LONDRES, 21 mai (Reuters) - Le début de la saison estivale, caractérisée par une forte demande en carburant, conjugué à l'absence de nouvelles exportations de pétrole en provenance du Moyen-Orient et à l'épuisement des réserves, pourrait faire entrer le marché pétrolier en "zone rouge" cet été, a averti jeudi le directeur de l'Agence internationale de l'énergie (AIE).
"Nous pourrions entrer dans la zone rouge en juillet ou en août si nous ne constatons pas d'amélioration de la situation", a déclaré Fatih Birol lors d'un discours à Chatham House, à Londres.
Les attaques contre les infrastructures énergétiques des pays producteurs du Golfe et la fermeture du détroit d'Ormuz par l'Iran depuis fin février ont privé le marché de plus de 14 millions de barils par jour (bpj) d'approvisionnement en brut du Moyen-Orient, ce qui constitue la plus grave crise d'approvisionnement en pétrole de l'Histoire.
Fatih Birol n'a pas précisé en quoi consisterait exactement une "zone rouge" mais a dit que l'excédent du marché pétrolier avant la guerre en Iran, la mise sur le marché de 400 millions de barils provenant des réserves stratégiques et les prélèvements sur les réserves commerciales ne suffisaient pas à résoudre la crise.
"La solution la plus importante est l'ouverture totale et inconditionnelle du détroit d'Ormuz", a-t-il dit.
La libération coordonnée des réserves stratégiques par l'AIE, la plus importante de ce type jamais réalisée, alimente désormais le marché à un rythme compris entre 2,5 et 3 millions de barils par jour, a indiqué le directeur de l'agence.
À ce rythme, les dernières quantités mises sur le marché arriveront début août, selon les estimations de Reuters, ce qui coïncide avec la "zone rouge" évoquée par Fatih Birol.
L'AIE est prête à coordonner de nouvelles libérations des réserves stratégiques si nécessaire, a-t-il ajouté.
(Reportage Robert Harvey, version française Diana Mandia, édité par Sophie Louet)
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