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Marché : La bulle sur le marché des SPACs est-elle déjà en train de faire pschitt à Wall Street ?

lundi 31 mai 2021 à 17h30
La bulle fait pschitt sur le marché des SPACs à Wall Street

(BFM Bourse) - Après une folle fin d'année 2020 et un début d'année 2021 non moins spectaculaire, le marché des SPACS se tarit déjà à Wall Street, alors que celle lancée par le groupe hôtelier français Accor fait ses premiers pas ce lundi sur le marché parisien.

Le marché des SPAC -ces coquilles vides qui ont pour seul but de réaliser une acquisition après avoir levé des fonds elle-même pour s'introduire en amont- a semble-t-il trouvé son point d'ébullition, à partir duquel il passe d'un état (très) liquide à gazeux. Autrement dit, la bulle est en train de faire pschitt et les capitaux s'évaporent sur ce marché gagné par une spectaculaire euphorie en 2020. Le point culminant de cette frénésie a été atteint au premier trimestre 2021, sur lequel 95 milliards de dollars ont été levés -selon des données compilées par le site spécialisé SPAC Research- à travers plus de 200 opérations, surpassant l'ensemble des montants levés en 2020 - eux-mêmes supérieurs à la somme de ceux levés sur les 10 années précédentes.

Le dynamisme exceptionnel de ce marché a donné des idées à Accor, qui a mis sur pied une SPAC, Accor Acquisition Company (AAC), dédiée aux activités telles que l'évènementiel ou la restauration. Le groupe hôtelier a d'ailleurs annoncé avoir levé avec succès 300 millions d'euros dans le cadre de son placement privé d'unités qui seront admises aux négociations sur Euronext Paris à compter de ce mercredi.

L'accueil que réservera le marché parisien au lancement de cette SPAC made in France, l'une des toutes premières après les deux montées l'an dernier par le trio Niel-Zaouri-Pigasse, sera à scruter de près alors que les investisseurs apparaissent de plus en plus méfiants vis-à-vis de ce type de projets outre-Atlantique.

On assiste de fait clairement au dégonflement d’une bulle spéculative. Ou du moins, à un vrai coup d'arrêt depuis la fin du premier trimestre, comme en témoignent les performances boursières de ces sociétés récemment introduites. Dans une étude récente consacrée à la thématique, Amundi remarque ainsi que deux tiers de ces SPACs cotent actuellement sous leur niveau d’introduction. Un mouvement qui tend à s'accélérer selon Refinitiv, qui constate que la décote s'est subitement amplifiée au cours des deux derniers mois.

Plusieurs problèmes se posent pour le marché des SPACs. Face à l'embouteillage de projets et à l'engorgement du système de financement bancaire dédié, les opérateurs sont de plus en plus pointilleux et ne font plus des chèques en blanc à tour de bras, comme cela pouvait être le cas en 2020. Autre constat dressé par les investisseurs: les fondateurs et associés de départ d'une SPAC étant protégés par un ensemble de clauses juridiques et de garanties sur leurs fonds investis, ce sont les actionnaires participant à l'introduction, les derniers maillons de la chaîne, qui encaissent seuls les mauvaises performances boursières. Alors que la confiance des investisseurs envers les fondateurs et promoteurs de ce projet jouant un rôle central dans le succès ou l'échec d'une SPAC, les pertes récemment subies par de nombreux actionnaires pourraient bien les détourner de ce marché où d'autres joueurs ne perdent jamais.

Une récente étude montre en outre que 75% des SPACs américaines actuellement cotées sont toujours en quête d’une cible à acquérir, ce qui constitue pourtant leur raison d'être. On se retrouve donc rapidement actionnaire d’une coquille vide... qui le reste. Et si au bout de deux ans, la SPAC n'a toujours pas trouvé de société avec laquelle fusionner, l'argent levé est retourné aux investisseurs.

Les analystes estiment toutefois que si le marché américain s'est transformé en bulle, le marché européen -qui n'en est qu'à ses balbutiements- présente encore un certain attrait. Même si, pour l'heure, la SPAC lancée en fin d'année dernière par le trio Niel-Pigasse-Zouari, 2MX Organic, et censée faire des acquisitions sur le marché du bio n'a annoncé aucun rachat. Dans l'attente, le titre perd un peu plus de 6% depuis le début de l’année. Les investisseurs européens en quête de rendement devront ainsi également être particulièrement sélectifs, alors que le marché ne fera plus de cadeau aux nouveaux entrants.

Antoine Larigaudrie - ©2021 BFM Bourse
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