par Coralie Lamarque
15 mai (Reuters) - Wall Street est attendue en baisse et les Bourses européennes restent dans le rouge à mi-séance vendredi, pénalisées par les craintes inflationnistes suscitées par les dernières données économiques, tandis que Téhéran vient de déclarer que les navires appartenant à des pays qui ne sont pas en guerre contre l'Iran peuvent franchir le détroit d'Ormuz.
Les futures sur indices new-yorkais signalent une ouverture de Wall Street en baisse de 0,67% pour le Dow Jones, de 0,9% pour le Standard & Poor's-500 et de 1,31% pour le Nasdaq.
À Paris, le CAC 40 perd 1,42% à 7.967,37 points vers 11h26 GMT. À Francfort, le Dax recule de 1,61% et à Londres, le FTSE 100 cède 1,54%.
L'indice EuroStoxx 50 recule de 1,72%, le FTSEurofirst 300 de 1,36% et le Stoxx 600 de 1,33%.
Alors que les Bourses avaient terminé en hausse la veille, portées par la technologie et l'optimisme autour de l'intelligence artificielle, l'analyse de la série de données économiques publiées cette semaine et les retombées jugées décevantes de la visite du président américain Donald Trump en Chine viennent saper le moral des investisseurs.
Le président américain Donald Trump a déclaré jeudi soir "perdre patience" avec l'Iran, les négociations visant à mettre fin à leur conflit restant dans l'impasse.
Si les observateurs s'attendaient avant la visite de Donald Trump en Chine que le locataire de la Maison blanche exhorte son homologue chinois à user de son influence auprès de l'Iran pour parvenir à un accord, nombre d'analystes doutent désormais que Xi Jinping soit disposé à faire pression sur Téhéran.
Le pessimisme des opérateurs se trouve d'autant plus accentué par les données économiques publiées cette semaine, ces dernières venant confirmer que l'inflation déclenchée par la guerre en Iran se concrétise, faisant craindre des hausses des taux d'intérêt plus tôt que prévu par les banques centrales.
Les prix à l'importation aux États-Unis ont bondi beaucoup plus que prévu en avril, le coût des carburants enregistrant sa plus forte hausse en quatre ans, tandis que les ventes au détail ont progressé en avril conformément aux prévisions, une hausse en partie due à l'effet de l'inflation provoquée par le conflit au Moyen-Orient.
En parallèle, le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araqchi a déclaré vendredi que les navires appartenant à des pays qui ne sont pas en guerre contre l'Iran peuvent franchir le détroit d'Ormuz.
Il a ajouté que Téhéran n'avait "aucune confiance" dans les États-Unis et qu'il ne négocierait qu'avec un interlocuteur sérieux, tout en affirmant que l'Iran tente de maintenir le cessez-le-feu pour donner une chance à la diplomatie.
PÉTROLE
Les cours du pétrole, en passe de connaître un gain hebdomadaire d'environ 6%, restent à la hausse, alors que le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araqchi a déclaré que les navires appartenant à des pays qui ne sont pas en guerre contre l'Iran peuvent franchir le détroit d'Ormuz.
Le Brent prend 2,44% à 108,30 dollars le baril et le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) progresse de 2,85% à 104,05 dollars.
En amont des déclarations iraniennes, un compte-rendu de la Maison blanche des discussions tenues jeudi entre Donald Trump et Xi Jinping souligne la volonté commune des deux dirigeants de rouvrir le détroit d'Ormuz.
Ce compte-rendu fait également état d'un apparent intérêt de Pékin pour l'acquisition de pétrole américain afin de réduire sa dépendance au Moyen-Orient. LES VALEURS À SUIVRE À WALL STREET
VALEURS EN EUROPE
Aux valeurs, le secteur technologique du Stoxx recule de 2,27%, effaçant en partie les gains des deux dernières séances suscités par l'optimisme autour de l'intelligence artificielle.
ASML, ASM International et Aixtron perdent entre 4 et 6,5%.
L'indice européen des matériaux perd 4,3%, dans le sillage des cours des métaux.
TAUX
Les signes de plus en plus évidents des répercussions économiques de la guerre en Iran font croître les craintes inflationnistes et d'une hausse des taux d'intérêt plus tôt que prévu par les banques centrales, incitant les opérateurs à se tourner vers le marché obligataire.
Le rendement des Treasuries à dix ans prend 8,1 points de base à 4,5398%, tandis que le deux ans prend 6,2 points de base à 4,0540%.
Le rendement du Bund allemand à dix ans progresse de 6,6 points de base à 3,1142%. Le deux ans avance de 4,5 points de base à 2,7037%.
Outre-Manche, la hausse des coûts d'emprunt est encore plus marquée en réaction à la possibilité de voir Andy Burnham, le maire travailliste du Grand Manchester considéré comme étant le chef de file de l'aile gauche du parti, contester le Premier ministre Keir Starmer à la suite des lourdes pertes essuyées par le Parti travailliste aux élections locales.
Le Gilt britannique à 30 ans grimpe de 16,8 points de base à 5,8190%.
CHANGES Le billet vert pourrait enregistrer sa plus forte progression hebdomadaire depuis plus de deux mois, face aux pressions inflationnistes croissantes liées à la hausse des prix de l'énergie qui font craindre une hausse des taux de la Réserve fédérale cette année.
Le dollar gagne 0,33% face à un panier de devises de référence, tandis l'euro perd 0,27% à 1,1637 dollar.
Alors que le Premier ministre britannique fait face à d'intenses pressions pour l'inciter à quitter le pouvoir depuis une semaine, la livre sterling perd 0,26% face au dollar.
PRINCIPAUX INDICATEURS ÉCONOMIQUES À L'AGENDA DU VENDREDI 15 MAI :
PAYS GMT INDICATEUR PÉRIODE CONSENSUS PRÉCÉDENT
USA 12h30 Empire State mai 7,50 11,00
USA 13h15 Production industrielle avril 0,3% -0,5%
(Certaines données peuvent accuser un léger décalage)
(Rédigé par Coralie Lamarque, édité par Augustin Turpin)
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