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L'inversion de la courbe des taux du Trésor américain inquiète Wall Street

mercredi 14 août 2019 à 17h00
L'inversion de la courbe des taux préoccupe Wall Street

(BFM Bourse) - Au cœur des préoccupations des marchés en décembre dernier, l'inversion de la courbe des taux sur les bons du Trésor américains à deux et dix ans a fini par devenir effective en début d'après-midi, mercredi, pour la première fois depuis 2007. Régulièrement annonciateur d'une récession économique, cet indicateur inquiète particulièrement Wall Street, qui a ouvert en net repli.

Le taux d'intérêt sur les bons du Trésor américains à dix ans est passé temporairement mercredi sous celui des bons à deux ans, un phénomène connu sous le nom d'"inversion de la courbe des taux". Ce mouvement, qui reflète la différence de rendement accordé par l'Etat américain aux investisseurs misant sur sa dette à court ou à long terme, est particulièrement redouté des marchés financiers car il est généralement l'indicateur avancé d'une récession.

Première fois depuis 2007

L'inversion s'est produite vers 13h40, quand le taux à 10 ans est tombé juste en-deçà de celui du taux à 2 ans, autour de 1,62%. Il s'agit de la première fois, depuis 2007, que la courbe des taux s'inverse outre-Atlantique. Dans le même temps, le taux de l'emprunt à 30 ans est lui tombé à son plus bas niveau historique, à 2,0139%. La nouvelle a immédiatement fait chuter les indicateurs de tendance de l'ouverture à Wall Street, qui pointait alors vers un début de séance en baisse de plus de 300 points pour le Dow Jones, tandis que la Bourse de Paris s'est aussi enfoncée dans le rouge, perdant brièvement plus de 2%.

À l'ouverture, la tendance s'est confirmée outre-Atlantique, les principaux indicateurs de la place boursière new-yorkaise abandonnant entre 1,2% pour le Dow Jones et 1,7% pour le Nasdaq.

Alors que les Etats-Unis ont encore des taux positifs, la zone euro est dans "une situation inédite", avec des rendements obligataires négatifs qui flanchent de jour en jour et vont de record en record. Le taux d'emprunt allemand à 10 ans, le Bund, qui fait référence sur le marché de la dette en zone euro, a touché un nouveau point bas historique mercredi descendant à -0,654%. Celui de la France a suivi le même schéma, atteignant -0,373%.

À noter que si les taux américains sont toujours positifs, ils ont également nettement reculé au cours des neuf derniers mois. Début décembre dernier, ceux-ci s'établissaient en effet à 2,76% (à deux ans) et 2,89%, pour les bons du Trésor à 10 ans. Les "Treasuries bonds" à maturité deux et dix ans ont donc abandonné, chacun, plus de 110 points de base (ou 1,1%).

L'inversion de la courbe des taux aux Etats-Unis n'entraîne néanmoins "pas automatiquement une récession à court terme. On peut rester plusieurs mois voire plusieurs trimestres dans une situation d'inversion de courbe sans que l'économie n'entre en récession", a analysé pour l'AFP Cyriaque Dailland, gérant diversifié chez Sanso IS. "Il (ce phénomène, ndlr) confirme cependant une phase de ralentissement de la croissance mondiale" et "augmente la probabilité de récession mais pas systématiquement à très court terme" ajoute le gérant.

Un phénomène pas forcément annonciateur d'une récession

Les courbes de taux sont considérées comme "normales" quand les taux de rendement associés à un placement sont d'autant plus élevés que leur échéance est lointaine. Il apparaît en effet logique d'exiger des taux plus importants pour de l'argent immobilisé plus longtemps. À l'inverse, une situation où les taux courts rapporteraient plus que les longs trahirait donc un manque de confiance dans l'évolution à court terme de l'économie, et serait donc annonciateur d'une récession.

Pour le chef économiste d'UBS Paul Donovan, cette croyance n'a toutefois rien de rationnel. D'abord, cela signifierait que les gérants obligataires soient investis par on ne sait quel miracle d'une capacité à prévoir l'avenir mieux que tous autres intervenants, économistes compris. Ensuite, si une inversion de la courbe des taux prédisait nécessairement une récession, cela devrait se vérifier partout et tout le temps, or ce n'est tout simplement pas le cas. La courbe des taux britanniques, par exemple, est restée inversée pendant des années sans récession alors que la courbe des taux japonais ne s'est pas inversée depuis 1991 malgré plusieurs récessions.

(avec AFP)

Quentin Soubranne - ©2021 BFM Bourse
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