(Zonebourse.com) - Les grands indices actions de Wall Street ont perdu un peu de terrain ce jeudi, veille des "3 sorcières", dans un contexte incitant les investisseurs à la prudence sur fond de tensions géopolitiques grandissantes au Moyen-Orient et d'une salve d'indicateurs macroéconomiques contrastés aux Etats-Unis. A la clôture, l'indice Dow Jones a cédé 0,54% à 49 395 points, le S&P 500 a perdu 0,28% à 6 862 points, et le Nasdaq-100 s'est contracté de 0,41% à 24 797 points.
Il y a beaucoup de nuages à l'horizon (géopolitiques en 1er lieu, puis des signaux de faiblesse "macro" en interne, un endettement colossal...) mais il y a toujours des acheteurs à l'affût ; on l'avait vu mercredi matin.
Et ils étaient encore là ce jeudi : le "buy the dips" n'a pas rendu les armes, loin de là, car toutes les "périodes incertaines" ces 10 derniers mois se sont terminées par de nouveaux records dans les 15 jours suivants.
De surcroît, Wall Street n'a pas pour habitude de mettre le genou à terre à la veille des "3 sorcières" quand le mois boursier est stable ou positif (-0,9% sur le "S&P 500", 0,2% sur le "Dow Jones"), et le "VIX" ne s'est dégradé que de 3% vers 20,20 et n'a jamais dépassé 21 ce jeudi.
L'indice Dow Jones a cédé 0,54% à 49 395, mais le "S&P 500" seulement la moitié (-0,28%), et le Nasdaq Composite ne s'effrite que de -0,31% malgré la lourdeur de Western Digital (-4%), Seagate (-3,6%) et Apple (-1,5%).
Le "S&P 500" a en revanche été plombé par les dégagements sur les sociétés de capital-investissement, et notamment le gestionnaire d'actifs "structurés" Blue Owl Capital (qui pèse plus de 10% de son segment "gestion d'actifs alternatifs"), qui a plongé de 6% après avoir annoncé suspendre définitivement les rachats de Blue Owl Capital Corp II, son fonds de crédit privé de 1,7 MdUSD destiné aux investisseurs particuliers, pour cause de "décalage de liquidités" (faute de trésorerie suffisante).
Mais ce qui a conduit les investisseurs à la prudence, ce sont les tensions géopolitiques : la Maison-Blanche a dépêché 2 porte-avions au large des côtes d'Oman, alors que l'Iran et la Russie entamaient ce jeudi des manoeuvres militaires communes en mer d'Oman (qui dessert le détroit d'Ormuz) afin de protéger leurs navires commerciaux, régulièrement arraisonnés par les armées occidentales qui les accusent de contourner les sanctions sur le pétrole.
Et Trump a proféré de nouvelles menaces ce jeudi : "si Téhéran ne propose pas d'avancées constructives sur le volet nucléaire, il va se passer des choses très désagréables" (la presse US se fait l'écho d'un projet de frappes sur les installations iraniennes).
Sur un autre front (plus paisible), celui des statistiques, l'indice manufacturier de la FED de Philadelphie est ressorti à 16,3 en février, contre un consensus de 6,5, après 12,6 en janvier. Il remonte à son plus haut niveau depuis le mois de septembre 2025.
Mais cela est contrebalancé par le recul de 0,2% de l'indice composite des indicateurs avancés, calculé par le Conference Board, après des replis de 0,3% le mois précédent et de 0,2% en octobre. Ainsi, cet indicateur des perspectives de l'économie américaine affiche un recul de 1,2% sur l'ensemble du second semestre 2025, marquant toutefois une amélioration par rapport à la baisse de 2,8% du 1er semestre.
La surprise du jour provient des inscriptions hebdomadaires au chômage, qui se sont contractées de -17 000 la semaine dernière, à 206 000 contre 223 000 attendues et après 229 000 la semaine précédente (ce score de 206 000 est le plus bas niveau depuis près d'un mois).
Le point noir, c'est le creusement du déficit de la balance commerciale américaine, qui a battu tous ses records en 2025 (1 240 MdsUSD) malgré l'instauration des droits de douane (soit plus de 100 MdsUSD/mois) : il s'est établi à 70,30 MdsUSD en décembre (le pire depuis juillet), contre une prévision à 55,50 MdsUSD et un précédent à 53 MdsUSD en novembre.
Côté trimestriels, ce jeudi a été émaillé de plusieurs bonnes surprises, avec Occidental Petroleum ( 9%) qui a enregistré une réduction de sa perte nette de -297 MUSD, soit 0,30 USD par action diluée.
Deere & Company ( 11,6%), le 1er constructeur mondial d'engins agricoles, a dévoilé jeudi des résultats trimestriels supérieurs aux attentes et relevé dans la foulée son objectif de résultat.
Omnicom a explosé de 15,4% après avoir également battu les attentes au 4e trimestre.
Pas grand-chose à dire des marchés obligataires US malgré une journée chargée : le "10 ans" affiche -0,6 point de base à 4,073%, le "2 ans" 0,6 point de base à 3,466%.
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