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AIR FRANCE-KLM

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Air france-klm : Air France-KLM, Safran, Accor, Airbus… Les groupes aériens et du tourisme sont portés en Bourse par de nouveaux espoirs autour d'un accord au Moyen-Orient

Aujourd'hui à 10:31
Air France-KLM progresse en Bourse

(BFM Bourse) - Plusieurs actions évoluent en nette hausse ce lundi à la Bourse de Paris, soutenue par un regain d'optimisme autour de la conclusion d'un accord entre les États-Unis et l'Iran.

Les pourparlers entre Téhéran et Washington continuent de provoquer des rodéos à la Bourse de Paris.

Ce lundi 25 mai, le CAC 40 bénéficie de nouveaux espoirs autour d'un accord entre les deux parties pour mettre fin au conflit au Moyen-Orient. Vers 10h20, l'indice parisien grimpe de 1,1% à 8.205,24 points.

"Tout au long du week-end, des indices laissaient présager un accord imminent entre les États-Unis et l'Iran, même si Trump lui-même a admis qu'il faudrait probablement encore quelques jours. Bien que la situation n'ait pas évolué, le marché est de nouveau porté par l'espoir et réagit clairement à la perspective d'une réouverture du détroit d'Ormuz", écrit XTB.com.

Ce lundi, le secrétaire d'État américain, Marco Rubio, s'est montré optimiste sur la signature d'un accord. "Nous avons ce que je crois être une chose assez solide sur la table en ce qui concerne leur capacité à ouvrir le détroit" d'Ormuz, mais aussi "à entrer dans des négociations" sur le nucléaire iranien, a-t-il déclaré depuis l'Inde où il doit rencontrer le Premier ministre indien, Narendra Modi.

Dans ce contexte, le pétrole chute, le contrat de juillet sur le Brent de mer du Nord perdant 4,15% à 99,24 dollars le baril.

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Air France-KLM et la question de la facture carburant

Ce regain d'optimisme autour des discussions américano-iraniennes propulse une nouvelle fois les actions parisiennes les plus dépendantes de l'évolution du conflit au Moyen-Orient.

Air France-KLM grimpe de 8%. Comme ses rivaux Lufthansa (+4,1% à Francfort) et IAG (qui ne cote pas à Londres où le marché est fermé ce lundi), la maison-mère de British Airways et Iberia, le groupe de transport aérien a été malmené par la hausse des cours du pétrole qui a entraîné un bond des prix du kérosène, un produit raffiné du pétrole.

Sur la semaine achevée le 15 mai, le "jet fuel", le carburant utilisé par les compagnies aériennes, avait grimpé de 80,5% sur un an, selon les données de l'Association internationale du transport aérien (IATA).

Cette hausse des prix s'explique par les coûts de raffinage mais également par le fait que le kérosène ne constitue pas une priorité pour les raffineurs, ne représentant que 9% de la production de produits raffinés, selon l'IATA.

En conséquence, la facture carburant des compagnies aériennes est vouée à s'alourdir. Fin avril, Air France-KLM avait indiqué attendre un coût total de 9,3 milliards de dollars sur l’exercice 2026, soit une hausse de 2,4 milliards de dollars par rapport à l’exercice 2025, dont 1,1 milliard de dollars au deuxième trimestre 2026.

Un hypothétique fin du conflit au Moyen-Orient permettrait d'entrevoir une accalmie sur les prix du kérosène et donc une facture carburant moins salée que redouté par le marché.

Une épée de Damoclès pour Safran

Les groupes aéronautiques Airbus et Safran prennent, eux, respectivement, 2,4% et 4,7%, Safran signant la plus forte hausse du CAC 40.

La trajectoire boursière de Safran reste étroitement liée à celle du trafic aérien. Plus ce trafic est élevé, plus les cycles de vols des avions sont importants et plus les compagnies aériennes et les loueurs doivent amener leurs appareils dans les ateliers pour avoir recours aux services d'après-vente de la société aéronautique.

Safran ne communique pas les marges de ces métiers mais il est communément admis que l'entreprise tire le gros de sa rentabilité de ces services dans la propulsion aéronautique.

Le groupe est, sur ce point, porté par CFM International, sa coentreprise avec l'américain GE Aerospace. CFM produit le CFM56, le moteur le plus vendu au monde, et le LEAP, qui équipe les monocouloirs de nouvelle génération d'Airbus (A320neo) et Boeing (737 Max).

La position de marché dominante de cette société dans les monocouloirs offre un gisement de croissance robuste pour les activités d'après-vente. Selon des données communiquées fin 2024 par Safran, 23.000 moteurs CFM56-5B-7B étaient en service. Et 70% n'avaient effectué aucune visite en atelier.

Mais une chute du trafic aérien est évidemment susceptible de perturber cette mécanique bien huilée. Or, le conflit au Moyen-Orient a logiquement pesé sur les cycles de vols. À titre d'exemple, le cabinet Cirium écrivait, début avril dernier, que 5 millions de passagers avaient subi des annulations de vols entre le 28 février et le 11 mars.

L'IATA, de son côté, estimait qu'au cours des sept premiers jours de mars 2026, environ 85% des vols au départ ou à destination des aéroports du Golfe avait été annulés. "À la fin du mois (de mars, NDLR), moins de la moitié des vols initialement prévus au départ de ces aéroports avaient été assurés", ajoutait l'organisation.

De plus, la hausse des cours du pétrole entraîne de facto un renchérissement des coûts du kérosène et donc de la facture carburant des compagnies aériennes, clientes de Safran.

Pour ces raisons, le conflit laisse planer un risque sur les visites en atelier des compagnies et donc sur les revenus d'après-vente de Safran.

Accor, un groupe hôtelier très exposé au Moyen-Orient

Dans une note publiée le 20 avril dernier, Jefferies redoutait que les compagnies aériennes réduisent le champ ("scope") de leurs visites à compter du troisième trimestre 2026. La fin du conflit au Moyen-Orient effacerait ou atténuerait cette menace.

Dans une mesure bien moindre que Safran, Airbus dégage également certains revenus d'après-vente et le Moyen-Orient représente, par ailleurs, environ 8% de son carnet de commandes selon Citi.

Autre valeur du CAC 40 portée par le regain d'optimisme sur le conflit avec l'Iran, Accor s'adjuge 4,11%.

Le propriétaire d'Ibis et Sofitel est tout simplement le grand groupe hôtelier le plus exposé au Moyen Orient, la région représentant environ 10% de ses revenus contre 6% pour le britannique IHG, selon Barclays.

Fin avril, la société avait rassuré en livrant un revenu par chambre disponible (RevPAR), le grand indicateur du secteur, supérieur aux attentes au premier trimestre.

"Pour la suite, l'évolution du titre dépendra de celui du conflit avec un risque de baisse si la guerre se poursuit au second semestre", prévenait Barclays.

Julien Marion - ©2026 BFM Bourse
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