par Tim Hepher et Maria Sheahean
BERLIN (Reuters) - Le président exécutif d'EADS a tenté d'apaiser les craintes relatives à une éventuelle divergence de vues entre la France et l'Allemagne sur la gestion de la crise de la dette publique en Europe.
Selon Louis Gallois, les deux plus grandes économies de la zone euro savent qu'elles doivent travailler ensemble.
"Je ne crois pas que la France et l'Allemagne divergent. Les deux pays peuvent avoir des opinions différentes mais ils savent tous les deux qu'ils n'ont pas d'autre choix que de travailler ensemble", a-t-il dit au cours d'une conférence de presse organisée au salon aéronautique de Berlin.
La crise de la dette souveraine dans la zone euro a mis en lumière les différences d'approche de Paris et de Berlin, notamment au regard de la situation budgétaire de la Grèce et de l'avenir de la gouvernance économique.
La situation d'EADS, maison mère d'Airbus et née en 2000 de la fusion entre des groupes aéronautiques allemand, français, espagnol et un temps britannique, est souvent perçue comme un baromètre des relations entre Paris et Berlin.
"Je ne suis pas vraiment pessimiste au sujet du dialogue franco-allemand. Sur beaucoup de sujets, la France et l'Allemagne peuvent diverger mais au bout du compte, elles doivent trouver des solutions communes, si ce n'est pas le cas, il n'y a plus d'Europe, nous le savons", a souligné Louis Gallois.
"Sur de nombreux sujets, l'Europe va au bord du gouffre. (La France et l'Allemagne) trouvent des solutions lorsqu'elles sont au bord du gouffre", a-t-il poursuivi.
La France milite pour la création d'une sorte de gouvernement économique de la zone euro assorti de réunions régulières de ses 16 dirigeants. L'Allemagne, de son côté, plaide pour davantage de discipline budgétaire.
Louis Gallois a également noté que l'euro, qui s'est déprécié de près de 16% depuis le 1er janvier contre le dollar, n'était pas "faible" mais revenu à une valeur "raisonnable."
Le titre EADS a bondi de 6,13% à 17,2 euros à la Bourse de Paris.
L'A380 SOUS CONTRÔLE
Airbus a créé la surprise mardi à l'occasion de l'ouverture du salon de Berlin après l'annonce d'une commande géante de 32 gros porteurs A380 placés auprès de la compagnie Emirates , un contrat estimé, sur la base des prix catalogue, à près de 11,09 milliards de dollars (9,3 milliards d'euros).
Louis Gallois a estimé que les problèmes industriels de l'A380 étaient désormais sous contrôle et que les dépenses du programme avaient été pour la première fois conformes aux prévisions au premier trimestre.
Le dirigeant a ajouté qu'EADS disposait de suffisamment de trésorerie pour effectuer des acquisitions de taille raisonnable dans la défense, la sécurité ou les services et que la priorité irait aux Etats-Unis, même avec un dollar plus fort.
Au sujet de l'avion de transport militaire A400M, un programme en retard de près de quatre ans, Louis Gallois a indiqué que l'avenant au contrat prévu dans le cadre d'un accord intervenu en mars pour le financement de l'appareil ne serait peut-être pas signé fin juin mais plutôt après l'été.
Lutz Bertling, directeur général d'Eurocopter, autre division du groupe, a de son côté reconnu que le programme des hélicoptères de combat Tigre enregistrait des difficultés pour lesquelles l'entreprise était responsable mais a également estimé que la bureaucratie allemande avait contribué aux retards.
Avec Ben Berkowitz, Crispian Balmer et Matthias Blamont, édité par Nicolas Delame
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