par Mara Vilcu
30 mars (Reuters) - Les principales Bourses européennes sont attendues sur une légère baisse lundi à l'ouverture, les investisseurs se préparant à faire face à un conflit de longue durée dans le Golfe persique, après les premières attaques des Houthis sur Israël durant le week-end, alors que les prix du pétrole enregistrent des records, ravivant les craintes d'une flambée de l'inflation et faisant peser risque d'une récession sur une grande partie du globe.
D'après les premières indications disponibles, le CAC 40 parisien pourrait perdre 0,17% à l'ouverture.
Les contrats à terme signalent une baisse de 0,24% pour le Dax à Francfort, de 0,03% pour le FTSE à Londres et de 0,28% pour l'EuroStoxx 50.
Donald Trump a réitéré dans une interview au Financial Times publiée dimanche soir que les Etats-Unis pourraient "prendre le pétrole iranien", menaçant de saisir l'île de Kharg, cruciale pour les exportations de brut iranien, tout en affirmant que les négociations avec l'Iran se passaient "très bien".
Washington négocie directement et indirectement avec Téhéran, a déclaré par ailleurs le président américain à des journalistes à bord de l'avion Air Force One, disant à la fois penser qu'un accord pourrait être conclu très bientôt, sans écarter la possibilité que les discussions n'aboutissent pas.
Alors que le conflit, déclenché par les bombardements des Etats-Unis et d'Israël en Iran, fait rage depuis plus d'un mois, plusieurs pays régionaux se sont réunis au Pakistan pour discuter de propositions destinées à mettre fin à la guerre.
Islamabad a déclaré se préparer à accueillir dans les prochains jours des "discussions significatives" entre les parties prenantes au conflit, sans que l'on sache si les États-Unis et l'Iran avaient accepté d'y participer.
Pour la première fois depuis le début du conflit, les Houthis du Yémen, alliés de Téhéran, ont lancé samedi des missiles sur Israël, faisant craindre une escalade supplémentaire du conflit.
L'intervention du mouvement militaire, politique et religieux dirigé par la famille Houthi a prolongé la hausse des prix du pétrole lundi, le cours du Brent oscillant autour des 115 dollars le baril.
"Le marché a pratiquement ignoré la perspective d'une fin négociée de la guerre, en dépit des affirmations de Trump concernant des pourparlers 'directs et indirects' en cours avec l'Iran, et se prépare à une forte escalade des hostilités militaires, ce qui est un signal haussier pour le pétrole brut, avec de très grandes incertitudes sur le calendrier et la nature du résultat", explique Vandana Hari, fondatrice du fournisseur d'analyses du marché pétrolier Vanda Insights.
"Le conflit ne se concentre plus uniquement dans le golfe Persique et autour du détroit d'Ormuz, mais s'étend désormais à la mer Rouge et au détroit de Bab el-Mandeb — l'un des goulets d'étranglement les plus stratégiques au monde pour les flux de pétrole brut et de produits raffinés", soulignent dans une note les analystes de JP Morgan, sous la direction de Natasha Kaneva.
Par ailleurs, la Banque centrale européenne (BCE) est déterminée à agir face aux pressions inflationnistes induites par la hausse des prix de l'énergie liée au conflit en Moyen-Orient mais il est prématuré d'évoquer un calendrier pour d'éventuelles hausses de taux d'intérêt, a déclaré le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, au journal italien La Stampa.
Et le président de la Fed, Jerome Powell, aura l'occasion d'exprimer son point de vue lors d'un événement prévu plus tard dans la journée lundi, tandis que le très influent directeur de la Fed de New York, John Williams, prendra également la parole.
LES VALEURS A SUIVRE : [L8N40F1PJ]
A WALL STREET
La Bourse de New York a fini en forte baisse vendredi, les faiblesses dans les méga-capitalisations plongeant les trois indices à leur plus bas niveau de clôture depuis plus de six mois, alors que le conflit au Moyen-Orient continue de freiner l'appétit pour le risque.
L'indice Dow Jones a cédé 1,73%, ou 793,47 points, à 45.166,64 points. Le Standard & Poor's 500, plus large, a perdu -108,31 points, soit -1,67% à 6.368,85 points. Le Nasdaq Composite a reculé de son côté de -459,72 points, soit -2,15% à 20.948,357 points.
EN ASIE
La Bourse de Tokyo baisse de 3,07%, effaçant ainsi ses gains de l'année dans une vague de ventes généralisée dans la région, tandis que les rendements des obligations de référence ont brièvement atteint leur plus haut niveau depuis 27 ans avant de reculer, l'escalade du conflit au Moyen-Orient ravivant les craintes de stagflation.
Les marchés boursiers chinois et hongkongais chutent également, la guerre pesant sur l'appétit pour le risque.
L'indice composite de la Bourse de Shanghai avance de 0,26% et le CSI 300 des grandes capitalisations perd 0,27%.
La Bourse de Hong Kong recule de 1,21%.
TAUX / CHANGES
Le rendement des Treasuries à dix ans recule de 5,2 points de base à 4,3880%. Le deux ans abandonne 3,5 points de base à 3,8811%.
Le rendement du Bund allemand à dix ans perd 1,7 point de base à 3,8234%. Le deux ans recule de 2,9 points de base à 3,8234%.
Le dollar américain est resté globalement stable lundi, en passe d'enregistrer sa plus forte hausse mensuelle depuis juillet, alors que les investisseurs s'inquiètent des répercussions d'un conflit prolongé au Moyen-Orient.
Le dollar perd 0,08% face à un panier de devises de référence.
L'euro gagne 0,07% à 1,1516 dollar.
PÉTROLE
Les cours du pétrole poursuivent leur hausse lundi, le Brent s'apprêtant à enregistrer une hausse mensuelle record, après que les Houthis yéménites ont lancé leurs premières attaques contre Israël ce week-end, amplifiant ainsi le conflit opposant les États-Unis et Israël à l'Iran au Moyen-Orient.
Le Brent avance de 2,51% à 115,40 dollars le baril et le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) gagne 1,44% à 101,07 dollars.
PRINCIPAUX INDICATEURS ÉCONOMIQUES À L'AGENDA DU 30 MARS :
PAYS GMT INDICATEUR PÉRIODE CONSENSUS PRÉCÉDENT
EZ 09h00 Sentiment économique et mars 96,8 98,3
climat des affaires
DE 12h00 Prix à la consommation IPCH mars
(flash)
- sur un mois 1,0% 0,2%
- sur un an 2,7% 1,9%
(Rédigé par Mara Vîlcu, avec les bureaux de Reuters, édité par Augustin Turpin)
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