par Matthias Blamont et Tim Hepher
PARIS (Reuters) - EADS poursuit ses discussions en vue de trouver un partenaire local pour l'appel d'offres des avions ravitailleurs de l'US Air Force et estime que le prix jouera un rôle décisif dans la décision finale du Pentagone, a déclaré son président exécutif.
Le groupe européen d'aéronautique et de défense, maison mère d'Airbus, a annoncé mardi son intention de soumettre une nouvelle proposition à l'armée de l'air américaine pour ce contrat de renouvellement estimé à quelque 50 milliards de dollars (37 milliards d'euros).
"Nous avons impérativement besoin d'un partenaire local pour une part significative des équipements mais cette fois nous serons maître d'oeuvre. Nous sommes en discussions avec un certain nombre de partenaires", a souligné Louis Gallois, lors d'un petit déjeuner organisé par l'Association des journalistes économiques et financiers (Ajef).
Le partenaire recherché doit avoir l'expérience des contrats militaires et répondre à des critères d'accès confidentiels défense.
"Nous pensons que nous avons le meilleur produit avec un appareil moderne et qui vole. En face, Boeing a un avion de papier. Bien sûr, la question du prix sera un élément décisif", a ajouté Louis Gallois.
EADS a désormais jusqu'au 9 juillet pour remettre une proposition concurrente de celle de son grand rival Boeing. La décision du Pentagone est attendue à l'automne, période d'élections outre-Atlantique.
L'entreprise européenne entend proposer l'A330 MRTT (Multi Role Tanker Transport), un appareil dérivé du biréacteur d'Airbus et rebaptisé KC-45 pour l'occasion, face à un Boeing B767 remanié.
Airbus projette de construire une ligne de montage située à Mobile, dans l'Etat d'Alabama, au sein de laquelle seraient assemblés les KC-45 et des A330 Cargo.
Interrogé sur les chances pour EADS de l'emporter, alors que la participation du groupe à l'appel d'offres est susceptible de déclencher une campagne politique et commerciale agressive, Louis Gallois a répondu que le projet créerait au moins autant d'emplois que celui de Boeing sur le sol américain.
Le dirigeant a également jugé que le dollar restait faible et qu'il constituait toujours une menace.
"Même à 1,35 dollar, le dollar reste faible, surtout si l'on examine la parité dans la durée", a-t-il dit. Vers 12h30, la devise américaine s'échangeait à 1,3425 pour un euro.
Louis Gallois a estimé par ailleurs qu'Arnaud Lagardère, gérant du groupe de médias Lagardère, jouait son rôle d'actionnaire en dépit d'articles de presse évoquant son désintérêt pour EADS. Lagardère contrôle 7,5% du capital d'EADS et envisage de se désengager.
"Arnaud Lagardère joue son rôle, il a toujours soutenu le management quand il a considéré que cela était sain. Je ne m'associe pas à ceux qui disent qu'il se désintéresse de l'entreprise", a-t-il expliqué.
GRAND EMPRUNT EUROPEEN
"Ce n'est pas à moi de parler de sa stratégie", a-t-il poursuivi. Arnaud Lagardère, actuellement sous la pression de l'investisseur Guy Wiser-Pratte, a déclaré lundi dans un entretien au quotidien Le Figaro qu'il prendrait le temps nécessaire pour céder sa participation.
Louis Gallois a par ailleurs défendu l'idée d'un grand emprunt européen pour l'industrie.
"Notre industrie est sous capitalisée. Le tissu des moyennes entreprises ne peut pas faire l'effort d'investissement que d'autres font, je ne crois pas à une Europe sans usine", a-t-il dit.
"L'industrie se fait avec des bureaux d'études et des usines et je rappelle que 75% des clients des entreprises de services sont des industriels. Il y a urgence."
Edité par Jean-Michel Bélot
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