par Claude Chendjou
PARIS, 18 mars (Reuters) - Les Bourses européennes ont terminé en baisse mercredi avec de nouvelles tensions dans l'obligataire et une forte remontée du pétrole, l'Iran ayant annoncé son intention de cibler plusieurs sites pétroliers du Golfe, tandis que les investisseurs digéraient des indicateurs macroéconomiques mitigés avant la décision de politique monétaire de la Réserve fédérale américaine (Fed) en soirée.
À Paris, le CAC 40 a fini sur une perte de 0,06% à 7.969,88 points au terme d'une séance volatile. Le Footsie britannique a reculé de 0,97% et le Dax allemand a reflué de 0,86%.
L'indice EuroStoxx 50 a perdu 0,47%, le FTSEurofirst 300 0,78% et le Stoxx 600 0,70%, la plupart de ses grands compartiments ayant terminé dans le rouge, à commencer par la consommation, sensible à la conjoncture.
Au moment de la clôture en Europe, le Dow Jones recule de 0,87%, le Standard & Poor's 500 de 0,61% et le Nasdaq de 0,69%. Le secteur de la consommation sur le S&P 500 abandonne près de 1%
L'Iran a recommandé mercredi l'évacuation d'installations pétrolières situées en Arabie saoudite, aux Emirats arabes unis et au Qatar, prévenant qu'elles seraient visées dans les heures à venir, rapportent des médias d'Etat.
Cet avertissement intervient après que des installations énergétiques iraniennes à Pars Sud et Asaluyeh ont été prises pour cible.
L'information a fait grimper les cours pétroliers de plus de 5%, tandis que les rendements obligataires en zone euro et aux Etats-Unis se sont tendus. Parallèlement, les indices de la volatilité à Wall Street et sur l'EuroStoxx50 ont progressé de près de 5%, signe d'un regain de nervosité des marchés actions.
Par ailleurs, la publication aux Etats-Unis des prix à la production (PPI), ressortis pour le mois de février au-dessus des attentes, a renforcé la perspective d'un statu quo plus long que prévu, voire d'une remontée à terme des taux directeurs de la Réserve fédérale américaine (Fed), qui doit rendra sa décision à 18h00 GMT.
Les investisseurs surveilleront à cet égard à 18h00 GMT les propos du président de la Fed, Jerome Powell, concernant l'impact sur l'économie et l'inflation de la flambée des coûts de l'énergie depuis le déclenchement le 28 février de la guerre en Iran.
La Banque centrale européenne (BCE) et la Banque d'Angleterre (BoE) doivent rendre leurs décisions respectives jeudi, tandis que la Banque du Canada (BoC) a laissé entendre mercredi qu'elle n'excluait pas un prochain relèvement de ses taux directeurs face à l'incertitude sur l'inflation.
Au niveau économique, selon HSBC, les marchés boursiers anticipent une récession avec une probabilité avec une probabilité évaluée à 35%, contre seulement 10% il y a seulement deux semaines.
VALEURS EN EUROPE
Les groupes énergétiques européens comme TotalEnergies, Technip Energies, BP ou encore Equinor ont fini en forte hausse dans le sillage de la hausse des cours du brut.
Le conglomérat Bolloré, qui a annoncé mardi une hausse marquée de son Ebita ajusté annuel sur un an, a grimpé de 11,12%.
Exail Technologies a bondi de 6,05% à la faveur de commandes record en 2025. Le groupe de défense français a par ailleurs dit viser une nouvelle augmentation de ses commandes cette année dans un marché jugé "très porteur".
JCDecaux a gagné 2,15% après que JP Morgan a relevé sa recommandation à "surpondérer".
Valneva a pris 1,90% après la publication de ses résultats annuels.
Commerzbank a avancé de 1,48%, le directeur général d'UniCredit Andrea Orcel ayant dit mercredi qu'il n'excluait pas une offre améliorée pour la banque allemande
HelloFresh a chuté de 14,9% après avoir touché un plus bas historique dans la journée, à la suite de résultats trimestriels inférieurs aux prévisions.
LES INDICATEURS DU JOUR
Les commandes à l'industrie aux Etats-Unis ont légèrement augmenté en janvier, de 0,1%, la faiblesse du secteur des équipements de transport ayant été partiellement compensée par les gains enregistrés ailleurs, a annoncé le département américain du Commerce.
L'inflation en zone euro s'est accélérée sur un an en février, à 1,9% comme prévu initialement, selon les données définitives publiées par Eurostat.
CHANGES
Le dollar s'affermit de 0,17% face à un panier de devises de référence, recouvrant les pertes des deux séances précédentes après la publication de données montrant une hausse plus importante que prévu des prix à la production américains.
Les marchés monétaires s'attendent globalement à une seule baisse des taux de la Fed cette année, contre deux réductions anticipées avant le conflit en Iran.
L'euro recule de 0,26%, à 1,1508 dollar, tandis que la livre sterling s'échange à 1,3322 dollar (-0,24%).
TAUX
Le rendement des bons du Trésor américain à dix ans monte de près de trois points de base (pb), à 4,2297%, et le deux ans de 4,3 pb, à 3,7139%, en réaction en partie aux chiffres des prix à la production aux Etats-Unis pour le mois de février, qui plaident pour un report de la baisse des taux de la Fed.
Le rendement du Bund allemand à dix ans a pris 3,9 pb, à 2,9417% et le deux ans 6,7 pb, à 2,4458%, alors que Claudia Buch, présidente du conseil de surveillance prudentiel de la BCE, a déclaré que les marchés financiers sous-estimaient les tensions géopolitiques, tout en mettant en garde contre un assouplissement de la réglementation bancaire.
PÉTROLE
Le marché pétrolier se tend après que les gardiens de la révolution iraniens ont menacé de s'en prendre à plusieurs installations énergétiques au Moyen-Orient en représailles aux frappes israélo-américaines, augmentant ainsi le risque de nouvelles perturbations dans les approvisionnements dans la région.
Le Brent bondit de 4,97% à 108,57 dollars le baril, après avoir culminé à 109,95 dollars en séance. Le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) monte de 2% à 98,09 dollars.
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(Rédigé par Claude Chendjou, édité par Blandine Hénault)
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