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Marché : Le sommet de la zone euro peine à valider un accord sur la Grèce

Marché : Le sommet de la zone euro peine à valider un accord sur la GrèceMarché : Le sommet de la zone euro peine à valider un accord sur la Grèce

par Julien Ponthus et Renee Maltezou

BRUXELLES (Reuters) - Des désaccords persistent entre les négociateurs de la zone euro et ceux de la Grèce sur les modalités d'un nouveau plan de sauvetage du pays après plus de 12 heures de négociations au sommet à Bruxelles, a-t-on appris lundi des sources proches des discussions.

Un responsable du gouvernement grec a notamment rapporté qu'il existait toujours des divisions sur le rôle du Fonds monétaire international et sur les modalités des privatisations.

La Grèce est notamment opposée à l'idée d'un fonds indépendant et extérieur à la Grèce basé au Luxembourg auquel seraient transférés 50 milliards d'euros d'actifs grecs à privatiser. Les produits des privatisations serviraient directement à rembourser la dette grecque, sans passer par Athènes.

Cette proposition figure parmi le catalogue de réformes rédigé dimanche par les ministres des Finances de la zone euro pour que les chefs d'Etat et de gouvernement réunis en sommet les étudient.

Ce nouveau rebondissement à quelques heures de l'ouverture des marchés financiers européens intervient alors qu'un porte-parole du président du Conseil européen Donald Tusk annonçait moins d'une heure auparavant qu'une proposition de compromis était sur la table.

Une réunion en plénière des chefs d'Etat et de gouvernement de la monnaie unique a été suspendue dans la nuit pour permettre à Donald Tusk, au président français François Hollande, à la chancelière allemande Angela Merkel et au Premier ministre grec Alexis Tsipras d'avancer dans les discussions.

Alors que certaines délégations s'attendaient à pouvoir présenter à la presse la conclusion d'un accord aux environs de 05h00 (03h00 GMT), la dynamique s'est soudain enrayée.

"ÇA PREND DU RETARD"

"Ça prend du retard, apparemment il y a quelques points encore à régler", a-t-on aussi commenté au sein d'une délégation nationale alors qu'une autre source européenne indiquait que l'Allemagne n'était pas non plus complètement satisfaite des négociations.

Peu avant 06h00 (04h00 GMT) le Premier ministre maltais Joseph Muscat annonçait sur Twitter une nouvelle interruption pour "d'ultimes consultations".

Le marathon des négociations ce week-end a été entamé par les ministres des Finances de la zone euro samedi matin dans un climat extrêmement tendu.

Interrompue vers minuit, la réunion de l'Eurogroupe a repris dimanche matin et s'est conclue avec la rédaction d'un projet de communiqué transmis aux chefs d'Etat et de gouvernement arrivés dimanche après-midi à Bruxelles.

Les partenaires européens de la Grèce ont exigé dans ce document des gages de la part d'Athènes avant de lancer formellement le processus d'un troisième plan de sauvetage indispensable pour éviter un "Grexit".

Excédés par les revirements du gouvernement d'Alexis Tsipras au cours de mois de négociations, les "faucons" de l'Union monétaire y ont obtenu que le Parlement grec adopte notamment d'ici le 15 juillet une réforme de la TVA et des retraites avant d'enclencher le processus formel du troisième plan.

Les dirigeants européens redoutent qu'après l'obtention des fonds, le gouvernement grec n'interrompe la mise en oeuvre des privatisations et des réformes promises à ses créanciers, comme celle des retraites ou de la fiscalité.

Ils ont également durci de manière conséquente le plan de réforme approuvé samedi par le Parlement grec et qui reprenait déjà de nombreuses exigences des créanciers, demandes pourtant rejetées par les citoyens grecs dimanche 5 juillet par référendum.

Ces propositions étaient jugées insuffisantes par des pays comme l'Allemagne ou la Finlande, même si la France ainsi que les experts des "institutions" - Commission européenne, Banque centrale européenne et Fonds monétaire international - leur ont donné un premier avis favorable vendredi.

Privatisations, coupes budgétaires, libéralisation du marché du travail et de pans entier de l'économie, la pilule est amère pour la gauche radicale d'Alexis Tsipras qui a fait de la lutte contre les politiques d'austérité son cheval de bataille qui lui a permis de remporter les élections législatives du mois de janvier.

La question du rééchelonnement d'une partie de la dette grecque, qui représente 175% de son PIB, est aussi posée mais le document de l'Eurogroupe se contente à ce stade de souligner qu'il ne peut y avoir de décote pure et simple ("haircut").

L'aménagement de la dette grecque suscite de fortes réticences dans certains pays comme l'Allemagne mais constitue le principal argument d'Alexis Tsipras pour faire accepter par ses compatriotes les nouvelles mesures d'austérité.

Alors que les banques grecques sont fermées et complètement dépendantes des liquidités d'urgence accordées par la Banque centrale européenne, l'accord proposé à Tsipras est considéré comme sa dernière chance pour éviter l'effondrement financier et économique du pays.

(Edité par Danielle Rouquié)

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