(Zonebourse.com) - Séance hors norme à Wall Street, avec une véritable séquence "portes de saloon" et un retournement à la hausse spectaculaire à partir de la mi-séance, après une chute -plus spectaculaire encore- en matinée (de 15H50 à 18H30). Le Nasdaq-100 a dévissé de pratiquement -4% en ligne droite (28.200 au plus bas) avant de reprendre jusqu'à 3% (vers 29.096) puis d'en terminer à 29.084 (-1,12%).
Les S&P500 qui a perdu plus de 2% à mi-séance n'affiche qu'un insignifiant -0,25% à la clôture et en termine à proximité des 7.400, alors que la cassure des 7.360 (plancher du 19 mai) vers 18H30 était techniquement alarmante.
Le "VIX" qui avait fait une embardée de 22% vers 23,20 en termine à seulement 19,9, soit 5%.
Les investisseurs n'ont pas vraiment compris le motif des premiers -500Pts sur le Nasdaq, mais une forte pression vendeuse s'est exercée très tôt sur les composantes du SOXX et l'indice affichait jusqu'à -8,5% à 522,2$ vers 18H30 (le cauchemar de vendredi soir semblait recommencer) et un véritable miracle s'est opéré dans l'après-midi puisqu'il a repris près de 7% en ligne droite et n'affiche au final que -1,6% à 562$.
Au final, il subsiste quelques replis assez marqués sur Strategy (-8%), Marvell -7,6% (contre -14% au plus bas), Applovin (-7,5%), ARM (-6,2% contre -10% au plus bas) ou encore Qualcomm (-5,7%... après -9%).
Il semble que les "pompiers" (l'autre appellation de la "PPT", ou Plunge Protection Team) soient intervenus pour juguler tout dérapage de Wall Street à 72H de l'IPO de SpaceX, alors que nombre d'opérateurs commencent à se "refaire de la liquidité" avant ce vendredi (en vendant les titres qui avaient le plus monté), sachant que 30% des titres émis sont réservés aux particuliers (contre 5 à 10% lors de précédentes IPO).
Pour revenir sur le film de la journée, une sorte de vent de panique a soufflé sur Wall Street à partir de 16H30 alors que Trump dévoilait qu'un hélicoptère AH-64 Apache aurait été touché par un tir iranien en matinée et s'était écrasé près des côtes d'Oman, ajoutant que "cet acte appelait à une riposte des Etats Unis" (sans plus de précision).
Le même assurait encore quelques heures auparavant "qu'un accord avec Téhéran pourrait être conclu rapidement" (on approche de la trentaine de communiqués de la même teneur depuis le 8 avril).
Selon lui, les discussions seraient entrées dans leur phase finale et pourraient déboucher sur un accord destiné à empêcher l'Iran d'acquérir l'arme nucléaire tout en garantissant la réouverture complète du détroit d'Ormuz.
Le président avait même évoqué la possibilité d'une signature dans les jours à venir, malgré plusieurs annonces similaires restées sans suite depuis le début du conflit.
Téhéran n'a pas revendiqué la destruction de l'appareil, mais plusieurs responsables iraniens ont réagi aux accusations américaines. Le président du Parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, a notamment averti que l'Iran privilégiait la diplomatie tout en se disant prêt à répondre à toute rupture des engagements pris par ses interlocuteurs.
Les spécialistes du marché pétrolier semble pencher pour le scénario d'un accord américano-iranien comme en témoigne le plongeon du cours du "WTI" de -3% vers 88,7$. Mais avant la révélation de "l'incident" de l'Apache-64, le baril s'était enfoncé jusque vers 86$ sur le NYMEX, au plus bas depuis mi-avril (ainsi que le 20/04).
Les dégagements sur le pétrole avaient débuté dès lundi matin alors que les membres de l'OPEP ont annoncé dimanche une 4ème hausse consécutive de leurs quotas, de 188 000 b/j, pour juillet.
Néanmoins, Frédéric Lorec, analyste pétrole chez AlphaValue, rappelle que la production effective du cartel est passée de 42,77 Mb/j en février à 33,19 Mb/j en avril, soit un déficit de 9,6 Mb/j directement imputable à la fermeture du détroit.
"Ils n'ont pas produit plus ; ils ont produit massivement moins. Annoncer des barils supplémentaires dans ce contexte relève de la pure communication. Le détroit étant fermé, ces barils n'atteindront pas le marché", souligne le spécialiste.
Les T-Bonds US ont fini par se détendre, mais sans refléter de réflexe "risk-off" malgré la volatilité des indices US : le rendement du "30 ans" a fini par repasser quelques instants -laborieusement- sous la barre des 5,00%, niveau qui constitue son score de clôture (-2,4Pts), le "10 ans" efface -3Pts à 4,522% (contre 4,562% en matinée.
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