par Diana Mandia
5 février (Reuters) - Les Bourses européennes ont terminé en baisse jeudi, les investisseurs se détournant du risque alors que les doutes persistent quant aux investissements massifs en matière d'intelligence artificielle (IA).
Les investisseurs digèrent également les annonces de la BCE qui, comme prévu, a maintenu ses taux d'intérêt inchangés.
À Paris, le CAC 40 a perdu 0,29% à 8.238,17 points. À Francfort, le Dax a reculé de 0,63% et à Londres, le FTSE 100 a abandonné 0,90%.
L'indice EuroStoxx 50 a fini en baisse de 0,83%, le FTSEurofirst 300 a perdu 1,02% et le Stoxx 600 a reculé 1,07%.
Les craintes concernant le secteur technologique ont plongé les marchés d'actions européens dans le rouge, alors que des géants américains comme Alphabet font état de dépenses colossales en matière d'IA, un effort dont les rendements soulèvent des questions.
Les doutes quant à l'impact de l'IA sur le modèle économique des fournisseurs de logiciels et des groupes spécialisés dans l'analyse de données pèsent également sur le sentiment.
L'aversion au risque a pénalisé une grande partie des secteurs du Stoxx 600, comme les matières premières (-3,4%) - avec une nouvelle chute du prix de l'argent -, l'énergie (-2,51%), les banques (-3,31%) ou l'automobile (-2,66%) .
Autre indice montrant que les investisseurs recherchent la sécurité avec le bitcoin, qui plonge de plus de 6% à 68.431 dollars, tombant pour la première fois depuis novembre 2024 sous la barre des 70.000 dollars.
En Europe, la Banque centrale européenne (BCE) a, comme prévu, laissé jeudi ses taux directeurs à leur niveau actuel, réaffirmant que l'inflation devrait se stabiliser autour de son objectif et minimisant l'impact de la vigueur de l'euro sur la politique monétaire.
La Banque d'Angleterre (BoE) a quant à elle maintenu son principal taux directeur inchangé à 3,75%, tout en laissant la porte ouverte à une future réduction si le ralentissement prévu de l'inflation au cours des prochains mois s'avérait durable. La décision a toutefois été beaucoup plus serrée que prévu et a incité les opérateurs à renforcer leurs attentes d'une réduction de taux en mars.
VALEURS
L'indice Stoxx de la technologie a pris 0,7% après une séance volatile et après avoir cédé plus de 6% lors des deux derniers jours sur fond de craintes autour de l'essor de l'IA.
À Paris, BNP Paribas a gagné 1,15% après des résultats trimestriels jugés rassurants.
Ailleurs en Europe, Novo Nordisk a plongé de 7,8% alors que le groupe américain de télésanté Hims and Hers Health va lancer une copie, beaucoup moins onéreuse, de le nouvelle pilule anti-obésité Wegovy développée par le laboratoire danois.
Rio Tinto, qui a déclaré jeudi que les pourparlers avec Glencore au sujet d'une fusion avaient échoués, a reculé de 2,5%, tandis que son compatriote a abandonné 7%.
A WALL STREET
A l'heure de la clôture en Europe, le Dow Jones perd 1,19%, le Standard & Poor's 500 1,21% et le Nasdaq Composite 1,46%.
Alphabet, maison-mère de Google, recule de 4% après avoir annoncé un doublement cette année de ses dépenses en capital pour rester dans la course à l'IA.
Le fournisseur américain de puces Qualcomm plonge de 8% après une prévision de chiffre d'affaires et de bénéfice pour le deuxième trimestre inférieure aux estimations.
Les sociétés de logiciels et de services de données telles que ServiceNow et Salesforce reculent respectivement de 5% et 4%.
LES INDICATEURS DU JOUR
Les commandes industrielles en Allemagne ont progressé fortement et de façon inattendue en décembre, a déclaré jeudi l'Office fédéral de la statistique.
Dans la zone euro, les ventes au détail ont baissé plus que prévu d'un mois sur l'autre en décembre, selon les données publiées jeudi par Eurostat.
Aux États-Unis, les indicateurs du marché du travail ont contribué à refroidir les investisseurs : le nombre de personnes ayant déposé une nouvelle demande d'allocations chômage a augmenté plus que prévu pour la semaine se terminant le 31 janvier, tandis que les offres d'emploi ont atteint leur plus bas niveau depuis plus de cinq ans en décembre.
CHANGES
Le dollar gagne 0,24% face à un panier de devises de référence, à son plus haut niveau depuis deux semaines, alors qu'une nouvelle vague de volatilité s'est emparée des marchés.
L'euro perd 014% à 1,1790 dollar.
La livre sterling recule de 0,83% face au dollar après la BoE.
TAUX
Les investisseurs recherchent des valeurs refuges telles que les obligations, ce qui entraîne une baisse des rendements aux États-Unis.
Le rendement des Treasuries à dix ans perd 6,2 points de base à 4,2158%. Le deux ans cède 6,5 points de base à 3,4936%.
Les marchés obligataires ont peu réagi à la décision de la BCE, largement attendue.
Le rendement du Bund allemand à dix ans a abandonné près de 2 points de base à 2,8431%. Le deux ans a fini quasi inchangé à 2,0722%.
Le Gilt britannique à deux ans, le plus sensible aux anticipations sur les taux, a quant à lui reculé de plus de 6 points de base à 3,658% après la décision de la BoE.
PÉTROLE
Les prix du pétrole reculent nettement jeudi, à la veille des pourparlers entre les États-Unis et l'Iran à Oman.
Le Brent abandonne 3,05% à 67,34 dollars le baril et le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) cède 3,16% à 63,08 dollars.
A SUIVRE LE 6 FÉVRIER :
(Certaines données peuvent accuser un léger décalage)
(Rédigé par Diana Mandiá, édité par Kate Entringer)
Copyright © 2026 Thomson Reuters