(BFM Bourse) - En pleine déroute face à l'accumulation de sanctions occidentales toujours plus sévères, les instruments financiers représentatifs des actions des géants russes (Gazprom, Lukoil, Rosneft, Sberbank, etc.) sont désormais suspendus de cotation à Londres.
La Bourse de Londres a annoncé, jeudi, la suspension de cotation des titres financiers d'une vingtaine d'entreprises russes, dans la foulée des sanctions liées à l'invasion de l'Ukraine par la Russie. "En conséquence des récentes sanctions en connexion avec les événements en Ukraine, au regard des conditions de marché et afin de préserver le bon fonctionnement des marchés, la Bourse de Londres (London Stock Exchange) a suspendu l'admission à la cotation des instruments" en question, selon un communiqué.
Les titres financiers en question ne sont pas à proprement parler des actions, mais des certificats de dépôt, des instruments financiers émis pour représenter les titres d'une société cotée sur une place boursière à l'étranger, en l'occurrence des fleurons de l'industrie russe comme le géant gazier Gazprom, la banque Sberbank, ou le pétrolier Lukoïl. Des entreprises minières, agricole ou financières sont également visées.
Cette suspension intervient après l'effondrement du cours de ces certificats, ceux de Gazprom, Lukoil, Sberbank ou encore Novatek (autre géant gazier) ayant notamment vu leur valeur s'effondrer de 99% ou plus depuis le début de l'année. Les "titres" de tous ces poids lourd de l'économie russe sont (à l'exception de Lukoil) devenus des "penny stocks", terme désignant un titre s'échangeant à moins d'un dollar, ces derniers jours face à l'avalanche de sanctions internationales en réaction à l'invasion de l'Ukraine par la Russie.
Celles-ci sont en effet d'une sévérité extrême, comme en atteste la déclaration du plus fonds souverain au monde, celui de la Norvège, qui a estimé ce jeudi que la valeur de ses actifs avait été divisée par dix depuis le début de l'année.
Mercredi soir, la Bourse de Londres avait par ailleurs aussi annoncé rétrograder au sein de ses indices les titres de Polymetal International et Evraz, deux entreprises minières fortement exposées à la Russie dont les actions se sont effondrées depuis le début des hostilités en Ukraine.
Pour rappel, la banque centrale russe a pour sa part interrompu la négociation des actions à Moscou lundi, et ce au moins jusqu'à vendredi.
(avec AFP)