(Zonebourse.com) - C'est un nouveau carton plein de records : 3 doublés "intraday/clôture" pour les 3 indices phares de Wall Street, seul le Russell-2000 (-0,5%) manque à l'appel. Mais c'est largement compensé par les 0,72% du Dow Jones qui franchit une nouvelle barre de 1.000Pts à 51.032Pts, le S&P500 affichant 0,2% à 7.581, après avoir culminé à 7.598, le Nasdaq Composite ayant passé la barre des 27.000 pour un gain de 2,5% hebdo et 9,5% mensuel.
Le tableau ne serait pas complet sans le "SOXX" qui s'est hissé vers 580Pts et qui affichait 88% depuis le 30 mars dernier.
Ne cherchez pas : aucun indice ou sous-indice technologique US n'a jamais approché une telle performance en 50 ans !
Ainsi s'achève l'un des meilleurs mois de mai du 21ème siècle, avec un score fleuve de 11% pour le Nasdaq-100 ( 0,36% à 30.333, 32% en 9 semaines de hausse consécutive) qui établit un 13ème record historique à l'issue de ce seul mois qui a souvent mauvaise réputation.
Mais avec une guerre dans le Golfe, 10 millions de barils manquant à l'appel chaque jour, l'inflation repartie au même rythme qu'au printemps 2021, des taux au plus haut depuis 2009, qu'est ce qui aurait pu mal se passer ?
Les "trimestriels" publiés par les géants de la tech ont éclipsé toutes les inquiétudes liées à la situation géopolitique et l'impact négatif du recul des T-Bonds et des taux de défaut records observé sur pratiquement toute les catégories de crédit (entreprises, auto, prêts étudiants, crédit à la conso, etc.).
Car aucune "scorie" du monde réel ne saurait affecter la trajectoire verticale des valeurs liées à l'I.A, même si leur implication dans ce domaine ne concerne que 5% de leur chiffre d'affaire (l'exemple de Soitec en France est édifiant) : le label "I.A" comme le label "dot.com" il y a 26 ans ouvre la possibilité d'un doublement cours en quelques jours, les analystes s'empressant d'extrapoler une croissance fulgurante du chiffre d'affaire et des profits d'ici 2030.
Dell qui devient à son tour une valeur "I.A" (après Snowflake la veille), explose de 33%, IBM de 13% après avoir annoncé son intention d'investir 10Mds$ dans l'informatique quantique.
Big Blue obtiendra t'elle des résultats avant 2030, ou 2040 ? Ce qui compte, c'est l'effet d'annonce qui dépoussière l'image d'une société dont le chiffre d'affaire recul régulièrement depuis 2 décennies.
L'autre moteur de la hausse -qui n'a jamais connu de défaillance depuis mi-avril, c'est l'entretien de l'espoir d'une réouverture du détroit d'Ormuz.
A la manoeuvre, le tandem Trump/Axios (il s'agit du canal de "comm" privilégié par la Maison Blanche) qui ont annoncé à 20 reprises en 6 semaines la signature d'un accord irano-américain "imminent"... et de façon systématique dès que Wall Street donnait le sentiment de risquer de se retourner à la baisse.
Mais cette fois-ci, et contrairement à beaucoup d'autres annonces précédentes qui avaient euphorisé Wall Street mais n'avaient été suivi d'aucune avancée concrète (sinon des démentis systématiques de la partie iranienne) : cette fois-ci, Donald Trump a déclaré être sur le point de prendre une "décision finale".
Dans un message publié sur Truth Social, le président américain a indiqué qu'il se rendait dans la Situation Room de la Maison-Blanche afin d'arrêter sa position, alors que les négociations se poursuivent entre Washington et Téhéran.
Mais la Situation Room sert essentiellement pour le suivi d'opérations militaires sensibles : est-ce que trump reste dans la dialectique "ils acceptent nos conditions ou on les bombarde parce que la diplomatie a échoué " ?
Le président a détaillé plusieurs conditions qu'il juge indispensables à tout accord. Il exige notamment que l'Iran renonce définitivement à toute arme nucléaire et accepte la réouverture complète du détroit d'Ormuz à la navigation commerciale internationale, sans restriction ni péage (ce dernier point est inacceptable pour Téhéran).
Trump a aussi évoqué le traitement des matières nucléaires enrichies présentes sur les sites iraniens visés par des frappes américaines l'an dernier.
L'Iran a dans un autre registre lié la signature d'un accord à l'arrêt des combats au Liban... et cet après-midi, Israël a bombardé Gaza et envahit le Sud Liban.
Tsahal franchit la rivière Litani, ce qui constitue une violation assumée d'une des "lignes rouges" définies par Téhéran.
Par ailleurs, Trump confirme ne pas envisager la levée du blocus américain du canal avant un accord avec l'Iran et refuser toute restitution des actifs gelés (une piste semblait possible avec un "prêt" de 12Mds$ du Qatar... équivalent aux actifs bloquées dans ce pays).
L'Iran affirme que rien ne sera signé sans geste concret et non de vagues promesses verbales -ou via des "communiqués"- présentées le matin et démenties le soir.
Sur le front macroéconomique, le déficit commercial US se contracte légèrement (-3,4%) au mois d'avril, à -82,4Mds$ avec des exportations qui ont progressé de 4%, et des importations en repli de -1,9%.
Peu d'impact sur l'obligataire : le "30 ans" efface -1Pt à 4,975%, le "10 ans" -1,8Pt à 4,434%, le "2 ans" -2,2Pts à 4,004%.
Le baril de pétrole a reculé de -1$ vers 87,5, soit -12% sur la semaine... alors que rien n'est résolu : Neil Chapman, vice-président senior d'Exxon-Mobil a averti que les stocks mondiaux de pétrole, d'essence, de diesel et de carburant aérien approchent de niveaux "inédits", après plusieurs semaines de ponctions destinées à compenser la fermeture du détroit d'Ormuz.
Selon le dirigeant, le prix du Brent physique pourrait bondir vers 150 à 160 USD le baril lorsque les stocks stratégiques atteindront leur plancher opérationnel.
Ce seuil pourrait être touché dans les deux à trois prochaines semaines, même si le calendrier exact reste difficile à prévoir.
"Une fois ce point atteint, les prix n'ont qu'une direction possible", a résumé Neil Chapman, en expliquant que le rééquilibrage passerait alors par une destruction de la demande, lorsque les prix deviendront trop élevés pour certains consommateurs, victimes de la plus importante interruption d'approvisionnement pétrolier jamais enregistrée.
Le directeur général de Chevron, Mike Wirth juge également que les pressions devraient se transmettre plus directement aux prix physiques en juin et juillet.
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