appel d'offres pour ce contrat il y a quelques années, débouchant sur le plus gros scandale de corruption impliquant le Pentagone depuis les années 1980.

Ce contexte politique a conduit la défense américaine à accorder à EADS le statut de "prime contractor", c'est à dire la possibilité d'être à l'initiative d'une offre. Le groupe européen entre ainsi dans le cercle fermé des principaux fournisseurs du Pentagone.

Celui-ci a en outre accepté d'examiner la demande de prolongation de trois mois de l'appel d'offres présentée par EADS. Plusieurs sources ont déclaré que sa réponse pourrait être rendue publique dès la semaine prochaine et qu'elle pourrait être suivie par un communiqué d'EADS sur ses intentions.

L'éventualité d'un délai supplémentaire a déjà suscité la colère de certains partisans de Boeing au Congrès.

BATAILLE DIFFICILE

Des sources des deux côtés de l'Atlantique ont déclaré qu'EADS devrait se sentir obligé de présenter une offre même si la bataille s'annonce particulièrement difficile. Plusieurs dirigeants du groupe envisagent une candidature en solo mais n'ont pas encore pris de décision.

"Ils n'en sont pas encore là", a dit une source qui n'était pas autorisée à s'exprimer publiquement sur le dossier.

Scott Hamilton, analyste spécialisé de Leeham, a déclaré s'attendre à une offre d'EADS même si aucune décision n'est adoptée pour l'instant.

"J'ai vraiment le sentiment que le groupe européen penche dans ce sens, malgré leurs réserves sur la manière dont (l'appel d'offres) a été élaboré", a-t-il dit.

"Je crois qu'EADS a repéré une ouverture qui lui permettrait de soumettre une offre avec une chance raisonnable de l'emporter, que Northrop n'avait pas vue et pour des raisons différentes", a-t-il ajouté.

Il a précisé qu'EADS était moins réticent que Northrop à s'engager sur un contrat à prix fixe grâce à son expérience du marché des avions civils.

Le groupe a en outre déjà livré son hélicoptère utilitaire léger UH-72 à l'armée américaine en respectant le calendrier et les coûts, a-t-il noté.

Une source européenne a laissé entendre qu'en renonçant à soumettre une offre, EADS risquerait de rompre ses relations avec le Pentagone alors qu'il convoite d'autres contrats, comme celui de la version armée de l'UH-72.

S'IMPLANTER AUX ÉTATS-UNIS

EADS souhaite en outre ne pas fermer les portes dans le cas où le Congrès ou le Pentagone choisirait finalement d'acheter des ravitailleurs à deux fournisseurs différents.

"S'il y a quelque chose sur la table, surtout en tant que 'prime contractor', alors EADS doit s'impliquer", a dit une source favorable à une candidature mais pas autorisée à s'exprimer publiquement.

Des sources proches du dossier ont déclaré que Tom Enders, le président d'Airbus, restait sceptique sur l'intérêt d'une candidature et qu'il ne souhaitait s'engager dans une nouvelle "aventure" sans avoir pris la mesure des risques encourus, après les déboires rencontrés par le programme d'avion de transport militaire A400M.

Ralph Crosby, un ancien cadre de Northrop qui préside aujourd'hui EADS Amérique du Nord, se montrait également réticent à l'idée d'une telle candidature jusqu'à ce que le Pentagone offre le statut de "primo-contract" au groupe, une décision qui a d'ailleurs surpris bon nombre de responsables au sein d'EADS.

Travailler sur un ravitailleur pour le compte de l'armée américaine permettrait à EADS d'avoir un site de production aux Etats-Unis et d'être à l'abri des fluctuations du taux de change euro-dollar, a souligné Scott Hamilton.

La suite logique pourrait alors être la mise sur pied d'un site de production d'Airbus, une perspective qui est la pire hantise de Boeing, selon cet analyste.

"Boeing déplacerait ciel et terre pour éviter cela", a-t-il souligné.

Marc Angrand pour le service français, édité par Benoît Van Overstraeten

Copyright © 2010 Thomson Reuters

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