2 décembre (Reuters) - Carmat a annoncé mardi la validation par le tribunal des activités économiques de Versailles, la veille, de l’offre de reprise et du plan de cession de Carmat SA, dans le cadre duquel les activités du fabricant français de coeurs artificiels en difficultés financières seront poursuivies et opérées par Carmat SAS.
L'offre s’accompagne de la reprise de 88 salariés, des actifs et de la "très grande majorité" des contrats, ainsi que d’une réduction significative de la consommation de trésorerie, selon Carmat.
Dans un communiqué daté du 4 novembre, le groupe disait s'appuyer sur "une équipe pluridisciplinaire d’environ 150 personnes".
L'accord prévoit un financement total de 110 millions d'euros, dont 10 millions d'euros disponibles immédiatement et 20 millions d'euros dès le début de l’année 2026, ces deux premiers apports étant assurés conjointement par LOHAS et par Sante Holdings, actionnaire historique du groupe.
À compter du 1er décembre, les activités de la société se poursuivent et sont opérées par Carmat SAS, indique l'entreprise, entraînant la liquidation judiciaire à court-terme de Carmat SA.
"Il est hautement probable que les actionnaires (...) subiront la perte intégrale de leur investissement, tandis qu’une grande partie de ses créanciers subiront une perte très significative pouvant porter sur l’intégralité de leurs créances", selon le communiqué.
Le cours de l'action reste suspendu, précise Carmat.
VIRAGE AMÉRICAIN
L'offre de reprise en plan de cession marque un tournant pour le concepteur du coeur artificiel Aeson, qui entend notamment concentrer ses efforts sur le marché nord-américain et veut obtenir l’indication de thérapie de destination en Europe d'ici trois ans.
Fondée en 2008 par le chirurgien cardiaque Alain Carpentier et la société Matra Défense, Carmat avait été placé en redressement judiciaire le 1er juillet dernier.
Fin août, une offre de Pierre Bastid, président du conseil d'administration de Carmat, dont il est actionnaire à 17%, avait déjà été annoncée mais celle-ci n'avait pu être confirmée fin septembre faute de financements sécurisés nécessaires.
La dernière offre en date, annoncée début novembre, émane de Carmat SAS, société créée pour les besoins de l’éventuelle reprise et dont le capital social est détenu par LOHAS, elle-même contrôlée par Pierre Bastid.
(Rédigé par Coralie Lamarque ; édité par Augustin Turpin)
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