(BFM Bourse) - La banque américaine a rehaussé son conseil sur l'action du groupe de transport franco-néerlandais pour passer de "pondération en ligne" à "surpondérer", équivalent d'acheter. Morgan Stanley estime que la baisse du titre limite les risques, au point de présenter une opportunité.
Air France-KLM fait logiquement partie des actions qui ont été les plus pénalisées par l'éclatement du conflit au Moyen-Orient.
En raison de l'envolée des cours du pétrole consécutive à cette guerre, les prix du kérosène, un produit raffiné du pétrole, ont flambé.
Sur la semaine achevée le 15 mai, le "jet fuel", le carburant utilisé par les compagnies aériennes, avait grimpé de 80,5% sur un an, selon les données de l'Association internationale du transport aérien (IATA).
Cette hausse des prix s'explique par les coûts de raffinage mais également par le fait que le kérosène ne constitue pas une priorité pour les raffineurs, ne représentant que 9% de la production de produits raffinés, selon l'IATA.
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Un consensus trop pessimiste?
En conséquence, la facture carburant des compagnies aériennes est vouée à s'alourdir. Fin avril, Air France-KLM avait indiqué attendre un coût total de 9,3 milliards de dollars sur l’exercice 2026, soit une hausse de 2,4 milliards de dollars par rapport à l’exercice 2025, dont 1,1 milliard de dollars au deuxième trimestre 2026.
Le groupe a vu son action décrocher de près de 10% depuis le début du conflit au Moyen-Orient.
Toutefois, Morgan Stanley envoie un signal de confiance ce mardi 26 mai. La banque américaine est passée de "pondération en ligne" à "surpondérer" sur la valeur, ce qui revient, dans la nomenclature de l'établissement, à relever son conseil à l'achat.
À la Bourse de Paris, l'action Air France-KLM gagne 2,1% vers 15h30, à la suite de ce relèvement de conseil.
Morgan Stanley explique que le consensus, c'est-à-dire la prévision moyenne de résultats financiers par les analystes, a sévèrement chuté depuis le début du conflit.
Le consensus de bénéfice par action pour 2026 a été abaissé de 26% pour Air France-KLM, contre 13% pour IAG et 22% pour Lufthansa.
L'écart s'avère encore plus marquant sur la génération de trésorerie, réduite de 86% pour le groupe de transport franco-néerlandais contre 18% pour la maison mère de British Airways et 33% pour Lufthansa.
Cet ajustement est tel que Morgan Stanley juge que les risques de baisse sur le titre s'avèrent désormais limités, le marché intégrant largement des résultats moins probants de la part d'Air France-KLM.
L'établissement considère même que l'action présente un couple "rendement-risque" attrayant, avec une valorisation "bon marché" par rapport à ses concurrents.
Morgan Stanley estime au passage qu'Air France-KLM devrait bénéficier au second semestre d'une "configuration favorable" en matière de coûts unitaires (les coûts par sièges kilomètres offerts, c'est-à-dire les coûts rapportés aux capacités), de recettes unitaires et de facture carburant.
Sa valeur préférée dans le secteur reste toutefois IAG, en raison de la résilience de sa génération de trésorerie et sa discipline sur les coûts.
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