par Tim Hepher et Kirstin Gehmlich
PARIS/BERLIN (Reuters) - Le groupe aéronautique EADS a réaffirmé lundi son engagement dans le programme de construction de l'avion de transport militaire A400M après les propos du président d'Airbus, Thomas Enders, à la presse allemande sur le risque d'un échec pur et simple du projet.
Lundi, EADS a assuré vouloir continuer à développer le projet tout en réclamant davantage de temps.
"EADS redit que le contrat signé en 2003 ne contient pas les conditions nécessaires au succès du programme" et a évoqué "un calendrier irréaliste".
Sept pays - l'Allemagne, la Belgique, l'Espagne, la France, la Grande-Bretagne, le Luxembourg et la Turquie - ont passé commande pour un total de 180 exemplaires de l'A400M et nombre d'ont eux ont exprimé leur mécontentement au regard des trois à quatre ans de retard du programme.
Le président d'Airbus Thomas Enders a déclaré à l'hebdomadaire Der Spiegel que le groupe aéronautique pourrait ne pas être en mesure de mener à bien le programme si le contrat le liant à ses clients n'est pas modifié.
Il a également indiqué qu'il ne ferait pas de "pèlerinage à Berlin ou à Paris pour implorer une poursuite du programme dans des conditions qui ne sont pas acceptables" pour Airbus.
EADS risque de devoir payer des milliards d'euros de pénalités pour ces retards, ce qui pourrait lourdement handicaper le groupe. Et en cas d'annulation du programme, le consortium devrait rembourser les 5,7 milliards d'euros avancés par les gouvernements européens.
Lors d'une réunion informelle des ministres de la Défense de l'Union européenne à Prague le 12 mars, il a été décidé qu'un moratoire de trois mois sur l'A400M serait proposé d'ici fin mars à EADS par les sept pays à l'origine du projet d'avion de transport militaire.
Ajoutant à la confusion qui entoure l'avenir de ce programme, un journal allemand, le Rheinische Post, a rapporté lundi qu'Angela Merkel souhaitait remplacer le président du directoire démissionnaire de la Deutsche Bahn Hartmund Mehdorn, par Enders, ce qu'EADS et le gouvernement allemand ensuite démenti.
Le constructeur impute les retards à des problèmes liés à sa motorisation et, plus largement, au système de contrôle de la propulsion (Fadec).
EADS a prévenu début mars que de nouvelles "provisions A400M" étaient susceptibles d'affecter son résultat opérationnel au cours des prochains mois alors que les dépassements des coûts du programme atteignent déjà deux milliards d'euros. Selon certains analystes, les surcoûts pourraient atteindre trois milliards d'euros en 2009.
"EADS espère que le moratoire sera utilisé par tous les partenaires pour remettre le programme en bonne voie, à des conditions acceptables par toutes les parties", ajoute EADS dans son communiqué lundi.
En Allemagne, le ministère de la défense a fait savoir qu'il ne discutait pas d'une éventuelle réduction des commandes (60 avions).
La France, qui doit recevoir 50 exemplaires de l'A400M, a dit ces dernières semaines qu'une diminution du nombre d'appareils commandés faisait partie des options envisagées par l'armée.
"Nous allons discuter pendant trois mois et dans trois mois chacun prendra ses responsabilités", a déclaré lundi le ministre français de la Défense Hervé Morin.
Avec Pascale Denis, version française Nicolas Delame
Copyright (C) 2007-2009 Reuters
Recevez toutes les infos sur AIRBUS GROUP en temps réel :
Par « push » sur votre mobile grâce à l’application BFM Bourse
Par email