par Matthias Blamont et Tim Hepher
PARIS (Reuters) - Airbus répète que le renforcement de l'euro contre le dollar constitue une grande difficulté pour les industriels basés en Europe et appelle les autorités monétaires à "veiller à la stabilité des taux de change".
Le directeur général du constructeur aéronautique, principale filiale du géant européen EADS, a toutefois déclaré à Reuters qu'Airbus ne préparait pas de nouvelles mesures d'adaptation à ce stade.
"Je confirme qu'à ces niveaux-là (l'euro a progressé de près de 20% depuis début février, ndlr), la situation devient très difficile pour l'ensemble des industriels qui ont des coûts en euros. Et nous ne pouvons que plaider pour que les autorités monétaires veillent à une stabilité des taux de changes", a-t-il dit au cours d'un petit-déjeuner de presse organisé par l'Association des journalistes professionnels de l'aéronautique et de l'espace (AJPAE).
Ces propos font écho à ceux du président exécutif d'EADS, Louis Gallois, qui avait déclaré le 28 septembre que l'euro approchait de "la limite" supportable pour l'entreprise.
POWER 8 ETAIT CALÉ SUR UN EURO À 1,35 DOLLAR
Dans le communiqué final de sa dernière réunion le 3 octobre, le groupe des sept pays les plus industrialisés de la planète a pour sa part souligné que l'instabilité des monnaies risquait de déstabiliser l'économie mondiale sans pour autant dévoiler de mesures concrètes.
Pour faire face au raffermissement de l'euro, et alors que les ventes d'Airbus sont libellées en dollars, EADS a annoncé fin 2006 le lancement du programme "Power 8", destiné à permettre à Airbus d'économiser 2,1 milliards d'euros par an à partir de fin 2010. Calé sur un euro à 1,35 dollar, il passera par la suppression de 10.000 postes.
Le plan complémentaire "Power 8+", établi sur la base d'un euro à 1,45 dollar et élargi à EADS, vise de son côté un milliard d'euros d'économies annuelles supplémentaires à compter de fin 2012.
Un troisième plan, baptisé "Future EADS", principalement orienté sur une amélioration de l'intégration des divisions, devrait permettre de générer 200 millions au minimum à la même échéance.
Interrogé sur d'éventuelles nouvelles mesures, Fabrice Brégier a répondu à Reuters "qu'au niveau d'Airbus, la réponse est clairement non".
LIVRER 13 A380 EN 2009
L'euro s'échangeait autour de 1,4765 dollar jeudi vers 13h15. L'action EADS gagnait au même moment 0,34% à 14,92 euros à la Bourse de Paris.
"On ne peut que se féliciter d'avoir lancé 'Power 8' fin 2006 et on ne peut que se féliciter d'avoir étendu 'Power 8' à travers quelques mesures supplémentaires avec 'Power 8+' et 'Future EADS' pour avoir un groupe qui puisse résister à des taux de changes qui sont à peu près ceux qu'on voit actuellement", a expliqué Fabrice Brégier.
Le dirigeant a par ailleurs indiqué qu'il espérait voir Airbus livrer 13 exemplaires du gros porteur A380 cette année. L'entreprise a une nouvelle fois diminué son objectif de 14 à 13 appareils le 29 septembre.
Edité par Gilles Guillaume
Copyright © 2009 Thomson Reuters
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