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Marché : Faut-il s'attendre à une nouvelle chute des marchés en 2019?

mercredi 2 janvier 2019 à 17h20
Trop d'incertitudes planent en ce début d'année pour espérer un rebond précoce du CAC 40

(BFM Bourse) - Alors qu'une forme de krach larvé s'est emparée des marchés financiers depuis l'été, les incertitudes demeurent trop nombreuses en ce début d'année pour que les investisseurs se mettent à espérer d'un prochain rebond.

Les marchés financiers n'avaient aucune raison fondamentale de changer d'orientation en changeant de millésime. 2019 commence donc sur le même registre que l'année dernière : déprimé. Après pratiquement 11% de baisse en 2018, sa plus mauvaise performance depuis 2011, le CAC 40 continue à reculer au cours de la première séance de 2019. Depuis le sommet de plus de 5650 points atteint en mai 2018, qui correspondait à un pic de plus de dix ans (décembre 2007), l'indice phare de la place parisienne flirte même avec le "bear market", habituellement défini comme un repli de 20%, cédant en effet plus de 17% sur cette période.

Autant dire que l'envie n'y est pas du côté des investisseurs. Le mois dernier, la confiance des investisseurs internationaux telle que mesurée par State Street à partir des transactions réellement effectuées et non sur leurs opinions est tombée à 79,8 points (le niveau de confiance "neutre" où les allocations des investisseurs en actifs à haut risque ne diminuent pas plus qu’elles n'augmentent étant fixé à 100). Jamais depuis la création de l'indice en 2011 la cote de confiance n'avait été aussi basse.

"Je suis assez pessimiste à court terme, pour un ensemble de raisons qui font que l'économie mondiale devrait connaître un ralentissement plus marqué au cours des premiers mois de 2019", pointe Christophe Barraud, chef économiste et stratégiste chez Market Securities. Pour preuve notamment, les signaux décevants envoyés par l'économie chinoise avec la contraction de l'activité manufacturière en décembre, la première en 19 mois. "Je pense qu'on risque de rester sur cette tendance décevante pendant la plus grande partie du premier trimestre", indique le stratège.

La guerre commerciale au coeur des inquiétudes

"Il est difficile d'imaginer que les gérants vont redevenir acheteurs nets, tant que les sujets de crise en cours ne sont pas résolus", renchérit Christian Jimenez, président et co-fondateur de Diamant Bleu Gestion. Le principal écueil étant la guerre commerciale entre la Chine et les Etats-Unis. "Si les protagonistes arrivent à une esquisse d'accord, le marché apprécierait sûrement... Mais nous en sommes loin malgré ce qu'on peut lire ici ou là et ce n'est pas un simple tweet qui rassurera vraiment les investisseurs". Dans ce contexte, les mauvais chiffres concernant l'activité manufacturière chinoise peuvent paradoxalement être porteurs d'espoirs "si cela incite les Chinois à assouplir leur position et avancer plus vite vers un accord".

Mais on ne peut pas non plus exclure une nouvelle dégradation des relations et une prolongation des discussions sans réelle avancée, avertit le gérant. A cette liste, on peut ajouter le shutdown en cours aux Etats-Unis, la remise du rapport du Bureau du représentant américain au commerce (USTR) sur l'automobile, avec le risque de nouvelles barrières face à l'Europe et au Japon, l'approche de la date butoir pour le relèvement plafond de la dette le 2 mars, ainsi que la tenue d'élections européennes en mai prochain.

"Le marché ne pourra durablement remonter qu'après le passage de cette zone d'incertitudes", parie donc Christophe Barraud. Mais après un délai de 3 à 6 moins "de bonnes nouvelles ne sont pas à exclure au plan macro-économique notamment grâce aux premières retombées des mesures mises en places par la Chine, consistant en une relance des investissements publics et un allègement des taxes en faveur des PME et des ménages". Les chiffres de la construction, seule composante en hausse dans les indices d'activité chinois, et de premiers signaux encourageants pour la consommation des ménages, permettent d'espérer.

Le moment pour acheter à bon compte?

En attendant, le niveau actuel des valorisations des actions peut être considéré comme attrayant, note Christian Jimenez chez Diamant Bleu Gestion "mais il est douteux que les investisseurs se mobilisent avant d'être vraiment rassurés", la tendance des flux de capitaux et les échéances politico-économiques restant peu engageants. Tout du moins un intervenant qui serait sous-investi peut-il tenter de profiter des prix actuels pour se refaire un tant soit peu. "Pour notre part, nous conservons une poche de liquidités dans nos portefeuilles flexibles, et nous conservons résolument notre biais en faveur des titres à fort rendement", indique le gérant, considérant qu'il est trop tôt pour basculer sur des valeurs cycliques (liées par exemple à l'automobile, aux matériaux de construction, à la chimie, aux équipements industriels...) au moment où la croissance donne des signes de ralentissement supplémentaire.

Pour Christian Jimenez, on peut dans ce cadre s'intéresser au secteur bancaire, mais aussi aux majors pétrolières comme Repsol et Total. "Surtout au prix actuel, les producteurs offrent un bon compromis entre rendement et potentielle revalorisation". Parmi d'autres titres présentant un dividende attrayant, le gérant cite aussi Capgemini, qui avait fait un beau parcours en 2018 avant de succomber aux déboires du secteur en fin d'année, ou ADP en faisant le pari d'une privatisation à un niveau supérieur au cours actuel. "La prise de contrôle de Gatwick par Vinci démontre s'il le fallait l'intérêt stratégique intact de ce type d'actif".

Guillaume Bayre - ©2019 BFM Bourse
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