17 avril (Reuters) - Les opérateurs de télécommunications français Bouygues, Iliad-Free et Orange ont annoncé vendredi avoir soumis une nouvelle offre portant sur un montant total de 20,35 milliards d'euros de valeur d’entreprise pour les actifs considérés de Altice France.
Selon un communiqué conjoint, l'offre porte sur la plupart des actifs d’Altice France-SFR, à l'exclusion de ses participations dans ACS/Intelcia, XP Fibre, UltraEdge et Altice Technical Services, ainsi que les activités du groupe Altice France dans les départements et régions d’outre-mer.
La répartition du prix et de la valeur serait de l’ordre de 42% pour Bouygues Telecom, 31% pour Free-Groupe iliad et 27% pour Orange, précise le communiqué.
Altice France a accordé au Consortium une période d’exclusivité jusqu’au 15 mai 2026 afin de finaliser les termes et la documentation de l’opération, selon le communiqué.
"Il s'agit d'un processus complexe, impliquant des sociétés cotées, qui exige de la patience et beaucoup de rigueur", a déclaré SFR vendredi dans un message aux salariés.
"A ce stade, de nombreux détails restent à discuter et à négocier", précise le message.
Le consortium avait annoncé en janvier mener des discussions avec Altice pour l'acquisition potentielle d'une grande partie de ses activités de télécommunications en France, dont SFR, avant de lancer en octobre dernier une offre conjointe non engageante de 17 milliards d'euros pour l'acquisition d'une grande partie des activités d'Altice France.
Malgré le rejet par le groupe fondé par Patrick Drahi, Bouygues, Iliad et Orange ont maintenu leur offre.
LA CONSOLIDATION EST UNE "EXCELLENTE NOUVELLE" SELON SFR
Les trois acquéreurs ont déclaré jeudi envisager que Bouygues Telecom reprenne l’activité B2B de SFR, tandis que les activités B2C seraient partagées entre les trois opérateurs.
Les infrastructures et fréquences seraient également réparties entre Bouygues, Free et Orange, à l’exception du réseau mobile de SFR en zone non dense, qui serait repris par Bouygues Telecom, selon le communiqué.
Bouygues, Iliad-Free et Orange estiment que l’opération permettrait de renforcer les investissements dans les réseaux très haut débit, la cybersécurité et les nouvelles technologies, tout en préservant un environnement concurrentiel sur le marché français des télécommunications.
La France compte quatre grands opérateurs depuis l'arrivée de Free, filiale d'Iliad, sur le marché de la téléphonie mobile en 2012, dans un contexte de guerre des prix qui pèse sur les marges et la croissance des différents acteurs.
"La consolidation du marché français des télécoms permettrait d’engager une nouvelle dynamique de croissance et serait, sans aucun doute, une excellente nouvelle pour l’économie, le secteur, et l’ensemble de nos clients, partenaires et salariés", a déclaré SFR à ses salariés.
Toute proposition visant à réduire ce nombre à trois devrait être approuvée par les autorités nationales et européennes de la concurrence.
Les parties ont précisé qu’il n’existait à ce stade aucune certitude quant à la réalisation de l’opération.
(Rédigé par Elena Smirnova, avec Leo Marchandon et Gianluca Lo Nostro, édité par Augustin Turpin)
Copyright © 2026 Thomson Reuters