par Diana Mandia
PARIS, 17 avril (Reuters) - Les principales Bourses européennes sont attendues sur de faibles variations vendredi à l'ouverture, les investisseurs évaluant les perspectives d'une reprise des pourparlers entre les États-Unis et l'Iran ce week-end après l'entrée en vigueur d'une trêve de dix jours entre Israël et le Liban.
D'après les premières indications disponibles, le CAC 40 parisien pourrait perdre 0,06% à l'ouverture.
Les contrats à terme signalent une hausse de 0,02% pour le Dax à Francfort et de 0,14% pour le FTSE à Londres, mais un recul de 0,07% pour le Stoxx 600.
Les investisseurs sont indécis ce vendredi après une semaine marquée par l'optimisme face à tout signe de progrès vers la fin du conflit qui ravage le Moyen-Orient, à tel point qu'une grande partie des indices, notamment à New York, ont battu de nouveaux records et laissé derrière eux le pessimisme des premières semaines de la guerre.
Les prix du pétrole, bien qu'encore élevés, se sont ainsi stabilisés sous la barre symbolique des 100 dollars, alors même que le détroit d'Ormuz reste de facto fermé et que la navigation y est gravement perturbée, malgré les informations faisant état de navires qui parviennent à le traverser au compte-gouttes.
"Il existe un contraste assez marqué entre ce que les responsables politiques et des banques centrales disent des risques engendrés par ce conflit et ce que le marché laisse entendre", souligne Andrew Chorlton, analyste chez M&G.
Le cessez-le-feu de dix jours conclu entre le Liban et Israël, présenté comme une étape cruciale pour permettre la reprise locataire de la Maison blanche, Donald Trump, a déclaré que la prochaine réunion américano-iranienne pourrait avoir lieu ce même week-end.
Les opérateurs devraient toutefois rester vigilants face à ce calme fragile, l'armée libanaise ayant déjà dit qu'Israël a violé le cessez-le-feu et que des villages du sud du Liban ont été pris pour cibles.
Selon deux sources, les Etats-Unis et l'Iran n'ont plus pour ambition première de conclure un accord de paix global mais cherchent désormais à s'entendre sur un protocole d'accord permettant d'empêcher une reprise de la guerre.
Le Moyen-Orient sera déterminant pour définir la politique monétaire, alors que les réunions des banques centrales approchent à la fin du mois.
Selon le directeur du département européen du Fonds monétaire international (FMI), les craintes inflationnistes liées aux prix de l'énergie pourraient conduire la Banque centrale européenne (BCE) à relever son taux directeur à deux reprises cette année, même si Francfort devrait ensuite revenir sur ces mesures en 2027.
PÉTROLE
Les cours du pétrole reculent vendredi, portés par l'optimisme quant à une possible fin du conflit au Moyen-Orient.
Le Brent perd 1,31% à 98,09 dollars le baril et le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) cède 1,45% à 93,32 dollars.
Fatih Birol, directeur de l'Agence internationale de l'énergie (AIE) a déclaré vendredi au journal Neue Zürcher Zeitung qu'il faudra environ deux ans pour compenser la perte de production énergétique subie au Moyen-Orient.
"Cela variera d'un pays à l'autre. En Irak, par exemple, cela prendra beaucoup plus de temps qu'en Arabie saoudite. Cependant, nous estimons qu'il faudra environ deux ans au total pour revenir aux niveaux d'avant-guerre", a-t-il dit au journal suisse.
LES VALEURS A SUIVRE :
Alstom est à surveiller à l'ouverture, le fabricant du TGV ayant annoncé jeudi soir, à l'occasion de la publication de ses résultats préliminaires annuels, ne pas maintenir son objectif de cash-flow libre cumulé sur les trois années à 2026/27 et ne pas être en mesure d'atteindre son ambition de marge d'exploitation ajustée à la même échéance.
A WALL STREET
La Bourse de New York a fini en légère hausse jeudi, le S&P-500 et le Nasdaq battant à nouveau leurs records de clôture, dans un contexte d'optimisme sur une issue au conflit au Moyen-Orient.
L'indice Dow Jones .DJI a gagné 0,24%, le S&P-500, plus large, a pris 0,26% et le Nasdaq Composite a avancé de son côté de 0,36%.
Pour le Nasdaq, il s'agit d'une douzième séance consécutive dans le vert, une série sans précédent depuis 2009 - soit après la crise financière mondiale.
Netflix, qui a publié ses résultats après la clôture, a également fait savoir dans une lettre aux investisseurs que son président Reed Hastings quitterait en juin le groupe qu'il a cofondé près de trois décennies plus tôt.
Le titre du géant du streaming a plongé d'environ 8% dans les échanges d'après-clôture à la suite de cette annonce.
EN ASIE
La Bourse de Tokyo s'apprête à enregistrer une deuxième semaine consécutive de hausse malgré les pertes de vendredi, les investisseurs réduisant leur exposition au risque à l'approche d'un week-end décisif.
L'indice Nikkei prend 0,96% à 58.944,01 points après avoir atteint un niveau record jeudi.
En Chine, les actions reculent légèrement en raison d'une prise de bénéfices.
L'indice composite de la Bourse de Shanghai cède 0,17% et le CSI 300 des grandes capitalisations perd 0,11%.
La Bourse de Hong Kong perd 1,28%.
TAUX / CHANGES
Les rendements obligataires évoluent sur de faibles variations aux Etats-Unis après leurs récentes baisses, la situation géopolitique obligeant les opérateurs à jongler entre le risque d'une hausse des prix et d'un ralentissement économique.
Le rendement des Treasuries à dix ans prend un point de base à 4,3193%. Le deux ans est plutôt stable à 3,7795%.
Sur le marché des changes, le dollar grappille 0,02% face à un panier de devises de référence, tandis que l'euro perd 0,01% à 1,1780 dollar.
AUCUN INDICATEUR ÉCONOMIQUE MAJEUR À L'AGENDA DU 17 AVRIL:
(Rédigé par Diana Mandiá, édité par Augustin Turpin)
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