FRANCFORT, 30 mars (Reuters) - La Banque centrale européenne (BCE) est déterminée à agir face aux pressions inflationnistes induites par la hausse des prix de l'énergie liée au conflit en Moyen-Orient mais il est prématuré d'évoquer un calendrier pour d'éventuelles hausses de taux d'intérêt, a déclaré le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, au journal italien La Stampa.
La guerre menée par les États-Unis et Israël contre l'Iran a fait bondir les prix de l'énergie et les responsables de la BCE débattent désormais de la nécessité - et des conditions - d'un relèvement des taux pour éviter que cette hausse ne se diffuse aux prix d'autres biens et services.
" Nous sommes prêts à agir dans cette direction si nécessaire", a déclaré François Villeroy de Galhau lors d'un entretien avec La Stampa publié lundi.
"Le débat sur des dates préétablies apparaît très prématuré", a-t-il toutefois ajouté.
Des responsables ont déclaré qu'une hausse des taux en avril était une option, tandis que d'autres estiment que la BCE ne doit pas se précipiter, faute d'éléments suffisants à ce stade pour justifier une telle décision.
Le gouverneur de la Banque de France a toutefois reconnu que la guerre pesait défavorablement sur les perspectives d'inflation et que la BCE était impuissante pour prévenir un choc à court terme. Il a cependant souligné que la mission de la banque centrale était d'empêcher que des hausses temporaires des prix ne se transforment en une poussée d'inflation généralisée.
François Villeroy de Galhau, qui quittera son poste en juin, a également noté que les scénarios défavorables élaborés par la BCE en matière d'inflation pourraient surestimer l'impact, dans la mesure où ils n'intègrent aucune réaction potentielle de l'institution.
Les marchés financiers anticipent désormais trois hausses de taux de la BCE cette année, la première étant entièrement intégrée dans les prix pour juin.
(Rédigé par Balazs Koranyi, version française Benjamin Mallet)
Copyright © 2026 Thomson Reuters