WASHINGTON, 1er mai (Reuters) - Le président américain Donald Trump a déclaré vendredi qu'il allait porter à 25% les droits de douane sur les voitures et les camions en provenance de l'Union européenne, expliquant sa décision par le fait, qu'à ses yeux, l'UE n'a pas respecté leur accord commercial.
"Étant donné que l'Union européenne ne respecte pas notre accord commercial, sur lequel nous nous étions pleinement mis d'accord, j'augmenterai la semaine prochaine les droits de douane imposés à l'Union européenne sur les voitures et les camions entrant aux États-Unis", écrit-il dans un message publié sur les réseaux sociaux.
"Il est clairement entendu et convenu que, s'ils produisent des voitures et des camions dans des usines aux États-Unis, il n'y aura AUCUN DROIT DE DOUANE", a ajouté Donald Trump.
Fin mars, le Parlement européen avait approuvé le texte relative à la procédure destinée à remplir la part européenne de l'accord commercial conclu avec les États-Unis, après des mois d'incertitude nourris par les menaces douanières de Donald Trump et par l'instauration d'un nouveau prélèvement à l'importation.
Mais cette étape n'était pas la dernière, puisque les représentants du Parlement et des gouvernements de l'UE doivent encore négocier les textes finaux, avant un vote définitif dont la date reste à déterminer.
La Commission européenne a rejeté les accusation de Donald Trump disant que l'UE ne respectait pas ses engagements dans le cadre de l'accord commercial. Elle a déclaré que l'UE suivait la procédure législative habituelle de l'Union et tenait Washington informé tout au long du processus.
"Nous restons pleinement attachés à une relation transatlantique prévisible et mutuellement bénéfique. Si les États-Unis devaient prendre des mesures contraires à la déclaration commune, nous garderons toutes les options ouvertes pour protéger les intérêts de l'UE", a déclaré un porte-parole de la Commission.
COMPORTEMENT "INACCEPTABLE"
Réagissant aux déclarations du président américain, Bernd Lange, président de la Commission du commerce international au sein du Parlement européen, a déclaré que ces propos montraient que les Etats-Unis n'étaient pas un partenaire commercial fiable.
"Cette dernière initiative montre à quel point la partie américaine est peu fiable. Ce n'est pas ainsi qu'on traite des partenaires proches. Nous ne pouvons désormais que réagir avec la plus grande clarté et fermeté, en nous appuyant sur la solidité de notre position", a-t-il dit.
Bernd Lange a qualifié le comportement de Donald Trump d'"inacceptable", ajoutant que l'UE respectait l'accord-cadre commercial conclu avec les États-Unis en Écosse l'année dernière, qui imposait des droits de douane de 15% sur la plupart des marchandises de l'UE, évitant ainsi une guerre commerciale plus grave.
Il a déclaré que les États-Unis avaient enfreint l'accord à plusieurs reprises, "par exemple avec plus de 400 produits contenant de l'acier et de l'aluminium, qui sont désormais soumis à un droit de douane moyen de 26%".
La présidente de l'association automobile allemande VDA Hildegard Mueller a exhorté les États-Unis et l'Union européenne à entamer rapidement des négociations et à respecter leur accord commercial actuel.
Elle a ajouté que le coût des droits de douane supplémentaires brandis par Donald Trump serait énorme et qu'il risquait également d'avoir des répercussions sur les consommateurs américains.
(Daphne Psaledakis et Susan Heavey, avec la contribution de Jan Strupczewski et de Philip Blenkinsop à Bruxelles et de Rachel More à Berlin, version française Benoit Van Overstraeten)
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